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Crise du logement : la Mission locale en première ligne

A la Mission locale de Vénissieux, le service logement redouble d’efforts pour aider les jeunes en difficulté.

Zahui, 23 ans, toujours à la recherche d’un logement proche de son lieu de travail

« La crise du logement s’intensifie d’année en année », alerte Emma Bonnier. Cette chargée d’accompagnement au logement travaille à la Mission locale de Vénissieux. Chaque jour, elle reçoit une dizaine de jeunes à la recherche d’un foyer stable. « Avec la pandémie, le nombre de mises à la rue n’a fait qu’augmenter, explique-t-elle. L’hébergement s’est clairement précarisé. »

Et ce ne sont pas les chiffres qui diront le contraire. En 2021, le nombre de nouveaux ménages accompagnés par le service logement était en hausse de 40%. Lors du premier semestre, 273 jeunes bénéficient déjà des services d’Emma Bonnier. A titre de comparaison, ils avaient été 360 sur l’intégralité de l’année 2021.

Un public varié

Célibataires, en couple, étudiants ou salariés : une multitude de profils défilent dans les bureaux du service logement. Asma, 28 ans, est mère de trois enfants. « Avant, nous vivions chez mes beaux-parents, avec une chambre pour cinq, témoigne-t-elle. Ce n’était pas l’idéal. Mais maintenant, grâce à la Mission locale, nous habitons dans un T4 tout neuf à Saint-Priest. Il y a même une terrasse de 35 m2. Autant dire que mes enfants revivent.»

De son côté, Mohammed, 22 ans, est étudiant en BTS. Après plusieurs années passées dans des résidences pour mineurs isolés et jeunes travailleurs, ce Guinéen dispose enfin de son propre appartement. « J’habite dans un T2 de 31 m2, avec un petit balcon. C’est très sympa, décrit le jeune homme. Je suis accompagné depuis 2020 pour sortir du foyer qui me coûtait 14 euros par nuit. »

Si Asma et Mohammed ont trouvé chaussure à leur pied, ce n’est pas le cas de tout le monde. Zahui, jeune Ivoirien de 23 ans, reste en quête d’un logement autonome. « Cela fait sept mois que je cherche à sortir de ma résidence sociale Adoma, confie l’agent de sécurité incendie. Je vis dans un 12 m2, au 13e étage et l’ascenseur est en panne. Pour l’instant, je n’ai reçu qu’une proposition à Pierre-Bénite. Mais c’était loin de mon travail et je ne suis pas véhiculé. Et le logement était-on mauvais état. »

« Parfois, malgré les relances, certains jeunes n’ont toujours pas de propositions de logement, se désole Emma Bonnier. Il y a même des jeunes qui sont à la rue. »

Deux ans d’attente

Alors comment expliquer les difficultés de ces jeunes précaires à se reloger ? « Tout d’abord parce que ce sont des jeunes, observe Emma Bonnier. Les bailleurs peuvent avoir du mal à leur faire confiance. Les critères des bénéficiaires peuvent aussi poser problème. Plus les jeunes sont sélectifs, moins ils ont de chances d’avoir une proposition de logement. »

Mais le plus gros souci reste l’attente. Martial Guiguet, directeur de la Mission locale, insiste sur le « cheminement excessivement long » par lequel il faut passer avant de trouver un hébergement. « Dans la Métropole de Lyon, le temps d’attente moyen pour trouver un logement est de deux ans, » confirme Emma Bonnier.

Khalissa Kebbab 

Service logement : 04 72 89 13 30

Le service logement oriente et sécurise les 18-30 ans

Le service logement de la Mission locale a succédé au Cllaj (Comité local pour le logement autonome des jeunes) de Vénissieux. Créée en 1994, l’association a été dissoute en 2002, à la demande de ses administrateurs et financeurs. Elle a ensuite été rattachée à la Mission locale.

La structure est principalement financée par la Métropole de Lyon, à hauteur de 31 000 euros. La Ville de Vénissieux (18 000 euros) et Action logement (entre 9 000 et 12 000 euros) sont, eux-aussi, d’importants apporteurs de fonds.

« Les premières tâches du service logement sont l’accueil, l’information et l’orientation des 18-30 ans, explique Emma Bonnier. Puis, nous avons trois grandes missions : la recherche, l’accès et le maintien. » Pendant la phase de recherche, le service aide le jeune à construire son dossier bailleur. « Une fois ce dossier complet, on commence à lancer les démarches », précise la chargée d’accompagnement. Il l’épaule ensuite dans la signature du bail. « Même si les jeunes sont relogés, on reste à leur disposition, affirme Emma Bonnier. Ce n’est pas parce qu’ils ont trouvé un logement qu’on va les lâcher. »

Le service traite aussi des situations d’urgence. « Il peut y avoir une rupture avec la famille et le jeune peut rapidement se retrouver à la rue. » Dans ces cas-là, la jeune femme peut les rediriger vers d’autres structures, avant de trouver une solution plus pérenne.

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