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À l’école Anatole-France B, le manque d’AESH atteint un point critique

La rentrée s’annonce particulièrement difficile pour les élèves en situation de handicap, leurs familles et les équipes éducatives. Les enseignants appellent à un mouvement de grève dès ce jeudi.

Les enseignants ont assuré la rentrée ce mardi matin, mais ils appellent à la grève dès jeudi. Photo © Ashraf Tabatabaeinasab – Expressions

Le problème n’est pas nouveau. Depuis plusieurs années, les établissements scolaires doivent composer avec des notifications de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) qui ne sont pas toujours suivies de l’attribution des moyens humains correspondants. Mais, à Anatole-France B, établissement du réseau REP+ Elsa-Triolet, l’écart entre les besoins et les moyens disponibles est particulièrement important cette année.

L’école ne dispose que de trois AESH pour les accompagnements individuels, alors que sept seraient nécessaires pour assurer les heures d’accompagnement auxquelles les élèves ont droit. Résultat : certains ne bénéficieront au mieux que de la moitié des heures notifiées, et d’autres d’aucun accompagnement individuel.

La situation est d’autant plus préoccupante que l’école doit accueillir deux élèves en rupture de parcours, faute de place dans un institut spécialisé. Tous deux seront scolarisés en CP ordinaire. L’un d’eux, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA) lourd, était jusqu’ici accueilli en Unité d’enseignement maternelle autisme (UEMA), avec une équipe pluridisciplinaire d’une dizaine de professionnels à temps complet. À Anatole-France B, il ne pourra être accueilli que six heures par semaine, avec un seul AESH, pris sur les moyens déjà prévus pour accompagner d’autres élèves.

Cette situation illustre les limites d’un système qui repose de plus en plus sur les équipes présentes dans les écoles pour compenser le manque de personnel. Sans compter que les AESH, quand ils sont au complet, doivent déjà faire face à des besoins qui dépassent leurs possibilités et leurs horaires. « Une souffrance au travail réelle et trop souvent invisibilisée », pointent les enseignants, qui n’ont d’autre choix que de multiplier les réorganisations internes pour tenter d’assurer l’accueil des élèves.

Les parents d’élèves doivent être réunis afin de leur présenter la situation. Les organisations syndicales ont également été alertées et un mouvement de grève est annoncé à partir de jeudi.

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