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Portraits

Andréa Maldonado : Dame Nature

Connue et reconnue par les habitants des Minguettes, Andréa Maldonado œuvre au quotidien pour promouvoir les bienfaits de la nature en ville.

Photo : Emmanuel Foudrot

Elle déborde d’une énergie communicative. Andréa Maldonado, chargée de projets à l’association Passe-jardins, est un des repères du Plateau ressource. Cet espace vert, situé au cœur des Minguettes, est un véritable havre de paix et un lieu de vie pour les habitants.

Dès qu’il ouvre, le jardin est pris d’assaut, été comme hiver. Petits et grands viennent à la rencontre d’Andréa pour lui demander ce qu’ils peuvent faire : planter des fleurs, s’occuper du potager, pailler le sol, arroser ou encore désherber. Depuis 2023, cet espace de 3 000 m2 a pris vie grâce au travail d’Andréa et de Mathieu (de l’association Graines-de-bio-divers-cité). Ils ont récemment été rejoints par l’association Bellebouffe, qui apporte son expertise culinaire aux différents projets.

« J’ai grandi avec le Plateau ressource », souligne Andréa. Au début de sa carrière, rien ne la prédestinait à une vie professionnelle tournée vers la nature. « J’ai eu une première expérience en tant qu’infographiste. J’étais enfermée dans un bureau et ça ne me convenait pas. Au bout de huit ans, j’ai décidé de partir, sans savoir où j’allais. » Un bilan de compétences met alors en évidence  qu’elle a besoin « d’une reconnexion avec la nature ».

Une première expérience au jardin de l’Envol

Avant de se lancer dans l’aventure, elle décide d’abord d’essayer plusieurs corps de métiers : « Je suis passée par le social, j’ai travaillé dans des temps périscolaires aussi. » Mais rien ne la satisfait et elle décide de faire une formation pour « accompagner un jardin partagé à se développer ». C’est là qu’elle découvre le jardin de l’Envol, géré par l’association Passe-jardins et la Ville de Vénissieux.

« J’ai développé des techniques de jardinage aux côtés de Sylvie Minot [ancienne animatrice de l’espace vert et membre de l’association Passe-jardins, NDLR], il y avait une belle dimension sociale et j’ai beaucoup apprécié cette expérience réconfortante et bénéfique. » Puis la jeune femme décide de se lancer dans un brevet de technicien supérieur agricole (BTSA) en aménagements paysagers. Elle enchaîne ensuite plusieurs missions d’intérim. Mais ce qu’elle découvre du métier ne lui convient pas : « Notre travail détruisait les jardins, assure-t-elle. Que ce soit les outils utilisés ou les méthodes. Je faisais des carrés dans des haies car c’est ce que les gens voulaient voir. Ce n’était pas la reconnexion au vivant que je voulais. »

Après une autre expérience dans une association à dimension sociale, elle part faire du volontariat en Camargue. « Une des meilleures expériences de tous les temps ! » Elle se retrouve dans une structure reliée à La Chassagnette, un restaurant gastronomique et étoilé. « Il y a d’abord eu le projet agricole puis la création du restaurant. Ils proposaient du maraîchage en sol vivant, de la permaculture et de l’agriculture biologique. Ils allaient plus loin dans leur relation avec le jardin, qui n’était pas seulement là pour la cuisine. J’ai découvert des fleurs comestibles, des espèces de fruits et de légumes rares, j’ai pu dresser ces produits dans les assiettes du restaurant, c’était incroyable. »

Depuis l’ouverture du Plateau ressource, de nombreux Vénissians viennent découvrir cet espace installé au cœur des Minguettes.

Dans le même temps, le Passe-jardins reprend contact avec elle. Elle revient donc à Vénissieux et commence son travail au Plateau ressource. « J’ai rencontré un public que je ne connaissais pas et que j’adore. Sur un terrain qui était un no man’s land, nous avons installé un conteneur, créé des zones pour le public, et les habitants ont fait ce travail avec nous car à chaque étape on leur a demandé ce qu’ils voulaient pour cet espace. »

Cette relation avec le jardin et les riverains est très importante pour Andréa. « Ce n’est pas parce qu’on vit dans un immeuble qu’on ne peut pas apprécier les couleurs d’une fleur, planter des légumes ou des fruits. » Que ce soit pour gagner en estime de soi, créer du lien entre les habitants et les différentes générations, lutter contre l’isolement, la nature a un réel effet thérapeutique d’après la jeune femme. « En plus du bien-être mental et physique que ça peut apporter, ce lien avec la nature permet aussi par la suite de la défendre. »

« J’adore ces moments »

Andréa s’attelle à faire du jardin un véritable lieu de rencontre. Certains habitants sont devenus des habitués, et une belle connexion s’est créée : « Il y a une relation bien au-delà de mon rôle de salarié et de leur rôle de bénévole. Pareil pour les enfants, on les voit grandir. Les riverains reviennent nous voir, nous offrent des choses, font un tour du jardin pour voir son évolution, il y a une très belle synergie. C’est de la magie en barre et j’adore ces moments. »

Le jardin est ouvert au public mais aussi à différentes structures du territoire : l’IME de Vénissieux, la Mission locale, les Petits frères des pauvres… avec lesquelles un dispositif de « médiation végétale » s’est développé. « Avec la Mission locale, par exemple, je peux recevoir des jeunes en difficulté mentale, allophones ou qui ne sont plus dans le système scolaire. On voit un réel changement entre le début de leur séance et la fin. C’est comme des fleurs qui s’épanouissent. Ils vont retrouver du lien social et ce sont de très beaux moments. » Même chose du côté de l’IME où la jeune femme a pu assister à un temps de parole imprévu et très touchant : « On était tous réunis au milieu de l’herbe, avec une tisane et là, j’ai demandé comment ils allaient et ils se sont confiés. C’était un temps de parole très fort, il y a eu une véritable libération. C’est un moment qui va rester gravé dans ma mémoire, c’était exceptionnel. »

Aujourd’hui, Andréa a trouvé un espace qui lui convient et lui ressemble : « Ça a du sens pour moi, je sais pourquoi je vais au boulot le matin. » Entre transmission, partage, lien social et jardinage, la jeune femme a encore plein de projets en tête pour continuer de développer le Plateau Ressource, avec l’aide des habitants.

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