Paris sportifs en ligne : beaucoup à perdre, peu à gagner

Avec l’Euro de football ou encore les Jeux olympiques qui approchent, les sites de paris sportifs sont pris d’assaut et ciblent particulièrement les jeunes des quartiers populaires. Un jeu d’argent qui en fait rêver plus d’un, mais qui peut aussi très vite tourner au cauchemar.

Winamax, Parions Sport, Betclic ou encore Unibet ou Bwin… Autant de noms omniprésents dans nos vies depuis plusieurs mois. Pubs à la télévision, dans les transports en commun, dans les rues ou sur les réseaux sociaux, les sites de paris en ligne sont partout.

Avec le retour des compétitions sportives, l’Euro de football ou encore les Jeux olympiques, les joueurs misent en espérant toucher le gros lot. Et ils sont de plus en plus nombreux à s’y mettre. D’après l’Autorité nationale des jeux, on compte en France près de 2,5 millions de joueurs, une augmentation de 29 % en un an.

Ce jeu d’argent plaît surtout aux jeunes, comme le montre l’Observatoire des jeux qui estime que 70 % des parieurs sportifs en ligne ont moins de 35 ans, et qu’un sur trois a entre 18 et 24 ans. Comme Sofiane, 22 ans, qui a été convaincu par ses amis. « Je les voyais se faire un peu d’argent donc j’ai testé. » En seulement quelques clics, son compte a été créé, et des centaines de compétitions dans pratiquement tous les sports sont à disposition du jeune homme, qui peut parfois oublier que l’argent qu’il mise est, lui, bien réel.

« C’est sûr, c’est souvent de l’argent que je n’ai pas, mais c’est hyperfacile de jouer. Le pire truc, c’est que quand tu perds, tu reparies direct pour gagner et récupérer ce que tu viens de perdre. On ne se rend pas trop compte mais ça peut aller très vite. »

En effet, « ça peut aller très vite », et les chiffres le montrent. 2,2 milliards d’euros ont été misés pour le premier trimestre de l’année 2021. Une hausse record de 79 % par rapport au premier trimestre 2020.

Les quartiers populaires, première cible

Toujours d’après l’Observatoire des jeux, deux tiers des mises viennent de parieurs « appartenant à des milieux sociaux modestes, ayant un niveau d’éducation et des revenus inférieurs à ceux des autres joueurs« .

Un constat inquiétant qui s’explique notamment par le marketing agressif auprès des jeunes de quartiers populaires de la part des sites. « Grosse côte, gros gain, gros respect« , « Tout pour la daronne« , « BetClic khalass » (BetClic paie, en arabe, ndlr), « Bête de plaisir, bêtes de paris« , devenir le « roi du quartier« , tous jouent avec les codes du langage urbain.

 

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Associations, politiques et influenceurs s’inquiètent de ce phénomène. Ils accusent les sites de promettre un rêve qui peut tourner très vite au cauchemar : dettes, addiction, arnaques…

Pour Sofiane, « parier ça nous fait rêver, on s’imagine gagner gros et pouvoir s’offrir plein de trucs genre une maison, des voyages et tout, c’est pour ça qu’on joue ! Mais c’est vrai que je connais personne qui a gagné assez pour ça, tous mes potes gagnent des petites sommes. Je sais qu’il faudrait que je mise moins, mais je continue d’espérer…« 

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