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Culture

Trois expos, trois univers au Centre d’art Madeleine-Lambert

Trois vernissages se déroulaient simultanément le 16 septembre. Les expositions Aambulanz Kollektiv, Ex-Voto et Jardin flottant resteront visibles jusqu’au 19 décembre.

Photo © Jean-Charles Lemeunier – Expressions

Directeur du centre d’art Madeleine-Lambert, Xavier Jullien était extrêmement bien entouré ce 16 septembre, au moment où se déroulaient trois vernissages distincts dans le même lieu. Il avait autour de lui plusieurs membres du collectif berlinois Aambulanz Kollektiv : Michel Castaignet, Kathrin Landa, Florence Obrecht, Axel Pahlavi, Alexej Tchernyi et Alex Tennigkeit. Seule manquait Wu Zhi. Étaient également présents des artistes de l’exposition Ex-Voto, qui se tenait dans le MuMi, ce musée miniature imaginaire créé par Le Gentil Garçon — qui était là aussi. On reconnaissait Frédérique Fleury et Camille Moulin. À côté, la troisième expo (Jardin flottant) est une commande du centre d’art Mille formes, avec le soutien du centre Pompidou et la collaboration du service Enfance éducation de Vénissieux. « L’œuvre a la particularité, expliquait Xavier Jullien, de s’adresser aux tout-petits, jusqu’à 24 mois. »

Sur le principe des trois vernissages simultanés, Xavier Jullien indiquait la division de l’espace, avec la présence du MuMi au fond de la salle. « En permettant de proposer des expositions sur une plus longue durée, cela produit quelque chose de très dynamique ! »

Pour Aambulanz Kollektiv, que le directeur du centre d’art a connu à Berlin, Florence Obrecht livre quelques explications : « Le collectif est né à Berlin en décembre 2020, alors que tout était fermé — dû au deuxième confinement du Covid, ndlr. L’idée m’est venue d’écrire à plusieurs artistes pour monter un collectif. Nous nous sommes rencontrés par visioconférence, nous parlions toutes les langues, nous nous sommes bien entendus et le nom est apparu : Ambulanz renvoie à l’idée d’urgence. Nous avons rajouté un a. Ensuite, que faire ? Nous n’avions pas le droit d’exposer. Alors, nous avons collé des posters dans les rues. On imprimait les images, on les plaçait la nuit de manière quasi clandestine. C’était des actions assez excitantes ! »

Kathrin Landa poursuit : « Nous sommes deux Allemandes, trois Français, une Chinoise et un Ukrainien. Pour chaque expo, nous nous retrouvons, nous développons un concept. Ici, par exemple — elle désigne une série de lits sur lesquels reposent des images —, ce sont de vrais lits de la Seconde Guerre mondiale. Notre travail est politique. Pour chaque expo, nous avons une idée que nous développons en commun. »

À propos de la grande peinture murale, apposée sur le mur du fond, Axel Pahlavi intervient : « Ce lieu était autrefois une salle de bal. Nous avons représenté une rave party des années quatre-vingt-dix, époque où nous étions des adolescents. »
Près de là, des silhouettes découpées sont, ainsi que l’indique Michel Castaignet, « nos portraits ados ». Et Kathrin conclut : « Nous vivons tous à Berlin mais montrons une diversité car nous avons vécu des expériences et des influences différentes. »
Guidant le public dans l’exposition, Michel Castaignet précise qu’ils sont tous « principalement peintres » puis insiste sur le travail, très différent, d’Alexej Tchernyi. « Il sculpte dans des feuilles de papier, qu’il éclaire ensuite. Allez voir son diorama dans le petit pavillon — un petit lieu clos dans la salle d’expo, ndlr. C’est un espace très intime. »

Des parties du corps

Enfin, Xavier Jullien amène les visiteurs vers le MuMi, où est présentée Ex-voto. Il insiste sur « l’aspect expérimental, joueur » du meuble, qui devient « un cabinet de curiosités ».

« Nous retrouvons dans Ex-voto des pratiques artistiques contemporaines, avec par exemple ces corps morcelés dans des registres et des techniques différentes. Je voulais rassembler les propositions qui m’ont touché et qui devenaient comme un déclencheur affectif. »
Ainsi, Marion Auburtin, qui « glane des objets, les détourne ». Quant à Frédérique Fleury — qui a longtemps enseigné la céramique aux ateliers d’arts plastiques Henri-Matisse —, elle joue, explique-t-elle, « malicieusement sur les mots », avec des œuvres « différentes et uniques ».
Xavier Jullien détaille ainsi les créations, toutes liées au corps, de Florian Mermin (des ballerines géantes), Camille Moulin (des oreilles), Ghazale Bahiraie (« des groupes de mains inspirés des soulèvements populaires en Iran »), celles aussi de Nawelle Aïnèche (un utérus), Marion Auburtin (un mollusque tirant la langue), Cécile Chareyron (un cœur) et Matt Coco (une main).

Jusqu’au 19 décembre, ouvert du mercredi au samedi de 14h à 18h. Entrée gratuite. 

 

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