

Une main se tend : « Je peux pas écrire parce que j’ai pas d’idée. » Mais Ariane a réponse à tout : « On n’écrit pas un poème avec des idées. C’est comme lorsque vous vous enfoncez dans le sommeil. Il faut reproduire cet abandon. N’essayez pas de tout diriger, partez à l’aventure. »
Les têtes se penchent sur les feuilles blanches, appelant parfois au secours la poète ou l’enseignante, Mme Munari. Tout ceci s’accompagne d’un certain brouhaha qui fait apostropher un élève : « Arrête de parler ! » Lequel répond : « Je ne parle pas, j’imagine à voix haute ! »
Les pages se remplissent, Ariane relève les copies et commence à lire les poésies, qui révèlent quelques tempéraments romantiques. Les collégiens sont ravis, certains font les timides et rougissent, d’autres, tout aussi émus, jouent aux bravaches. Ainsi, lorsqu’Ariane dit du bien de son travail, cet élève lâche en désignant son texte : « Celui-là, faut que je l’encadre dans ma chambre ! »
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