Farah, de la Syrie à Sciences Po Paris, en passant par Vénissieux

Žlves du LycŽe Sembat admisibles ˆ Sciences-Po. Mathilde, Yazid et Sarah.
Elle revient de loin, Farah, et elle ira loin. Elève en terminale S de la cité scolaire Sembat-Seguin à Vénissieux, elle intègrera Sciences Po Paris à la rentrée. La jeune fille de 20 ans a un parcours étonnant. Il y a trois ans, elle est arrivée de Syrie en tant que réfugiée politique. « J’ai été arrêtée pour activisme politique alors que je finissais le lycée, raconte-t-elle. J’ai dû quitter mon pays, je n’avais pas d’autre choix. »  Trilingue arabe, anglais et français, Farah est une excellente élève.

En juin dernier, elle avait réussi la très difficile sélection de cette grande école. Il lui restait une étape à franchir : décrocher son bac S au premier groupe. Mission accomplie ! De quoi satisfaire l’équipe pédagogique qui a animé tous les vendredis pendant la pause déjeuner l’atelier de préparation au concours de Sciences Po, Mmes Ernakoff (documentaliste) et Minoso (professeur de sciences économiques et sociales) et M. Tinland (professeur d’Histoire).

Farah n’est pas encore en vacances, loin de là. Avec une quarantaine d’autres élèves admis via la « Convention éducation prioritaire », elle suit jusqu’au 13 juillet le programme Booster sur le campus de Reims. En participant à ce programme dont les frais sont entièrement pris en charge par l’école parisenne, les candidats se préparent aux méthodologies de travail et aux nouveaux champs disciplinaires de Sciences Po. Ce qui devrait leur permettre d’aborder plus sereinement leur première année.

La sélection via la Convention s’est faite en deux temps. « Les jeunes préparent d’abord une revue de presse, qu’ils présentent devant un jury au lycée, précise Mme Ernakoff. Farah avait choisi les élections législatives en Turquie. Une fois admissibles, nous les préparons au jury d’admission d’une vingtaine de minutes à Paris. Il n’y a pas de sujet précis, c’est un entretien de motivation et de personnalité. Les candidats sont également interrogés sur leur projet d’études au sein de Sciences Po, voire sur leur projet professionnel. Enfin, ils doivent réagir spontanément à une photo d’actualité de l’année pour vérifier qu’ils sont capables de l’analyser et d’en parler. Farah a planché sur une photo en lien  avec le boycott des produits venant des colonies israéliennes ». Farah reviendra au lycée pour faire part de son expérience auprès des futurs candidats. Bonne route, Farah !

Depuis 2004, la cité scolaire Sembat-Seguin, tout comme le lycée polyvalent Jacques-Brel, ont signé une convention éducation prioritaire avec Sciences Po Paris qui a déjà permis à plusieurs jeunes d’intégrer le prestigieux établissement.

Photo : Raphaël Bert – Expressions

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