Comment le lycée Jacques-Brel a mis dans le mille

Plus de 1 100 élèves sont désormais scolarisés au lycée polyvalent Jacques-Brel. C’est 470 de plus qu’en 2010.  Thierry Cosentino, le proviseur, revient sur les raisons d’un redressement spectaculaire.

Combien accueillez-vous d’élèves cette année ?
Thierry Consentino : Très précisément 1 136 élèves de la seconde au BTS. Nous pouvons y ajouter les cent jeunes du CFA Ducretet qui fréquentent l’établissement. Plus de 60 % de nos élèves sont Vénissians, les autres viennent des communes voisines, Feyzin et Corbas. En sept ans, nous avons accueilli 427 élèves de plus dans la section générale. Un vrai bond en avant quand on se souvient des 700 élèves — toutes sections confondues — qui étudiaient dans l’ancien lycée il y a moins de dix ans.

Il est rare de voir une telle progression des effectifs. Avez-vous une explication ?
Les raisons sont multiples. La reconstruction bien sûr, c’est un très bel établissement. La courbe démographique est également un facteur important. De plus en plus de monde s’installe à Vénissieux. Et la plupart des collégiens scolarisés dans les établissements de secteur s’inscrivent désormais dans notre établissement. Tout ceci est le résultat du travail de promotion mené par mes prédécesseurs et poursuivi aujourd’hui avec les collèges du secteur. Enfin le bouche-à-oreille fonctionne bien. Pour un grand nombre d’habitants, Jacques-Brel est désormais leur lycée, alors que ce n’était pas forcément vrai dans le passé.

N’êtes-vous pas victime de votre succès ? Un jour ou l’autre, il faudra pousser les murs !
Toutes les classes sont à trente élèves. C’est un maximum. Certains de nos élèves sont scolairement fragiles. Cette année, nous avons eu des difficultés à accueillir les redoublants de terminale faute de places. Dans ces cas-là, nous essayons de trouver des solutions avec l’inspection académique.

Cela ne doit pas être facile pour les enseignants, comment réagissent-ils ?
Il est vrai que nous avons eu des changements importants cette année. Certains ont fait le choix de partir. À une époque, nous avions 10 élèves en terminale S, maintenant les terminales sont toutes à 30. Cela change la manière d’enseigner ! Mais il reste une ambiance “Jacques-Brel”. Nous avons toujours une équipe remarquablement impliquée.

Vous obtenez d’excellents résultats pour les élèves scolarisés en section professionnelle. En revanche, cela reste difficile pour certaines sections générales. Comment l’expliquez-vous ?
En bac pro, les jeunes ont généralement adhéré à leur projet. Ils ont choisi leur orientation. Tout comme en BTS, où les résultats sont excellents. En revanche, en filière générale, nous accueillons souvent dès la seconde des enfants fragiles. La moyenne académique d’entrée en seconde pour un élève de 3e est de 12 ou 13 ; ici, ils arrivent à 8 ou 9 de moyenne. Malgré la fragilité du socle, nous en emmenons beaucoup au bac qu’ils arrivent à décrocher. De nombreuses aides sont mises en place avec pour seul objectif la réussite des élèves.

Pouvez-vous détailler ces aides ?
L’inspection académique nous alloue une dotation horaire globale importante, ce qui permet leur organisation. On peut citer, par exemple, les cours en demi-groupe dans certaines matières. Nous avons neuf assistants pédagogiques qui sont là pour aider les élèves à travailler, ce sont tous de futurs enseignants, titulaires d’une licence et/ou d’un master.
Dans le cadre de la Fondation Égalité des chances et des Cordées de la réussite, un lien précieux s’est tissé avec des étudiants de grandes écoles : l’INSA, l’EM Lyon, Normale SUP Lyon. Tous les jeudis soir, ils viennent de 17 heures à 19 heures au lycée. Sans oublier l’atelier Sciences Po qui permet de préparer nos jeunes à haut potentiel au concours de Sciences Po Paris.
Enfin, l’École ouverte permet l’organisation de séances de révision avant le bac. Nous sommes également ouverts pendant les vacances d’automne, d’hiver et de printemps. Sans oublier les devoirs surveillés, les bacs blancs. Toutes ces aides sont ouvertes à tous les élèves, qu’ils soient en section générale ou professionnelle.

Un nouveau proviseur adjoint

Olivier Moyroux prend ses marques à Jacques-Brel. Heureux d’avoir été nommé proviseur adjoint dans un établissement qu’il a choisi.
Auparavant en poste à Meyzieu, où il était principal adjoint du collège Olivier-de-Serres, il aime à rappeler qu’il connaît bien les zones d’éducation prioritaire renforcée. Avant de réussir le concours de directeur d’établissement, il enseignait l’histoire-géographie.
Ces différents postes lui ont permis d’acquérir une bonne connaissance du parcours de l’élève, de la 6e à la terminale, avec une attention particulière portée aux choix d’orientation, notamment les passerelles qui existent entre les sections générales et professionnelles.
Depuis son arrivée à Jacques-Brel, ce Lyonnais, papa de trois jeunes enfants, qui a fait ses études supérieures à l’université Lyon 2, se dit “très agréablement surpris”.
“C’est vraiment plaisant de travailler ici. Nous avons des moyens qui permettent de tout mettre en place pour la réussite des jeunes.”

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