À Vénissieux, Carrefour cherche à réinventer l’hyper

Le réaménagement n’est pas encore totalement achevé. Mais pour l’essentiel, le nouveau concept Carrefour est en place. L’objectif, on le devine, est de reconquérir des clients, même si la direction du groupe ne l’annonce pas officiellement. Elle est d’ailleurs très discrète jusqu’à présent sur les travaux engagés. Pas d’interview, pas de visite guidée. “Nous ne communiquerons pas avant l’inauguration”, s’est-on contenté de nous répondre. Pour mesurer l’ampleur des évolutions testées à Vénissieux – et qui pourraient être déclinées ensuite dans les autres magasins de l’enseigne si l’on en croit la presse spécialisée – le mieux est encore d’aller y faire ses courses.

Première surprise : l’entrée sud, qui amène directement sur les produits frais, donne l’impression de pénétrer dans un marché couvert. L’éclairage blafard des néons a disparu au profit de spots discrets. Les murs sont couleur aubergine. Le bio a conquis un coin bien à lui. Les fruits et légumes sont exposés dans des caisses en plastique empilées. Un agencement plus chaleureux et à la fois plus simple.  Simplicité également pour la pesée, avec des balances “intelligentes” équipées de petites caméras qui devinent le contenu de votre sachet. Le système est cependant perfectible. S’il a identifié sans problème les “tomates grappes”, il a confondu les pommes “Royal gala” avec des “Pink lady”, pourtant 30 centimes moins chères au kilo. “On pense que cela vient d’un manque d’éclairage, explique un employé, il n’y a pas assez de lumière pour la caméra. On y réfléchit.”
Derrière les fruits et légumes, les rayons frais en libre-service sont organisés autour de deux grandes caves vitrées, l’une abritant jambons et saucisses, l’autre des fromages. La mise en scène est réussie. Elle donne au lieu un aspect qui n’est pas sans rappeler les halles de centre-ville. Aussi bien à la boulangerie qu’à la boucherie ou à la poissonnerie, on a le choix entre les produits emballés ou servis au détail. Une dégustation de steaks (cuits à la poêle avec un peu d’huile d’olive) est même proposée ce jour-là.
Sorti de la zone fraîche, qui a visiblement concentré le gros des efforts, le changement par rapport à l’hypermarché standard est moins évident. Quelques améliorations quand même : des étagères plus basses et donc plus accessibles, une signalétique soignée avec des inscriptions en jaune sur fond noir, et des panneaux plus grands aux couleurs pastel qui indiquent les univers de consommation. Certains rayons sont traités avec une identité propre. Les surgelés sont ainsi agencés comme dans un commerce spécialisé. Le rayon hygiène atteste d’un vrai effort de présentation, dans un style parfumerie. Des produits sont regroupés par thème  : les jouets pour bébés sont rangés à côté des petits pots et des couches ; dans le même esprit, les sèche-cheveux côtoient les shampoings.
De l’avis des caissières, les avis des clients sur ces nouveautés sont partagés. Certains sont enthousiastes, d’autres se disent perdus. Lancée en juin après plusieurs semaines de travaux, cette transformation doit se poursuivre jusqu’à fin août. Elle nous réserve encore quelques surprises. De source syndicale, on a appris que Virgin mégastore (livres, disques…) va ouvrir d’ici à la rentrée un “corner” à Vénissieux, qui emploiera environ six employés. L’information a été rendue publique lors d’un récent Comité d’entreprise extraordinaire.

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