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Fêtes escales : et que chacun se mette à danser (malgré la chaleur)

L’édition 2026 du festival gratuit s’est déroulée dans les vagues : de chaleur, de public et, bien sûr, de sons. Les deux premières soirées furent de belles parenthèses, dans l’attente d’un 14 juillet caniculaire.

Quand elle descend au milieu de la foule des Fêtes escales, Asfar Shamsi surprend le public avant de déclencher son enthousiasme (Photo Emmanuel Foudrot)

Ce 11 juillet, on a l’impression qu’un grand couvercle a été posé sur le parc Louis-Dupic et qu’il retient toute la chaleur. Regroupés sous les arbres, les gens semblent écrasés, assis sur les bancs installés à proximité des buvettes. Des jeux, parviennent les cris des enfants, les seuls à oser bouger encore.

« Cela a été dur ces derniers jours, témoigne Nicolas Gonthier, programmateur des Fêtes escales. Il fallait tout installer et ce n’était pas simple. Mais tout est en place et le festival peut commencer. »

Et n’est-il pas fou Leonem, qui ouvre le bal, de clamer dès qu’il arrive : « Même s’il fait très chaud, ce son s’appelle Courir » ? Le rappeur lyonnais va prouver, une heure durant, qu’il n’a pas peur de mouiller sa chemise !

Le rappeur lyonnais Leonem n’a pas eu peur de mouiller sa chemise (Photo Emmanuel Foudrot)

Arrivé par vagues successives, le public afflue pour écouter la seconde partie de la soirée, Asfar Shamsi. Qui démarre son concert par des bruits d’oiseaux, tandis qu’une banderole annonce « Cui cui musique ». La jeune Strasbourgeoise va séduire l’assistance par son allant, son punch, l’amenant immédiatement à scander avec elle, « quel que soit son âge » : « Depuis que je suis née, c’est la crise ». Et tandis que tout le monde danse ou se dandine sur ses pieds, les bras levés, un des musiciens conseille : « On bouge la tête comme le caniche à l’arrière de la Volkswagen ! »

Et lorsque Asfar descend dans le public, c’est la folie. D’autant plus qu’elle rend hommage à Diam’s (Mélanie de son vrai prénom) en chantant : « Rendez-moi la France de Mélanie », allusion à la Coupe du monde de foot 2006 et à un certain penalty.

La foule est là, encore plus nombreuse, lorsque surgit Lujipeka, devant un décor représentant une grande main dressée. « On devait passer il y a trois ans ici-même, explique le chanteur rennais, mais cela a été annulé pour cause de météo. Là, il fait beau et tout va bien. » De Chambre 112 à Putain d’époque, Lujipeka enchaîne ses succès, jusqu’à Puzzle et les autres titres de son nouvel album, Brûler Paris.

Premier jour réussi, le festival est bien parti !

« Est-ce que quelqu’un sait danser le zouk ? »

Le lendemain, rien à faire, la canicule est bel et bien toujours là. Et les premiers sons du concert du deuxième soir attirent quelques personnes devant la scène. Pourtant, Laurina et Sacha, les deux pétillantes sœurs qui forment Malaka, ont tôt fait d’attirer l’attention et, progressivement, le public devient plus dense. C’est qu’elles ont de la fougue, les frangines, et leurs mélodies, qui s’inspirent des rythmes guadeloupéens, la région dont elles sont originaires — elles vivent aujourd’hui à Roanne —, ont tôt fait de ravir le public. « Merci d’être là alors qu’il fait 40° dehors », clament-elles. Et, aussitôt, l’une d’elles enchaîne : « J’aime aller vite avec les gens que je ne connais pas. Je vais danser. Si vous voulez danser avec moi, malgré la chaleur, vous avez le droit. Sinon, vous avez le droit aussi de ne pas le faire ! »

Laurina et Sacha, les deux frangines de Malaka (Photo Emmanuel Foudrot)

Quand elles posent la question « Est-ce que quelqu’un sait danser le zouk ? », un doigt se lève au premier rang : celui d’un enfant qui, propulsé sur scène, avouera qu’il ne connaît pas cette musique. C’est pas grave, il dansera, accompagné par un adulte, venu lui aussi du public, et qui, lui, est parfaitement aguerri à cette rythmique.

Malaka et ses deux invités (Photo JCL)

Le charme s’installe et restera présent tout au long de la soirée. Avec Malaka mais aussi avec les riffs de guitare du bluesman malien Vieux Farka Touré. Lesquels sont suivis d’autres morceaux de guitare tout aussi impétueux, accompagnés par la voix magique de Rokia Traoré. « Je suis venue sur cette même scène il y a exactement dix ans, explique la chanteuse. Et, après sept ans d’absence sur les scènes musicales en France, c’est avec Vénissieux que je reviens. » Et ce fut un sacré bon retour !

Coup de cœur : Malaka, une musique qui porte ses fruits

Autant vous l’avouer, c’est un véritable coup de cœur que nous avons ressenti pour le groupe Malaka, constitué par deux sœurs et leur percussionniste. Le nom désigne un fruit en guadeloupéen. Non seulement elles nous ont offert une performance emballante mais elles furent, en outre, à l’écoute du public. On a déjà raconté qu’elles ont fait monter sur scène deux adeptes du zouk. Vers la fin du spectacle, un ado leur fait signe, depuis le premier rang. « Attends, je m’occupe de toi tout à l’heure », lui lance Laurina. Cinq minutes après, elle lui indique qu’il peut monter sur scène, où il ne sait plus que faire. C’est pas grave, tout le monde va danser, d’autant que, dans le public, le même besoin de s’agiter se fait ressentir.

Malaka a su gagner ainsi, avec facilité et grand talent, avec de formidables mélodies et deux très belles voix, le cœur du public.

Les à-côtés du festival

Photo JCL

Autant dire que, ces deux soirs, les buvettes ont fait le plein, animées par le Réseau d’alerte et de solidarité contre les expulsions et l’association Vénissieux-Jenine. Plus loin, aux côtés du stand de la Métropole et de l’espace prévention, on proposait aux enfants des maquillages avec paillettes tandis que les chantiers jeunes, entre autres tâches, accueillaient les personnes à mobilité réduite et nettoyaient régulièrement le parc Dupic.

Photo Emmanuel Foudrot

Le pique-nique

Et ce n’est pas tout. L’ultime jour des Fêtes escales ne s’est pas encore déroulé. Demain, 14 juillet, le festival gratuit propose un grand pique-nique républicain, des jeux pour tous, des concerts (Pat Kalla, Barkanan et Kompa Doudou Chéri) et la dictée républicaine de l’Espace Pandora. Sous le soleil, exactement !

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