Gérard Depardieu au festival Lumière 2011 : dites-lui qu’on l’aime

Le nom a été lâché avec délectation par Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière et grand ordonnateur du festival Lumière, lors de la conférence de presse présentant la troisième édition de cette manifestation : le prix Lumière sera remis cette année à Gérard Depardieu. On ne présente plus l’homme… on a presque envie d’écrire l’animal, tant chez lui l’acte de jouer semble instinctif, plus proche des tripes que du cérébral. Pourtant, Depardieu, notre grand Gégé, est tout autant l’un que l’autre. Il faut arrêter de jouer avec les schématismes et les raccourcis, fussent-ils historiques. Les critiques avisés pourront toujours faire la moue devant la énième aventure d’Obélix et de son Astérix semble-t-il interchangeable et s’avancer en rangs serrés en s’abritant derrière les noms de Zidi, Véber ou Onteniente. Mais qui est capable de jouer tout à la fois Peter Handke au théâtre et l’inspecteur La Bavure au ciné ? De faire la même année le grand écart entre Marguerite Duras et Denys de La Patellière ? Qui peut se vanter d’aligner un si beau palmarès cinématographique où se côtoient les noms d’Alain Resnais, Jean-Luc Godard, Bertrand Blier, François Truffaut, Claude Chabrol, Andrzej Wajda, Maurice Pialat, Bernardo Bertolucci, Marco Ferreri, Luigi Comencini, Mario Monicelli, Ettore Scola, Ridley Scott, Nick Cassavetes, Norman Jewison et Alain Chabat, pour n’en citer que quelques-uns ?
À cet immense acteur, il était bien normal que revienne un jour ou l’autre le prix Lumière. Et Gérard aurait raison de répondre : “C’est un peu court, jeune homme !” Car ce n’est pas en quelques lignes que l’on peut retracer quarante années d’une très brillante carrière.
Lumière 2011 sera l’occasion de lui dire, en transformant à peine le titre d’un film de Claude Miller dont il fut la vedette : Dites-lui qu’on l’aime !
Avec le Gérard à Lyon, on se promet de belles heures et le reste du festival, qui va papillonner parmi une trentaine de lieux de projection dans toute l’agglomération entre le 3 et le 9 octobre, dont le cinéma Gérard-Philipe à Vénissieux, ne va pas démériter.
Thierry Frémaux nous promet les ressorties de quelques grands classiques (“La fiancée du pirate” de Nelly Kaplan, “La sauvage” de Jean-Paul Rappeneau, “Coup de tête” de Jean-Jacques Annaud, “Portrait d’une enfant déchue” de Jerry Schatzberg), une version coloriée du “Voyage dans la Lune” de Méliès, qui fera bonne figure lors d’une nuit de la science-fiction, une rétrospective des films de gangsters japonais, les fameux yakuzas, un hommage au cinéma de Bollywood et une invitation au producteur et cinéaste américain Roger Corman, apôtre de la série B la plus fauchée, grand découvreur de Jack Nicholson, Francis Coppola et de tous ces cinéastes du Nouvel Hollywood. Du bon temps en perspective !
Si la programmation est bouclée, elle n’a pas encore été partagée entre les différentes salles qui participent au festival. On y reviendra à la rentrée, pour préciser comment le cinéma Gérard-Philipe s’inscrit dans Lumière 2011.

http://www.festival-lumiere.org/

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