À la CAF, la grogne des usagers

Depuis le 18 février, l’accueil sans rendez-vous a été supprimé à l’agence de la Caisse d’allocations familiales de Vénissieux.

Au 2e étage de l’immeuble « Rencontre », place de la Paix, une jeune maman arrive essoufflée en haut des escaliers, portant une poussette avec son bébé. Elle se rend à l’agence de la Caisse d’allocations familiales (CAF) situé au dessus de la Poste. « L’ascenseur est encore en panne ! » Une autre mauvaise surprise l’attend : devant la porte close, un vigile de la société Prosegur l’informe qu’elle n’entrera que si elle a rendez-vous. Ce n’est pas le cas. « Il fallait appeler avant de venir, Madame, sinon, vous pouvez aller à Saint-Fons, à Lyon 8e ou à la Part-Dieu », explique le vigile en montrant une affiche. « Mais d’habitude, on pouvait venir sans prévenir », rappelle la jeune femme. « C’est comme ça depuis le 18 février, désolé, prenez rendez-vous sur le site ou à ce numéro », répond l’agent de sécurité. « Il faut appeler un numéro payant, c’est lamentable », commente la jeune femme.

« Lamentable », c’est aussi le mot qu’emploie André Mazuir, du « Réseau d’alerte et de solidarité des Vénissians ». Le collectif a lancé une pétition pour la réouverture de l’accueil. Adressée au directeur de la CAF, mais aussi au président de la République, elle a recueilli plus de 400 signatures en quelques jours. « C’est un service public nécessaire, apprécié des habitants. Il est rassurant car la réglementation de la CAF est complexe. Vous nous renvoyez au numérique, mais il ne remplacera jamais l’accueil humain ». Exemple concret avec Rojhat et Jiwan, qui viennent de se faire refouler, eux aussi. « On nous dit prenez rendez-vous sur caf.fr, mais c’est compliqué Avant, il y avait quelqu’un dans l’agence pour aider avec Internet. Maintenant, il faut aller sur Internet pour entrer dans l’agence, ça marche à l’envers ! »

Alertée par le Réseau, Michèle Picard a écrit le 26 février au directeur général de la CAF du Rhône, Philippe Simonnot. « J’attire votre attention sur l’importance de ce service public de proximité essentiel aux habitants, notamment les plus fragiles », insiste le maire de Vénissieux. Pour André Mazuir, cette fermeture au public « est la conséquence de la politique du gouvernement, qui casse les services publics. Il y en a marre de ces reculs, de cette régression sociale dont les petites gens sont toujours les premières victimes ».

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