Le « tram-surfing », une pratique qui inquiète

Depuis une dizaine d’années, les jeunes sont de plus en plus nombreux à grimper à l’arrière des tramways. Pour lutter contre cette pratique extrêmement dangereuse, le réseau TCL multiplie les actions pour sensibiliser les usagers et adapter son matériel.

S’accrocher, mains nues, à l’arrière des tramways, alors qu’ils sont en circulation. Une activité populaire depuis une dizaine d’années, chez les jeunes, qui font ensuite état de leurs « exploits » sur les réseaux sociaux.

Des « exploits » sanctionnés par les forces de l’ordre (jusqu’à 750 € d’amende), et surtout qui peuvent avoir de très graves conséquences. Le 17 septembre dernier, un jeune homme est décédé à Vaulx-en-Velin, des suites de sa chute du tramway en marche.

Le groupe Keolis, exploitant du réseau TCL, s’inquiète de ce phénomène. “Les conducteurs ne peuvent pas voir à l’arrière du tramway, ils ne s’en rendent pas compte quand quelqu’un est accroché. En général, le tram qui arrive en sens inverse ou alors un bus, fait un signalement pour alerter le conducteur. On a mis en place tout un protocole : le tram ralentit, on fait intervenir des agents mobiles… Mais malheureusement, le 17 septembre, personne n’a rien vu et ça s’est terminé terriblement.

Un accident mortel, qui est un traumatisme autant pour la famille que pour le conducteur du tramway qui a tout tenté pour réanimer le jeune homme de 15 ans. En 2016, un adolescent de 16 ans s’était lui violemment blessé à Vénissieux, après être tombé au sol entre les stations Gare de Vénissieux et Croizat/Paul-Bert.

Prévention et nouvelles rames

Alors pour éviter de nouveaux drames, Keolis et TCL font de la prévention auprès des adolescents. “Nous essayons de sensibiliser les jeunes dans les collèges et les lycées, de les informer sur la dangerosité de ces pratiques et sur les incivilités.

Sur la dernière année, 15 000 jeunes ont été répertoriés en train de s’adonner à cette pratique. Un chiffre en baisse par rapport à 2018 où ils étaient près de 24 000. Mais cette diminution s’explique aussi par “les différents confinements et la fermeture des établissements scolaires” d’après Keolis.

En plus de la prévention, Keolis a aussi décidé de changer les rames des tramways. “Nous avons déjà débuté le déploiement de nouveaux tramways, avec de nouvelles rames, qui empêchent les jeunes de trouver des points d’accroche et donc de faire du ‘tram-surfing‘.

L’entreprise tient aussi à rappeler qu’un tram circule à une moyenne de 50 km/h avec une charge d’environ 34 tonnes en comptant les passagers. Alors lorsque le chauffeur doit effectuer un freinage d’urgence, la distance moyenne est de 46 m, ce qui peut être dangereux pour les usagers, le personnel, mais aussi les jeunes qui pratiquent le “tram-surfing”.

 

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