Chez Sillia, une reprise “beaucoup plus compliquée que prévu”

Sillia, panneaux photovoltaiques-05

Chômage technique, absence de commandes, perspectives d’avenir brouillées : l’inquiétude des employés reste au plus haut niveau. Quelques jours après la signature d’un contrat avec la Compagnie nationale du Rhône, portant sur 75 000 panneaux solaires, nous avons rencontré Axel Becker, directeur du marketing de Sillia VL. Il s’exprimait au nom de Michel Jouan, directeur général du groupe.

– Chez Sillia, novembre a été entièrement chômé. Comment se présente décembre ? Et les premiers mois de 2015 ?
A.B. : – “Faute de commandes, en effet, nous n’avons pas assemblé de panneaux en novembre. La production va monter progressivement à partir de décembre. Nous allons mettre en route une ligne d’assemblage complète avec trois équipes, pour atteindre les 100 % en février. Cela correspondra à la fabrication des panneaux commandés par la Compagnie nationale du Rhône.”

– Comment expliquez-vous le creux important de cet automne ?
A.B. : – “Sur le marché des panneaux photovoltaïques, d’abord, la saisonnalité existe. Entre octobre et janvier, il y a moins de commandes qu’au printemps, par exemple. Ensuite, au moment de la reprise en juin, nous avions peu de commandes nécessitant une mise en production immédiate. Mais nous n’avons pas voulu que les salariés repris ne soient pas mis tout de suite au travail. Au niveau de l’image, cela aurait été catastrophique. C’est pourquoi nous avons fait le choix d’avancer entre juin et septembre la production de commandes qui n’aurait dû commencer qu’à l’automne. Par ailleurs, la livraison de certains panneaux a été retardée par des clients. Cette conjugaison explique à la fois le ralentissement de l’activité à l’automne et le niveau de stock élevé.
“Concernant ce stock, précisons d’ailleurs que, contrairement à ce que l’on a pu lire, il était déjà vendu et en attente de livraison.”

– Il n’empêche que, confrontés à du chômage technique quelques mois après la reprise, les salariés sont très inquiets.
A.B. : – “Nous avons tablé sur des promesses de commandes qui ne sont pas venues. À cause de l’instabilité ministérielle, nous n’avons pas eu de nouvelles du gouvernement pendant quatre mois. Les commandes liées à l’appel d’offres CRE2*, que l’État a initié et que nous avons remporté, tardent à se concrétiser. Cela se met en place petit à petit, comme en témoigne la signature, début novembre, d’un contrat intégré au CRE2 avec la Compagnie nationale du Rhône.”

– Pensiez-vous que reprendre le site de Bosch à Vénissieux serait aussi compliqué ?
A.B. : – “On ne peut nier que cela a été beaucoup plus compliqué que prévu. Nous avons dû faire face à des incertitudes imprévues et à des annulations de commandes. Dans le secteur du photovoltaïque, les investisseurs se montrent de plus en plus prudents, ce qui ne nous aide pas. Mais je ne veux pas croire une seconde à un échec de notre projet industriel. Celui-ci est bien ficelé. Il lui faut du temps. Nous avons à notre disposition de splendides capacités de production et des équipes compétentes. Nos employés doivent être patients et se battre pour nous, et non pas contre, comme cela peut parfois être le cas.

– Ceux-ci apprécieront…
A.B. : – “Mais je comprends leur inquiétude, également ! Ils doivent cependant avoir à l’esprit que l’usine est en quelque sorte nouvelle. Il ne faut pas regarder dans le rétroviseur, penser à ce qu’était le site avant. Ils doivent s’engager, s’impliquer, pour le futur. Et le futur, c’est Sillia VL.”

*CRE2 : appel d’offres lancé en 2013 par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), pour la fourniture d’installations photovoltaïques de grande taille.

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