Ils exigent la réouverture de l’accueil sans RDV, la CAF fait une réponse « à moitié rassurante »

Une quarantaine de personnes se sont rassemblées ce mardi 25 juin devant les locaux de la CAF de Vénissieux, place de la Paix. La manifestation était organisée par la Section des retraités CGT de Vénissieux, le Comité CGT des privés d’emploi et précaires » et le Réseau d’alerte et de solidarité des Vénissians.

Le « Réseau », collectif d’organisations engagé essentiellement contre les expulsions locatives, est très mobilisé contre la fermeture de l’accueil au public de l’antenne vénissiane de la Caisse d’allocation familiale, le 19 février. Un service désormais accessible uniquement sur RDV pris sur Internet ou par téléphone, avec un numéro surtaxé. « Mais tout le monde n’a pas accès à Internet, notamment les anciens, qui n’ont pas non plus les moyens de poireauter au téléphone sur des numéros payants », dénonce Guy Fernandez, des retraités CGT.

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« La pétition que nous avons lancé pendant quelques semaines, ici-même, a recueilli la signature de 664 allocataires qui veulent la réouverture de l’accueil public sans rendez-vous, rappelle André Mazuir, animateur du Réseau d’alerte. Le 10 avril dernier, nous l’avons jointe au courrier que nous avons envoyé à la direction de la CAF. Hier, nous avons enfin reçu une réponse ! »

En effet, dans une lettre datée du 11 juin, Véronique Henri-Bougreau (directrice générale de la CAF du Rhône) explique qu’elle a été « sensible à l’alerte concernant la suspension de l’offre de service à l’antenne CAF de Vénissieux ». Justifiant la situation actuelle par des « raisons de sécurité », elle précise que la CAF est « actuellement en contact avec la mairie de Vénissieux afin de trouver une solution qui puisse satisfaire l’ensemble des parties, la volonté de la CAF étant de pouvoir maintenir un service public de qualité sur Vénissieux ».

Une réponse « peu satisfaisante »

Pour les participants, cette réponse n’est qu’à demie rassurante. « La CAF ne parle pas de quitter Vénissieux, ce qui aurait tout de même été un comble dans une ville de 64.000 habitants, mais ça va mieux en le disant, reprend M. Mazuir. Cela dit, on a le sentiment que la Caisse se défausse sur la commune, dont ce n’est pas le rôle de fournir des locaux aux autres administrations ! La CAF doit préciser ses projets ! »

Prenant la parole tour à tour, des participants évoquent les difficultés du service public et les solutions envisageables. « C’est vrai que la configuration actuelle des bureaux posait des problèmes de sécurité, estime Christine Fage, qui a elle-même travaillé à la CAF. Ces locaux sans confort ni confidentialité ne peuvent recevoir que 25 personnes à la fois, personnel compris, mais on en recevait 200 par jour. Les gens qui fréquente l’antenne sont souvent en grande difficulté, en urgence sociale, ils veulent une réponse tout de suite, ce que les agents ne sont pas souvent en mesure de faire : résultat, il y avait des insultes, des menaces, des agressions. La CAF a décidé de protéger son personnel en organisant l’accueil autrement ».

« Mais pourquoi les gens s’énervent-ils ? Parce qu’ils attendent des jours des réponses qui ne viennent pas ou qui sont incompréhensibles, parce qu’ils n’ont plus des techniciens compétents en face d’eux mais des écrans d’ordinateur ou des intérimaires dépassés ! Ils s’énervent parce qu’ils sont méprisés alors que beaucoup dépendent de ces allocations pour vivre, qu’ils n’ont pas de service public à la hauteur ! » Aujourd’hui retraitée, Marie-Christine Dietsch, a longtemps siégé au conseil d’administration de la CAF, en tant que représentante syndicale. « Cette situation qui met les usagers et les personnels en tension, elle a été voulue, et préparée. Et si on les laisse faire, croyez-moi, la casse du service public ne fait que commencer ! »

Une analyse partagée par Jean-Pierre Tardy, membre du Réseau d’alerte et de solidarité où il représente Lutte ouvrière. « Que ce soit à l’hôpital, aux impôts, à la Poste, ou à la Sécu, il y a de moins en moins de monde dans les services publics, qui craquent de partout. Les gouvernements successifs sacrifie les populations laborieuses pour que les plus riches continuent à se gaver, et ça marche, leurs fortunes explosent. Les Gilets Jaunes ont obligé Macron à temporiser un temps, mais la saignée reprend de plus belle ».

Marie-Christine Burricand, conseillère municipale et métropolitaine (PCF) a rappelé qu’il y a quelques années, « des permanences de la CAF se tenaient dans les quartiers, ce qui permettait de désengorger l’accueil du centre-ville et facilitait la vie des gens. La CAF a tellement taillé dans ses effectifs qu’elle est désormais incapable de le faire. Mais elle doit prendre ses responsabilités et organiser le service public de qualité auquel les Vénissians ont droit ». Plusieurs autres élus communistes de la majorité municipale étaient également présents au rassemblement : Andrée Loscos, Nacer Khamla et Serge Truscello.

Les organisateurs du rassemblement demandent désormais une entrevue à la direction départementale de la CAF.

Photos : Raphaël Bert – Expressions

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