Parole ambulante : l'école de la poésie

Tout au long du festival poétique Parole ambulante, qui s’achève ce 27 octobre, son organisateur, l’Espace Pandora, a invité des écrivains (Thierry Maricourt, Ariane Dreyfus, Lionel Bourg) à aller dans les établissements scolaires animer des ateliers d’écriture. Ce jour-là, c’est Ariane Dreyfus qui se retrouve dans une classe de 4e du collège Paul-Éluard. Elle n’est pas là, dit-elle en préambule, pour lire ses propres textes mais « les poèmes que chacun va écrire ». Devant l’air effaré des élèves, elle continue : « Comment dénicher les mots qui sont vraiment les siens ? Je suis là pour que chacun trouve son chemin, avec une proposition d’écriture qui vous permette d’aller à votre rythme. »
Une main se tend : « Je peux pas écrire parce que j’ai pas d’idée. » Mais Ariane a réponse à tout : « On n’écrit pas un poème avec des idées. C’est comme lorsque vous vous enfoncez dans le sommeil. Il faut reproduire cet abandon. N’essayez pas de tout diriger, partez à l’aventure. »
Les têtes se penchent sur les feuilles blanches, appelant parfois au secours la poète ou l’enseignante, Mme Munari. Tout ceci s’accompagne d’un certain brouhaha qui fait apostropher un élève : « Arrête de parler ! » Lequel répond : « Je ne parle pas, j’imagine à voix haute ! »
Les pages se remplissent, Ariane relève les copies et commence à lire les poésies, qui révèlent quelques tempéraments romantiques. Les collégiens sont ravis, certains font les timides et rougissent, d’autres, tout aussi émus, jouent aux bravaches. Ainsi, lorsqu’Ariane dit du bien de son travail, cet élève lâche en désignant son texte : « Celui-là, faut que je l’encadre dans ma chambre ! »

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