Valérie Perthuis-Portheret : le travail d'une vie

L’historienne consacre ses recherches au camp d’internement de Vénissieux, d’où 108 enfants juifs ont été sauvés en août 1942 grâce à une action multi-confessionnelle. 

Valérie Perthuis-Portheret est une passionnante passionnée d’Histoire. Celle qui prend un H majuscule. “Je suis passionnée par les gens, par leur histoire, par leur ressenti, reconnaît la jeune femme. Mais je suis également professionnelle. Mon livre a nécessité un travail rigoureux, avec des heures et des heures passées dans les archives, à fouiner, chercher des contacts… L’un ne va pas sans l’autre : impossible d’écrire de façon professionnelle sans être passionné par ce que l’on cherche.”
Son livre “Août 1942 – Lyon contre Vichy : le sauvetage de tous les enfants juifs du camp de Vénissieux”, elle le qualifie de “travail d’une vie”. Paru en 1997, il vient d’être réédité et complété. “C’était mon sujet de maîtrise d’histoire, puis de DEA à l’université Lyon III. Mais je ne voulais pas que le sujet finisse enterré dans les archives universitaires. J’ai donc cherché à le faire publier.”
Ancienne attachée de recherches au Musée communal de la résistance et de la déportation de Vénissieux, elle y traite d’un événement méconnu de la Seconde Guerre mondiale : le sauvetage de 108 enfants juifs, internés dans le camp de Vénissieux, à l’Arsenal. Situé sur ce qui correspond aujourd’hui au 25/27 avenue de la République, ce camp était celui de la région de Lyon, qui regroupait dix départements. Le 27 août 1942, à la suite de la rafle opérée la veille en zone Sud, il se remplit de quelque 1200 personnes, familles et enfants. Sous l’autorité du préfet de Vichy, un comité de « criblage » est alors mis en place. Il est composé d’associations de croyants de toutes obédiences et de laïcs et en son sein, la résistance s’organise. Le médecin Adam arrive à transférer un nombre important d’internés dans des hôpitaux. 371 adultes bénéficieront ainsi d’une exemption de départ. L’abbé Glasberg persuade, non sans mal, les parents de 108 enfants de signer une délégation parentale au mouvement Amitié chrétienne. Le 29 août, les gosses sont autorisés à quitter le camp de Vénissieux. Grâce à des filières clandestines, ils seront ensuite rapidement répartis et cachés sous de fausses identités, dans des institutions catholiques, sous la surveillance de l’OSE. Leur convoi croise celui de leurs parents… 545 personnes déportées à Drancy, qui partiront ensuite pour Auschwitz.

Des rescapés du camp sont devenus ses amis
108 enfants, enfermés dans un camp à deux pas de la capitale de la Résistance qu’était Lyon, et libérés par des associations de confessions différentes ? Rayon symbole, il y a de quoi faire de cet événement l’un des plus connus de cette période noire de l’histoire européenne. D’autant que c’est le seul épisode de ce type connu en France. Et pourtant, beaucoup n’en ont jamais entendu parler. “Au niveau pédagogique, du message véhiculé, cette histoire est extraordinaire. Je me suis longtemps demandé pourquoi elle n’était pas connue. Peut-être que ce n’était pas le bon moment. Peut-être qu’il ne fallait pas sauter les étapes. Peut-être qu’il fallait plus de témoignages. Aujourd’hui, j’estime que l’on en sait assez. C’est pourquoi je me bats bec et ongles pour qu’un lieu de mémoire soit installé, par exemple à l’université Lyon 3. Je ne lâcherai pas.”
Valérie Perthuis-Portheret ne lâchera pas, car cette recherche de témoins, elle s’y est attelée. Notamment pour la deuxième édition de son livre. “Le premier jet était assez technique, reconnaît-elle. J’avais les chiffres, les documents. Je voulais plus de témoignages. De vécu. J’ai donc activé mes réseaux. Parfois même, à la suite de reportages sur le premier livre, certains m’ont appelée pour me dire que c’était leur histoire. J’ai donc rencontré une vingtaine d’anciens du camp. Des rencontres passionnantes. Touchantes. Nous passions des heures à remonter le temps, remettre dans l’ordre des souvenirs. Certains acceptaient d’en dire plus que d’autres. Parfois, cela venait avec le temps, et le besoin de transmettre. Quelques rescapés se souviennent du moment de la séparation et imaginent la douleur de leur mère laissant son enfant à des inconnus. Ils se disent : “Mais dans quel chagrin a dû mourir ma mère ?” Ces moments ont été particulièrement forts.”
Au fur et à mesure des rencontres, Valérie a noué de vraies relations avec ces anciens internés. Certains sont devenus des amis. “Nous nous appelons, nous nous écrivons. Ils connaissent mes enfants. J’éprouve une véritable affection pour ces personnes, autant que pour leur histoire personnelle.”
Pour faire vivre son travail, Valérie Perthuis-Portheret ne manque pas de projets. Elle évoque une adaptation en bande dessinée. “Je suis en contact avec des auteurs, qui m’envoient leurs idées.” Ou encore un documentaire, avec les photos des rescapés au moment de leur sauvetage et aujourd’hui, dans leur vie de tous les jours. “S’il pouvait être terminé pour le 70e anniversaire de l’événement, ce serait l’idéal.” Et un film, aussi : “L’histoire vaut le détour.” L’envie de la partager la tenaille. “Mon objectif est d’attirer un maximum de gens vers ce “miracle”. Récemment, certaines personnes qui ne s’intéressent absolument pas à l’histoire m’ont dit qu’elles avaient été passionnées par le sujet. C’est la plus belle des récompenses.”

« Août 1942 – Lyon contre Vichy. Le sauvetage de tous les enfants juifs du camp de Vénissieux » par Valérie Perthuis-Portheret. Editions lyonnaises d’art et d’histoire. 22 euros.

Une pensée sur “Valérie Perthuis-Portheret : le travail d'une vie

  • 14 mars 2014 à 16 h 07 min
    Permalink

    Hello valerie

    my name is ori furst and i am the son of manfred furst. my uncle, oskar, told me the story about you and the book you wort, based on your research after jewish kids in france during the holocaust.

    i will be happy speak with you and hear more details about my father.

    my address is: 25 ostashinski st. Reshon Le Zion Israel 7525709
    skype: ori_fuerst
    mail: ori_fuerst@walla.co.il

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