
Dans le quartier Monmousseau, au 11, rue Édouard-Herriot, une grande fresque éclaire la façade. Perché sur une nacelle, l’artiste Agrume finalise un travail achevé ce 26 juin. Au bas du mur, des habitants du quartier ont commencé à inscrire leurs noms.
« Nous avons été contactés par Alliade pour embellir le quartier », explique Lisa Hayette, qui fait partie de la structure vaudaise Anamorphose, qui conçoit des « projets inclusifs et artistiques ».
« Nous avons travaillé avec les jeunes d’ici et du centre Eugénie-Cotton, reprend-elle. Ils ont peint des oiseaux, en écho avec la grande fresque, qui seront posés tout au long du bâtiment. »


Lisa insiste sur le fait qu’il était important que les habitants participent. Elle en donne pour preuve la première signature apposée, celle de « Mado, une habitante historique ». Jean-Paul a également inscrit son nom : « C’est la première fois que je touche un pinceau, s’exclame-t-il. C’est bien ! On m’a dit que c’était comme tenir un stylo et c’est vrai ! »

« Nous avions déjà travaillé il y a un an sur Monmousseau, reprend Lisa, avec les portraits d’habitants accrochés aux murs et la fresque du 6-9 mais c’était un projet éphémère. Celui-ci est plus pérenne. »
Dans son ADN, Anamorphose revendique de « donner la parole aux habitants » et d’apporter « un angle local fort par un zoom sur la transformation du quartier à travers le prisme de la culture ».
La marche et le vol des oiseaux migrateurs
La fresque d’Agrume représente une jeune femme entourée d’oiseaux et Lisa livre quelques explications. « Elle est en marche, clin d’œil à la Marche de 1983. Agrume a choisi un personnage féminin pour moderniser le propos et le lier à d’autres luttes, contre le racisme mais aussi pour le droit des femmes. Autour d’elle, les oiseaux migrateurs viennent en France au printemps et repartent en Afrique. Ils symbolisent le vivre ensemble et la diversité. »
À propos du choix de l’artiste, elle indique encore qu’il n’est pas anodin. « Le travail d’Agrume convient parfaitement ici. Son personnage casse l’image du lettrage et des graffitis souvent reliée aux quartiers. Là, c’est un propos doux et poétique, qui a du sens. »
L’artiste a mis dix jours pour réaliser cette belle peinture monumentale. Et Lisa se réjouit, pour conclure, d’avoir été très bien accueillie par tous les habitants.






























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