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Culture

Laurent Bayle : un parcours sans faute

Ancien prof du collège Michelet, Laurent Bayle a été élu ce 11 octobre à la présidence de la Biennale de Lyon, après être passé par la direction de l’Ircam et de la Cité de la musique à Paris.

Laurent Bayle n’a pas changé depuis l’époque où, il y a vingt ans, il nous recevait à l’Ircam (Institut de recherche et coordination acoustique/musique), dont il avait la direction. Toujours aussi disponible, malgré sa charge de travail, et prompt à répondre avec gentillesse à nos questions sur son parcours étonnant. Car qui aurait pu prédire qu’un enseignant en lettres modernes du collège Michelet puisse atteindre les fonctions qui furent les siennes : directeur adjoint du théâtre de l’Est lyonnais, administrateur de l’Atelier lyrique du Rhin à Colmar, créateur du festival Musica à Strasbourg, directeur de l’Ircam puis de la Cité de la musique-Philharmonie de Paris et, enfin, président de la Biennale de Lyon.

« J’ai été prof à Michelet entre 1973 et 1975, puis je suis parti dans l’aventure théâtrale de l’Est lyonnais, avec la compagnie de la Satire et Bruno Carlucci. Le théâtre de l’Est lyonnais fédérait plusieurs villes et j’y ai fait mes premières armes, en back-office et dans l’administratif. J’ai découvert la production théâtrale et l’art contemporain aussi. Lyon était capitale du théâtre. On y retrouvait Planchon et Chéreau au TNP, Marcel Maréchal venait de quitter ce qu’on appelait théâtre du Huitième et qui est devenu la Maison de la danse. »

C’est ainsi que Laurent Bayle s’intéresse aux créations musicales intégrant le théâtre et la mise en scène. « J’ai compris que le cœur de ces spectacles était la musique. Cela m’a beaucoup plu. »

Il part en Alsace où, explique-t-il, « à la fin des années soixante-dix, l’Opéra national du Rhin était commun aux deux départements », c’est-à-dire Bas et Haut-Rhin. Les spectacles avaient donc lieu à Strasbourg, Colmar et Mulhouse. Il devient l’administrateur de la branche de l’opéra s’occupant de création contemporaine.

« Après 1981 — ndlr : l’arrivée de la gauche au pouvoir —, la culture a bénéficié de soutiens plus importants. En 1982, sous l’impulsion de l’État, j’ai créé à Strasbourg le festival Musica. J’y suis resté jusqu’en 1986 et j’ai invité de nombreux compositeurs. J’ai notamment côtoyé Pierre Boulez qui m’a demandé de venir à l’Ircam comme directeur artistique, dans l’idée de lui succéder. »

Ce qu’il devient de 1987 à 1990, avant de prendre les fonctions de directeur général. Il quitte l’Ircam en 2001 pour la direction générale de la Cité de la musique, dans le parc de La Villette. « J’étais très proche de Pierre Boulez. On a défendu ensemble plusieurs projets. Il fallait créer un pôle très large pour la musique, qui intègre la transmission, l’enseignement, la vie professionnelle et où le passé, le baroque et le contemporain soient réunis. Après avoir pris la direction de la Cité, j’ai défendu l’idée d’un agrandissement. Après plusieurs années, cela a abouti à la Philharmonie, qui est associée à la Cité de la musique. Je voulais mettre en regard la création écrite avec les autres formes de traditions populaires, confronter le bloc occidental aux autres cultures, relier toutes les approches musicales. »

Accompagner les équipes

Il cite « le très grand pôle éducatif » qui comprend des ateliers pour tous publics et ces fameux Démos (dispositifs d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale), orchestres d’enfants dans les quartiers défavorisés.

Laurent Bayle quitte La Villette en novembre 2021 et est nommé, le 11 octobre 2022, président du conseil d’administration de la Biennale de Lyon, un poste qui, affirme-t-il, n’est pas du tout dans la continuité de ce qu’il faisait auparavant.

« Nous avons ainsi une directrice pour l’art contemporain, Isabelle Bertolotti, un directeur pour la danse, Tiago Guedes, qui est arrivé en mai et un directeur pour toute l’administration, Cédric Martin. Mon rôle sera d’accompagner ces trois directeurs et les équipes qui mettent en œuvre les deux biennales et de faire le lien avec les tutelles : l’État, la Métropole, la Ville de Lyon et la Région, malgré la baisse de ses subventions. »

En ce qui concerne l’art contemporain, il reconnaît « une familiarité » : « De 1987 à 2001, quand j’étais à l’Ircam, l’art contemporain était l’un des quatre départements du centre Pompidou. Mais je n’ai jamais eu jusqu’à présent d’engagement professionnel direct avec les arts plastiques. »

Il aborde avec d’autant plus d’enthousiasme cette présidence : « Le thème revient souvent en culture et en art : la pluridisciplinarité, que l’on peut aussi appeler transdisciplinarité ou interdisciplinarité. Tout est question de relation entre les arts. On assiste aujourd’hui à la remise en cause des prés carrés et des territoires définis. »

Vers un nouveau lieu

Une des premières questions à laquelle Laurent Bayle va se trouver confronté est, ce qu’il appelle lui-même, « la problématique urbaine ». On sait que les usines Fagor, où se déroule la Biennale d’art contemporain, sont appelées à devenir « un centre de remisage et de maintenance TCL », ainsi que l’annonçait Le Progrès en septembre 2021.

Laurent Bayle met en avant « le jeu entre le cœur de la ville et les villes alentour ». Visiblement, la Métropole a avancé sur la question et a d’autres lieux en perspective, dont celui de l’ancien technicentre SNCF de La Mulatière. « Le modèle n’a de sens que s’il est souple, réagit le président de la Biennale de Lyon. Le Covid a mis en valeur les questions environnementales. La culture et l’art ne peuvent s’abstraire de la situation d’inquiétude dans laquelle nous sommes. Et qui appelle des soubresauts, des mutations. »

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