Contre les suppressions d’emplois, les Renault Trucks montent en régime

R.Trucks 9 juin © R.B. Expressions 55

Presque un mois jour pour jour après les déclarations du Premier ministre, Manuel Valls, qui s’était dit favorable à une “autre solution” pour Renault Trucks, le plan de 591 suppressions de postes décidé par le groupe AB Volvo, propriétaire de la marque française, suit son cours.

Ce mardi matin, un comité central d’entreprise se tenait dans les locaux de Renault Trucks, à Vénissieux, pour détailler le “livre I” du plan social qui touche essentiellement le service commercial. Sous ses fenêtres, la direction a pu entendre la colère des salariés. À l’appel d’une intersyndicale regroupant notamment la CFE-CGC, la CGT et la CFDT, environ 1200 cadres et techniciens étaient réunis. Soit le double de la précédente grève qui avait mobilisé quelque 600 personnes.

“Les lignes n’ont pas bougé par rapport au début du mois de mai, déplore Éric Freyburger, de la CFE-CGC. La direction n’a fait aucun pas significatif à ce jour. Elle a annoncé ce matin qu’il y aurait quinze postes supprimés de moins, mais quinze sur presque six cents, ce n’est pas beaucoup. Nous demandons une véritable baisse des impacts sociaux et des contreparties en termes d’emplois en France. Les déclarations de Manuel Valls nous ont mis du baume au cœur, mais nous attendons toujours que les propos se traduisent en actes. Si le gouvernement veut agir, il doit le faire avant l’été, sinon cela n’aura servi à rien. Nous sommes pris pour les dindons de la farce, le groupe Volvo ne croit pas dans les salariés français. C’est inadmissible quand on sait combien les cadres et techniciens de Renault Trucks se sont investis ces dernières années pour le renouvellement de la gamme.”

D’une même voix, les syndicats parlent de “licenciements boursiers”, qui n’ont d’autre objectif que de faire grimper les dividendes des actionnaires, en particulier ceux des fonds spéculatifs, désormais majoritaires dans le capital d’AB Volvo.

“La direction obéit à ses propriétaires pour faire du fric à court terme, dénonce Frédéric Panetié, de la CGT. Ces licenciements sont totalement injustifiés. Pour notre part, nous demandons le retrait pur et simple de ce plan social qui hypothèque sérieusement l’avenir de la seule entreprise de conception et de fabrication de véhicules industriels en France. Il faut de toute urgence organiser une table ronde impliquant les dirigeants du groupe, les pouvoirs publics nationaux et régionaux et les organisations de salariés. Notre gouvernement ne peut pas se contenter de belles déclarations, il doit agir.”

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