Les « Minguettoises » s’exposent à la médiathèque

Touria, Zahia, Zoubida, Soraya, Amna, Zohra, Fatiha… Elles sont une dizaine de dames à s’être donné le nom de « Minguettoises » pour une exposition visible à la médiathèque jusqu’au 29 septembre.

« Julie nous a réunies au centre social Eugénie-Cotton pour un projet sur les Minguettes », racontent-elles. Pour son travail de thèse, Julie Leblanc, doctorante en anthropologie, anime des ateliers sociolinguistiques de français dans les centres sociaux. « J’ai rencontré ces « Femmes d’ici et d’ailleurs », comme elles s’étaient baptisées. Mon travail de thèse est un questionnement sur l’invisibilité sociale en France des femmes immigrées et vieillissantes. En les rencontrant, j’ai compris leur volonté de raconter leur quartier et ses transformations. »

Âgées de 55 à 80 ans, ces dames d’origine algérienne, marocaine et tunisienne se définissent comme « Minguettoises ». « Nous avons toutes vécu aux Minguettes. Nous avons de beaux souvenirs et les grands changements qui se sont déroulés nous apportent aussi de la nostalgie. Nous sommes encore là, ce qui veut dire qu’on peut vivre aux Minguettes et y être très bien ! L’arrivée du tram a tout changé, c’est super ! »

Julie Leblanc a fait appel à la photographe Bénédicte Bailly et à la plasticienne Julie Martin-Cabetich pour construire le projet « Elles nous racontent leurs Minguettes » et donner une autre image du quartier.

Julie insiste aussi sur « le vrai travail de recherche » qui a été effectué : « Elles sont allées aux archives et ont retrouvé des photos de la construction des Minguettes. Les photos familiales anciennes et d’autres, prises aujourd’hui, donnent, comme elles l’affirment, une belle image de notre ville ».

Cette exposition s’inscrit dans le cadre de la biennale Traces (Histoire et mémoire des migrations en Rhone-Alpes). Comme le sera l’action suivante : le 7 novembre à 19 heures, au cinéma Gérard-Philipe, elles assisteront à la projection du film « Des figues en avril », le portrait d’une vieille dame par son fils, le cinéaste Nadir Dendoune.

Visible à la médiathèque jusqu’au 29 septembre, l’exposition « Elles nous racontent leurs Minguettes » est soutenue par les centres sociaux des Minguettes, le centre associatif Boris-Vian, l’Espace Pandora, la Ville et la Maison du projet.

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