Distribution de la Presse : les ex-SAD veulent garder la main

 

Les salariés licenciés de la SAD de Vénissieux affinent leur projet de création de coopérative pour relancer la distribution des journaux nationaux en région. Une partie d’entre eux reprendront la diffusion des magazines dès dimanche, pour le compte des Messageries Lyonnaises de Presse.

Les ex-salariés de la SAD de Lyon ont reçu leur lettre de licenciement le 5 juin. Le 20 juin, le tribunal de commerce de Paris a enregistré leur offre de reprise des actifs de leur ancienne société (machines, outils informatique…), située à Vénissieux. Entre temps, ils ont prouvé leur détermination a sauver leur outil de travail mais aussi qu’ils étaient porteurs d’une alternative de qualité. Ils sont d’ailleurs les seuls à s’être manifestés pour cette reprise, qui ne concerne pas les locaux, dont la SAD était locataire, dans la zone d’activité de l’Arsenal, à Vénissieux.

Une décision en leur faveur renforcerait le projet de création d’une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), en lui confiant le matériel indispensable à la relance de la distribution de la presse nationale. Cette activité a été interrompue il y a plus de six semaines par le redressement judiciaire de Presstalis. La décision de justice avait entraîné la liquidation de ses filiales, dont la SAD, à Lyon et Marseille. La coopérative en cours de montage serait composée de 4 collèges de coopérateurs associés au capital : des clients (Messageries Lyonnaises de Presse, transporteurs…), les salariés, des collectivités locales (communes, Métropole, départements, régions) et des collectifs de citoyens.

Calculée par un expert, la viabilité économique du dossier se base sur la reprise de 42 emplois seulement. Avant sa liquidation, la SAD employait 110 personnes… La différence s’explique en partie par l’exigence des Messageries Lyonnaises de Presse (MLP), qui veulent sortir la zone d’exploitation de Saint-Étienne de l’ancien périmètre de la SAD, pour la confier à un autre délégataire, à Roanne.

Réclamée par les salariés depuis le début du conflit, et relayée par le maire de Vénissieux Michèle Picard, une table-ronde devrait être organisée par la Préfecture d’ici la fin de cette semaine, avec les partenaires publics potentiels (collectivités locales) et des services de l’État. Un État globalement « aux abonnés absents, regrette Guillaume Dumoulin, délégué syndical central SGLCE-CGT, alors que la diffusion égalitaire de l’information sur tout le territoire est l’un des vecteurs de la démocratie ».

Sans attendre le lancement de la coopérative (espéré pour l’automne), l’immense atelier de la rue Sentuc retrouvera une certaine activité la semaine prochaine, puisque les magazines diffusés par les MLP, futur partenaire dans la SCIC, y seront traités dès ce dimanche. Pour se faire, une vingtaine de salariés seront embauchés en CDD par une autre société intéressée par la SCIC. Pour l’instant, faute d’accord avec ce qu’il reste de Presstalis, la distribution des quotidiens nationaux est toujours bloquée.

2 pensées sur “Distribution de la Presse : les ex-SAD veulent garder la main

  • 30 juin 2020 à 18 h 29 min
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    Bonjour,
    Je viens de « tomber » par hasard sur ces articles très intéressants à propos de PRESSTALIS.
    A part quelques articles trouvés, eux-aussi, par hasard sur le Net, je suis absolument stupéfaite de l’assourdissant silence des chaînes de TV et stations de radios.
    J’ai même envoyé un mail à ce sujet à FRANCE INFO (radio) resté sans réponse à ce jour. Mieux : un samedi, récemment, j’ai entendu un petit reportage nous présentant la « une » du PARISIEN/AUJ0URD’HUI EN FRANCE afin d’aider la presse « papier » durement touchée par le confinement !!! Mais question distribution RIEN !!
    J’espère de tout coeur que votre projet pourra voir un aboutissement heureux. Il est vital de pouvoir trouver ses journaux préférés dans les kiosques et maisons de la presse, qui eux aussi, doivent pouvoir continuer d’exister.
    Je suis orpheline de mon « CANARD ENCHAÎNE » chaque mercredi. Je l’achète sur Internet, mais ce n’est pas la même chose. J’aime toucher, sentir, le papier !!!
    BON COURAGE à tous.

  • 27 juin 2020 à 18 h 44 min
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    Merci pour ces infos largement relayées par Le Progrès hier et ce matin.
    Il y avait chez les diffuseurs de Lyon ce matin le Figaro Version avec suppléments « livrés directement par l’éditeur » selon le diffuseur interrogé.
    A suivre donc.

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