Jour du livre : le poète et l’élue

Du 5 au 10 avril, le Jour du livre a multiplié les captations numériques. Dont cette rencontre entre le maire de Vénissieux et le poète en résidence Arnaud Savoye.

Organisateur tous les ans avec la Ville du Jour du livre, l’Espace Pandora se demandait comment allait se dérouler cette nouvelle édition bloquée par les contraintes sanitaires. Sachant mieux qu’un chat retomber sur ses pattes, l’association vénissiane a multiplié les captations (lectures à la médiathèque ou à Pandora) et inventé de nouveaux rendez-vous. Telle cette conversation entre Michèle Picard, maire de Vénissieux, et Arnaud Savoye, poète en résidence auprès de l’Espace Pandora, filmés par Charles Salignat de la direction Communication de la mairie.

De cette ville qu’il a, dit-il, appris à aimer, Arnaud Savoye veut en savoir davantage. Lui qui, venant d’un milieu rural, adore les déambulations, s’interroge sur les nombreux espaces verts — ils représentent 44% de la ville, indique Michèle Picard —, « les terrains de foot sauvages » qu’il qualifie de « très beaux » et les habitants qu’il trouve « émouvants ».

« En arrivant ici, témoigne le poète, je voulais pouvoir respirer la ville, rencontrer la population. Vénissieux est très chaleureuse. Les gens ont la parole facile. Ils viennent se confier et prennent conscience que je m’intéresse à leur ville. »

Arnaud a également voulu en savoir plus sur quelques personnalités du passé vénissian. Ainsi a-t-il remarqué la plaque concernant Louis Dupic dans le parc du même nom et il en appelle à « cette leçon d’histoire sur le plan national ». Il évoque encore le maire Ennemond Romand, assigné à résidence en 1939 lorsque le parti communiste devient illégal puis interné à Saint-Paul sous le régime pétainiste. « Vénissieux me l’a appris », reconnaît Arnaud Savoye.

« D’où notre projet de Maison des mémoires, répond Michèle Picard. N’oublions pas que Vénissieux fait partie des villes les plus bombardées et qu’elle a obtenu la croix de guerre en 1945. Passé et présent se croisent souvent et, en 2015, plusieurs bombes anglaises et américaines ont été déterrées à l’occasion de travaux. Vénissieux s’est libérée d’elle-même, grâce à une insurrection populaire. L’histoire est une addition d’époques différentes et nous avions inscrit le projet de Maison des mémoires dans le mandat 2014-2020. Il n’a pu aboutir et j’espère qu’il pourra se concrétiser. Il y aurait la mémoire de la Résistance et de la Déportation, celle du monde ouvrier, celle de l’époque gallo-romaine, celle de l’immigration… Le passé donne une direction au présent et il est important, pour les enfants d’aujourd’hui, de se construire dans une époque qui manque tellement de repères. »

Elle évoque le camp de Vénissieux, d’où furent sauvés des enfants juifs en 1942, et dont l’historienne Valérie Perthuis-Portheret a retrouvé des photos. « Elles donnent des visages à ces personnes du passé, comme si une main de cette époque se tendait vers un enfant d’aujourd’hui. »

 

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