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Djelika en or, Athlé Sud 69 prend son envol

Comment ne pas y voir un signe du destin ? Alors que l’AFA Feyzin-Vénissieux entend passer un cap en prenant le nom d’Athlé Sud 69, Djelika Diarra est devenue le 7 août dernier, championne du monde junior de saut en longueur.

Credit-Sprintshot-FFAthletisme.

« Si le comité directeur du club a décidé de changer de nom de baptême, c’est avant tout pour afficher une identité plus marquée, plus identifiable pour celles et ceux, hors de l’agglo ou de la région, qui ont du mal à identifier Feyzin et Vénissieux. » Pour le président, Julien Serre, il ne s ‘agit en aucune façon en aucune façon de tirer un trait sur l’histoire d’un club qui a vu le jour, en 1974, sous l’appellation Feyzin Club Belle Etoile Athlétisme. « Pas question de quitter notre ancrage territorial, nos valeurs, ou de se focaliser exclusivement sur le haut niveau, poursuit le dirigeant qui fut, un temps, honorable athlète en marche athlétique. On va continuer à accueillir tous les publics, du débutant à l’adepte du loisir. Mais vous l’aurez compris, nous voulons passer un cap, afficher nos ambitions, devenir club club référent. Ce que nous avons déjà démontré en formant des athlètes de niveau international. »

Djelika Diarra, licenciée du club intercommunal depuis 2017, qui vient d’offrir à l’AFA sa première médaille en or dans un Mondial, en est l’exemple le plus récent et le plus éclatant. Avant la sauteuse en longueur, le club intercommunal a façonné de nombreux champions : Kévin Campion, Liliane et Patrick Bonvarlet, Marc Ozier… plusieurs fois médaillés aux Mondiaux de marche, de sprint ou de relais. Et on attend les résultats de Nel Martinez, prometteur champion de France U23 sur 400 m, qui a obtenu sa première cape internationale à l’occasion des Jeux Méditerranéens qui sont programmés à Talence, du 30 août au 3 septembre.

Idir Boumertit, maire de la ville, s’est joint aux félicitations venues de toutes parts. « Vénissieux est fière de Djelika. Nous espérons que cette victoire n’est que le début du chemin vers les qualifications aux prochains Jeux olympiques de 2028. » L’ancien maire, Michèle Picard, a également rappelé les liens très fort liant la famille Diarra et la Ville. « Tout le quartier Komarov applaudit l’exploit de Djelika. Je la connais depuis presque 15 ans, notamment après une action de solidarité avec des sans-papiers et un parrainage civil en mairie. C’est la France qu’on aime. C’est Vénissieux. »

Une perf qui en dit long

Incontestablement, Djelika Diarra a marqué les esprits, le 8 août dernier. en décrochant le titre de championne du monde junior du saut en longueur aux Mondiaux Élite U20 d’Eugène. Avec un bond affiché à 6,52 m lors de son troisième essai, la jeune Vénissiane de 19 ans a explosé son record personnel de 14 cm, et signé la meilleure performance mondiale de l’année dans sa catégorie d’âge. Les trois tentatives suivantes ont été mordues, mais qu’importe : la junior de l’AFA a relégué la Grecque Evelyn Mitropoulo, deuxième, à 6 cm.

Ce saut abouti, le plus grand de sa jeune carrière, lui a donc offert sa première couronne mondiale. Derrière elle, une autre Française, Soudatou Niang, a pris le bronze avec 6,34 m. Un doublé tricolore qui rappelle les exploits de 2016, dix ans après le titre de Yanis David et la médaille de bronze d’Hilary Kpatcha.

« Elle a parfaitement géré la finale pour s’envoler vers l’or. Dès son premier essai, j’ai compris qu’elle était dans un grand jour« , salue Frank Mbatang, son entraîneur, qui l’a prise son son aile en 2023, après avoir remarqué ses prédispositions pour le saut. « Elle avait déjà une excellente coordination, elle était explosive et elle avait du pied. » En une saison, la future prodige devient championne de France dans sa catégorie et se qualifie pour les championnats d’Europe. En 2024, elle atteint les 6,05, puis 6,29 m l’année suivante. L’histoire était en marche.

Avec ses 6,52 m en terre américaine, la Vénissiane s’est installée sur le toit du monde junior. « C’était comme un petit rêve, a confié la nouvelle championne du monde au journal L’Équipe. Je suis super contente, et en plus j’ai explosé mon record. C’est magnifique. Je fais aussi un podium avec Soudatou, qui a été ma concurrente durant 3 ans, et avec qui je suis en chambre ici depuis 10 jours, on a pu créer des liens et on voulait faire ce podium ensemble. »

Pour l’AFA Feyzin-Vénissieux, cette médaille d’or est une récompense collective. Désormais, le club détient le record du Rhône et de la région Auvergne-Rhône-Alpes toutes catégories confondues. « Djelika est à huit centimètres du record de France juniors », lâche fièrement Frank Mbatang. « On savait qu’elle avait ce saut dans les jambes », complète le président Serre. La saison 2025-2026 a pourtant été compliquée pour Djelika car l’athlète enchaîne des semaines chargées. À côté de ses six entraînements par semaine, elle débute un BTS commerce en alternance.

Une enfant de Vénissieux

Djelika vit aux Minguettes avec sa famille. C’est à l’âge de sept ans qu’elle a découvert l’athlétisme à l’AFA Feyzin-Vénissieux. « J’ai tout de suite aimé ce sport », raconte l’étudiante, qui venait sur les pistes d’abord pour s’amuser avec ses amis. Et qui, à l »approche de ses 15 ans, a vu ses ambitions changer de dimension. « Quand j’ai décidé que je voulais faire les JO, je savais qu’il fallait que je m’entraîne dur. Même si le club AFA n’est pas le plus grand club du Rhône, je veux continuer à m’y entraîner à haut niveau : ce club a tout fait pour moi ».

Après sa consécration, la jeune athlète a plusieurs objectifs. « On doit d’abord soigner mes blessures – tendinites aux genoux – et trouver une salle de musculation », rapporte Djelika, qui pratique ses exercices de musculation au stade de Vénissieux, qu’il pleuve ou qu’il vente. Avant d’augmenter la charge de l’entraînement, son club et son mentor veulent avant tout améliorer son emploi du temps pour concilier sport et étude.

Les Jeux olympiques de Los Angeles de 2028 représentent le défi majeur pour la jeune athlète qui souhaite y concourir dans deux disciplines : le sprint et le saut en longueur. Mais la route est encore longue. Il faut savoir que le record de France espoirs du saut en longueur, détenu par Aurélie en Félix (en 1999 !) est de 6,85 m. Et chez les seniors, datant de 2003, il est la propriété d’Eunice Barber (7,05 m). « Les JO, j’en suis encore loin, tempère la lucide Djelika. Je n’aurai que 22 ans, mais on ne sait jamais. »

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