Détruire l’ambroisie avant qu’elle ne fleurisse

Pascale, installée à Vénissieux depuis sept ans, n’avait été ni allergique ni asthmatique avant son arrivée en Rhône-Alpes. Depuis, au mois d’août, elle doit affronter les attaques de l’ambroisie et ses nombreux désagréments. Et cette année, ce sera certainement plus tôt que d’habitude. Les spécialistes sont formels : les premiers pollens d’ambroisie devraient faire leur apparition vers le 5 août contre le 15 l’année dernière. Le soleil et la chaleur favorisant la croissance de cette plante hautement allergisante, l’année 2017 pourrait ressembler à celle de 2011, où les pollens d’ambroisie avaient été particulièrement nombreux et précoces. Originaire d’Amérique du Nord, cette plante se développe et se multiplie très facilement sur différents types de terrain, notamment ceux sur lesquels interviennent des activités humaines : surfaces agricoles, chantiers, bords de routes, réseaux de transports routiers ou ferroviaires.

Très présente depuis plusieurs années dans la vallée du Rhône, elle est aujourd’hui observée dans la quasi-totalité des régions françaises. Il s’agit d’une plante annuelle qui apparaît tardivement au printemps et disparaît en automne. En été elle croît rapidement et peut atteindre plus d’un mètre de hauteur. Sa floraison commence en août : ses fleurs livrent du pollen à caractère très allergène jusqu’en automne. Elle aime les endroits ensoleillés et secs. La destruction de cette plante est d’autant plus indispensable qu’un milliard de grains de pollen se trouve sur un seul pied d’ambroisie et que cinq grains par m3 suffissent pour déclencher une allergie. Produites en grande quantité et pouvant rester viables plus de dix ans dans le sol, ses graines se ressèment, assurant les générations suivantes.

Un plant d’ambroisie supprimé avant sa période de floraison permet d’éviter la production de pollens et donc de limiter la reproduction de cette plante envahissante. Avant de l’éradiquer, faut-il encore savoir la reconnaître. Ainsi jeudi matin au marché des Minguettes, la Métropole de Lyon installait son bus info santé afin de sensibiliser le grand public aux risques allergiques liés à la pousse de l’ambroisie. Plusieurs affiches présentaient la plante et des spécialistes sensibilisaient les passants à l’importance de son éradication.

L’ambroisie n’aime pas la concurrence

Au moment de la floraison, l’ambroisie se développe en un buisson qui peut atteindre plus d’un mètre de haut avec des feuilles caractéristiques, profondément découpées ; vertes sur les deux faces et sans odeur aromatique. Sa tige est plutôt rougeâtre et couverte de poils blancs. Pour éviter son apparition il est important de savoir que l’ambroisie n’aime pas la concurrence végétale : il faut donc veiller à ne pas laisser de terres dénudées du mois de mai à novembre : en semant du gazon, en évitant de tondre trop ras et les désherbants totaux, en recouvrant le sol nu par un paillis d’écorces ou par une toile autour des plantations.

Il est nécessaire de distinguer la lutte préventive pour empêcher l’apparition de la plante, de la lutte curative pour empêcher l’émission de pollens et réduire les stocks de graines dans les sols. Si vous trouvez de l’ambroisie dans votre jardin, il faut l’arracher. Protégez-vous pour l’élimination en utilisant du matériel adapté : gants, lunettes et masque lors de la floraison. Hors de votre propriété et sur un terrain public, il faut signaler la zone via la plateforme interactive accessible à l’adresse suivante : www.signalement-ambroisie.fr
« Pour le département du Rhône, 2 400 signalements ont été enregistrés entre 2014 et 2016, avec un pic en 2015 de 1 000 signalements, indiquait Thierry Philip, vice-président de la Métropole de Lyon chargé de la santé et de l’environnement, à l’occasion d’une conférence de presse. 60 % des signalements ont été suivis d’un traitement avec ou sans arrachage. »

19 signalements à Vénissieux en 2016

À Vénissieux, indique Cécile Vigouroux, la directrice du service environnement, « nous avons reçu l’an dernier 19 signalements dont huit via la plateforme. Nos techniciens et jardiniers sont formés pour reconnaître l’ambroisie et pour agir au cas où la plante aurait poussé sur un terrain communal. Si l’ambroisie est sur un terrain privé, nous envoyons un courrier pour que la personne fasse le nécessaire. Si rien n’a été fait, nous adressons une semaine plus tard une mise en demeure accompagnée de l’arrêté municipal pris en août 2 001 précisant dans son article premier que tous les locataires et propriétaires doivent nettoyer et entretenir les espaces où pousse l’ambroisie. »

L’association française d’étude des ambroisies a constaté récemment une diminution des concentrations de pollens sur la zone Nord Isère et Lyon Saint-Exupery. Mais dans le même temps, paradoxalement, le nombre d’allergiques a continué d’augmenter. « Leur nombre a doublé en dix ans », insiste Pierre Diamantadis, conseiller de la Métropole de Lyon en charge de l’ambroisie. Et d’ajouter : « Cette baisse des concentrations de pollens serait dû à des difficultés techniques, la plateforme de signalement ayant basculé d’un fonctionnement régional à un fonctionnement national. » Une baisse artificielle donc, car l’ambroisie continue bien de progresser à très grande vitesse dans la région : il y a quelques années on ne la trouvait pas dans les lieux situés à plus de 600 mètres d’altitude… Récemment des plants ont été signalés à La Clusaz, à plus de 900 mètres d’altitude.

 

Quatre canaux pour signaler la présence d’ambroisie
Un numéro de téléphone : 0972 376 888
Un site internet : www.signalement-ambroisie.fr
Une application mobile : Signalement Ambroisie
Une adresse mail : contact@signalement-ambroisie.fr

2 pensées sur “
Détruire l’ambroisie avant qu’elle ne fleurisse

  • 30 juin 2017 à 15 h 38 min
    Permalink

    mon nom est Déchamp faute de frappe de l’envoi précédent

    si vous désirez recevoir les flash infos comme les journalistes merci de me le faire savoir

  • 30 juin 2017 à 15 h 34 min
    Permalink

    Bonjour
    Même si l’ambroisie s’étend en France , en 2016 l’on voit bien, sur les graphiques de l’AFEDA que la comparaison des données entre Lyon-Saint-Exupéry et Lyon-Bron montre bien que la diminution des concentrations de pollen d’ambroisie est plus importante à Lyon-Saint-Exupéry qu’à Lyon-Bron. Cette comparaison est effectuée depuis 11 ans; les taux y ont toujours été supérieurs entre 2fois et demi et trois fois. Cela montre que lorsque la lutte est intensive , elle agit
    Ce graphique est à votre disposition puisqu’il est impossible de vous l’envoyer dans ce commentaire ou par vos contacts; il serait bon de l’éditer lors de votre prochain numéro.

    Vous pouvez aussi le retrouver dans le Flash info n° 35 QUI SE TROUVE a LA PAGE COMMUNICATION DU SITE INTERNET website http://www.ambroisie-afeda.org
    Il convient de toujours communiquer des données précises dans tous les cas de figure

    Salutations

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