Grand Lyon : Gérard Collomb confortablement réélu grâce aux voix centristes

GLyon election GG 501Par 92 voix contre 58, Gérard Collomb l’emporte face à François-Noël Buffet. Le président du Grand Lyon peut une nouvelle fois compter sur le soutien du centre. Mais il est attendu sur sa gauche.

Sur le papier, la réélection de Gérard Collomb à la présidence du Grand Lyon était tout sauf évidente. Son concurrent direct, le sénateur-maire UMP d’Oullins, François-Noël Buffet, pouvait potentiellement compter sur 83 voix, soit davantage que la majorité absolue de cette assemblée qui compte 162 élus. Mais à l’issue du vote, mercredi 16 avril, il n’obtenait que 58 suffrages, contre 92 au président sortant, deux à Christophe Boudot, candidat du Front national, et une à Jean-Paul Bret, maire PS de Villeurbanne, qui n’était pourtant pas candidat. On relevait par ailleurs neuf bulletins nuls, probablement issus des rangs de la gauche.
Comme en 2001 et en 2008, le sénateur-maire de Lyon a donc bénéficié du soutien de la vingtaine de maires centristes et indépendants des petites communes de l’Ouest lyonnais, rassemblés au sein du groupe Synergie. Au regard du nombre de voix du centre et de la droite (25) qui manquaient à François-Noël Buffet, on peut même avancer que Gérard Collomb est parvenu à séduire au-delà, parmi les élus UDI et apparentés.
Le pari est donc plus que réussi pour le sénateur-maire de Lyon, qui va pouvoir entamer un 3e mandat consécutif à la tête du Grand Lyon, et surtout piloter la mise en place, le 1er janvier prochain, de la métropole, qui concentrera sur le territoire de l’agglomération les pouvoirs de la communauté urbaine et du Conseil général.
Après la proclamation des résultats, l’heureux élu a du reste fait porter l’essentiel de son discours sur cette nouvelle étape. “En supprimant une couche du mille-feuille administratif, la métropole va nous permettre, dans un contexte de baisse des dotations aux collectivités, de mutualiser nos moyens, d’optimiser nos marges de manœuvre budgétaire et de garantir ainsi notre capacité d’investissement.” Soucieux de calmer l’inquiétude de certains maires qui craignent une hyper concentration des pouvoirs, il promettait l’établissement d’ “un pacte de gouvernance métropolitain, véritable contrat définissant les compétences, les moyens financiers et humains qui seront délégués par la métropole aux communes”. Et finissait en se disant “intimement persuadé qu’en 2020, l’institution inédite que nous aurons créée permettra à chacun de mieux vivre, parce que nous aurons fait le bon choix au bon moment”.

“Demain ne pourra pas être comme hier”

Mais Gérard Collomb sera d’abord jugé à ses actes. Et c’est sur sa gauche qu’il est le plus attendu. Pas seulement dans les rangs du Front de gauche, dont les élus, notamment les conseillers communistes vénissians, ont toujours tenu un discours très critique sur la métropole. Même au PS, l’heure est la vigilance. Jean-Paul Bret, maire de Villeurbanne, qui sera à la tête d’un groupe indépendant de onze élus, l’a rappelé lors d’une intervention sans ambages et sans ambiguïté : “Je vous le dis avec amitié et fermeté, demain ne pourra pas être comme hier, nous avons besoin d’un exercice de la gouvernance plus collectif. Le mandat précédent ne constitue pas un bon exemple, les décisions ne peuvent précéder les discussions.” Le maire de Villeurbanne soulignait également son attente d’une métropole équilibrée, qui ne soit pas “lyonocentrée” : “Il faut que la richesse, l’histoire, les spécificités et les capacités de développement des territoires soient prises en compte et valorisées autant que celles de Lyon.” Il concluait en promettant “une exigence forte et une vigilance de tous les instants”.
Le prochain conseil du Grand Lyon aura lieu le mercredi 23 avril. Il sera notamment consacré à l’élection des vice-présidents.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *