Industrie : mauvaise passe pour Boostheat

Après trois mois d’arrêt d’activité, le fabricant de chaudières a décidé de ne pas reprendre sa production, le temps d’ « optimiser » les performances de ses produits.

« Nous consacrons nos efforts à analyser là où le bât blesse dans nos performances et nous apporterons les modifications nécessaires », annonce le directeur général de Boostheat, Luc Jacquet

Mauvaise passe pour Boostheat, le fabriquant vénissian de chaudières thermodynamiques innovantes, installé sur l’ancien industriel Bosch. D’une part, le confinement a entraîné l’arrêt des commandes, de la production et des installations pendant près de trois mois, entraînant un retard sur son plan de développement, qui prévoyait d’atteindre l’équilibre financier en 2022. D’autre part, « les retours terrains sur les premières chaudières installées à fin 2019 ont remonté des niveaux de SAV en deçà des standards de qualité que l’entreprise s’est fixés », explique le groupe dans un communiqué, le 9 juin. En clair, le rendement promis par le bond technologique n’est pas toujours au rendez-vous, et ne permettrait pas de diviser par deux la consommation de gaz par rapport à une chaudière classique.

L’inquiétude des ex-Bosch

La tuile du confinement a été subie par des milliers d’entreprises. Les salariés de Boostheat ont été placés en chômage partiel du 18 mars au 1er juin. Sauf qu’à cette date, les opérateurs de production ont été invités à rester chez eux jusqu’à nouvel ordre. Ce qui a provoqué une vive inquiétude chez cette douzaine d’ouvriers, dont beaucoup sont des anciens de Bosch et de Sillia VL. « J’ai peur que ça recommence, confie l’un d’eux, qui préfère garder l’anonymat. Après avoir vécu deux plans sociaux de suite sur ce même site, j’ai l’impression d’une malédiction ! J’espère ne pas revivre ça, surtout que je suis plus âgé, maintenant, et qu’on annonce une explosion du chômage. »

Luc Jacquet, le directeur général de Boostheat, se veut rassurant. « Je comprends leur point de vue, c’est difficile d’être maintenu chez soi quand on a envie d’être au travail. Mais cet arrêt de la production est un signal franc, clair et essentiel : pendant quelque temps, nous consacrons nos efforts à analyser là où le bât blesse dans nos performances et nous apporterons les modifications nécessaires. Pendant cette période d’optimisation, où la production sera limitée aux seuls besoins de ce travail, nous resterons très attentifs au ressenti de nos salariés. »

Fin 2019, la société a enregistré 381 commandes, soit près du double de l’objectif fixé lors de son introduction en Bourse, et livré 40 chaudières. C’est dire l’enjeu pour la jeune entreprise de rassurer sur la fiabilité de son produit.

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