Dix-huit collégiens vénissians à Auschwitz : un voyage pour la mémoire

Les collégiens de Paul-Éluard avec leur professeur, Aurélien Zaragori

150 élèves de l’agglomération, dont dix-huit Vénissians issus des collèges Aragon et Éluard, ont découvert le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Une visite qui les a profondément marqués.

Edina, Linda, Ikram, Kojine, Fredrick, Mohamed, Jihane, Sabrine et Ferouz étaient accompagnés d’Aurélien Zaragori, leur professeur d’histoire-géographie au collège Éluard. Tous scolarisés en « parcours d’excellence », ces neuf ados — neuf autres Vénissians issus du collège Aragon étaient du voyage — ont travaillé très sérieusement avant de s’envoler pour Cracovie. Ils ont notamment visité le Centre d’histoire, de la résistance et de la déportation, le fort Montluc, une exposition sur le procès Barbie…

Ils ont également rencontré des personnalités : Claude Bloch, l’un des 2 500 rescapés français des camps d’extermination nazis. Et Jean Lévy, le président régional de l’Association des filles et fils de déportés juifs de France, qui a joué un rôle important pour faire connaître l’histoire du camp de Vénissieux, où 471 personnes dont 108 enfants ont été exfiltrés et sauvés en 1942. Mais 545 autres adultes n’eurent pas cette chance et furent déportés à Auschwitz.

“Il faudrait que tous les jeunes voient ça”

« Claude Bloch nous a raconté son parcours, explique Linda. Tous les membres de sa famille sont morts sauf sa grand-mère. Son grand-père a été torturé devant lui. Comment a-t-il pu continuer à vivre aussi dignement ? Il m’a vraiment touchée. Quand on entre dans le camp, c’est très angoissant. On voit des montagnes de cheveux, des chaussures ayant appartenu à des gens, des vêtements de bébé. On est oppressé.”

Kojine, lui, a été marqué par les cheminées des fours crématoires. « On se dit que des familles, des enfants, sont morts ici simplement parce qu’ils étaient juifs. C’est à la fois terrible et incompréhensible ! » Quant à Mohamed, il a été particulièrement touché par les photos des déportés, des photos de la vie d’avant le camp, que les nazis conservaient : « On voit des portraits d’enfants, de bébés. Et on se dit : comment cela a-t-il pu exister ? Lire et savoir c’est une chose, voir c’est autre chose. On a visité une chambre à gaz à Auschwitz 1 : il y a des griffures sur les murs. C’est atroce ! Il faudrait que tous les jeunes voient ça et témoignent pour que ça ne se reproduise jamais. »

Ce voyage pour la mémoire est organisé chaque année par la Métropole de Lyon, le département du Rhône, l’Association des fils et filles de déportés, en partenariat avec la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

Une pensée sur “
Dix-huit collégiens vénissians à Auschwitz : un voyage pour la mémoire

  • 7 mai 2018 à 20 h 45 min
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    dommage de ne pas évoquer la présence d’un élu de Vénissieux avec les collégiens, présence qui a demandé une intervention en commission et une lettre au président de la métropole (qui n’avait pas sollicité la ville, rompant avec la tradition du conseil général…)
    C’est d’autant plus surprenant que j’ai pris le temps de réaliser un compte-rendu personnel, notamment sur l’impressionnante participation des collégiens..
    http://pierrealainmillet.fr/Auschwitz-la-memoire-indispensable
    et de publier le texte fort lu par les collégiens d’Eluard qui mérite un lien sur cette page..
    https://pierrealainmillet.fr/L-exode-de-Benjamin-Fondane

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