

Pat Kalla (Photo JCL)
À Vénissieux, le pique-nique républicain, créé à l’occasion des Fêtes escales, est l’un des grands moments festifs du 14 juillet. Il se tient habituellement dans la partie du parc Louis-Dupic située derrière le bâtiment de la mairie. Là, une petite scène est montée devant une grande cuvette qui sert à accueillir le public.
Pour cette édition 2026, alors qu’une forte canicule rend l’air ambiant digne de celui qui doit régner en plein Sahara, il fut décidé que la petite scène, celle qui sert pour le 14 juillet, serait installée de l’autre côté du parc, là où sont les jeux et les brumisateurs. Au moins, le public pourrait être installé sur des bancs… et à l’ombre.
C’est ainsi que Pat Kalla fit son entrée avec son groupe, pour un joyeux concert destiné tout à la fois aux petits et aux grands, avec des mélodies empruntées à Graeme Allright, Brassens et Bigflo & Ollie, en versions zouk ou reggae.
« Est-ce que vous avez chaud ? », questionne Pat qui, sans attendre la réponse — il la connaît ! — enchaîne avec un « Est-ce que vous êtes chauds ? » qui apporte quelques assentiments. Le public va jouer le jeu, levant les bras, les balançant aux rythmes des chansons, à l’image « des arbres de la forêt ».


Pat Kalla (Photo JCL)
Ayant mis toute l’assistance de bonne humeur, Pat Kalla laisse les gens s’installer pour le pique-nique. Quelques-uns vont vers les tables mises à disposition, d’autres, beaucoup plus rares, se risquent sous la maigre ombre des arbres. Il y a vraiment peu de monde ayant osé bravé le plomb fondu qui tombe sur les épaules. Pourquoi Julien Clerc a-t-il chanté un jour : Laissons, laissons entrer le soleil ?
L’heure de la sieste
« Demain, c’est sûr, je traverse l’Atlantique », annonce le chanteur de Barkanan, le groupe suivant. Plus sûrement, il va traverser l’heure de la sieste et sa douce voix semble vouloir bercer ceux qui ont encore la force de tenir leurs paupières ouvertes. Quelques-uns, pour se tenir réveillés, s’essaient aux jeux de bois.


Barkanan (Photo JCL)
« Merci de braver la chaleur pour nous écouter », lancent encore Ianis et Léo, les deux frères de Barkanan. Mais leurs voix semblent déjà fatiguées et n’encouragent pas les sursauts de vigueur. Mais voilà que l’heure de la digestion s’achève et que Christophe La Posta, membre éminent de l’Espace Pandora, arrive pour la dictée républicaine, un des rendez-vous de ce 14 juillet que, pour rien au monde, nombreux sont ceux qui ne voudraient le rater.
Ah ! La dictée !
Après « cinq minutes de poésie » — Christophe est également poète et vient de publier Couleurs aube aux éditions La Rumeur libre —, il attaque la lecture de cette nouvelle dictée, tirée du Saut décisif, un des chapitres du livre de Caroline Boidé Il nous faut la vie fauve.


Christophe La Posta (Photo JCL)
« Elle a été la marraine de la dernière édition du Magnifique Printemps », précise Christophe. Une fois finie la première lecture, quelques personnes s’exclament : « C’est long ! »
Christophe sourit : « L’an dernier, vous vous êtes plaints que c’était trop court ! Cette année, j’ai choisi plus long ! » Le texte parle de Rudolf Noureev, de cabale et d’accointance, de refuge politique et de services secrets soviétiques et, alors que Christophe vient de conclure sa lecture, le texte définitif circule déjà afin que chacun puisse voir s’il a bien écrit ou pas Tupolev et ballet du Kirov.
Puis, ce sont les membres de Kompa Doudou Chéri qui s’installent, avec cette belle promesse : « Vous faire voyager avec les grands groupes des années soixante-dix qui ont fait connaître le kompa ! » Mission accomplie ! Le public rentre tranquillement chez lui, cuit et même rissolé sous la chaleur de cette belle journée, passée sous un soleil ardent.


Kompa Doudou Chéri (Photo JCL)



































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