
Photo Emmanuel FOUDROT
Beaucoup craignaient un embrasement du mouvement. Pourtant, ce mardi 6 octobre, la mobilisation est restée relativement calme, malgré des affrontements en fin de manifestation, en marge du cortège. Plus de 20 000 personnes se sont mobilisées pour demander davantage de moyens financiers et humains pour l’Éducation nationale.
Réunis sur la place Bellecour à Lyon, enseignants, parents, étudiants et lycéens étaient présents. Maher Dali-Bey, élève au lycée Colbert, dans le 8e arrondissement de Lyon, a participé aux blocages de l’établissement : « On est dans une situation très précaire, avec des bâtiments dégradés. Il y a des rats, des insectes, de gros problèmes d’isolation. On manque aussi d’enseignants. Pourtant, on a l’impression que le gouvernement n’a que faire de nos paroles », regrette le jeune homme.

Photo Emmanuel FOUDROT
Emma et Lilia, toutes deux lycéennes dans un établissement privé de Villeurbanne, ont souhaité venir en soutien aux jeunes de leur âge qui étudient dans le public. « On devrait tous avoir les mêmes moyens et les mêmes chances en matière d’éducation, affirment-elles. On revendique également notre droit de manifester. On dit des jeunes qu’ils doivent plus travailler, mais quand on se mobilise et qu’on demande à étudier dans de bonnes conditions, on ne nous écoute pas, ou notre parole est tournée en dérision et méprisée. »
Les établissements Vénissians bien représentés
Au milieu des élèves, des parents étaient aussi là pour s’assurer du bon déroulement de la manifestation, comme Andréa, maman d’une lycéenne de 17 ans : « J’ai vu des images horribles ces derniers jours, qui m’ont brisé le cœur. Je ne tolère aucune violence, que ce soit de la part des jeunes ou, surtout, des policiers. C’est leur métier, ils sont formés au maintien de l’ordre. Ils doivent être en mesure de contrôler leurs actes : ils ont des enfants en face d’eux. »
Des membres des lycées vénissians étaient présents. Les lycées Sembat-Seguin et Jacques-Brel sont toujours fermés et les cours effectués à distance depuis ce lundi. « Nous sommes tous deux membres du Collectif pour les lycées en éducation prioritaire, atteste Margot Béal, enseignante à Jacques-Brel. Les revendications des jeunes, ça fait plusieurs années qu’on a les mêmes. Dans l’immédiat, on aimerait une réduction des effectifs, un meilleur accompagnement et un changement de fond de Parcoursup. Ça fait dix ans que ce dispositif opaque et inégalitaire existe et qu’on le dénonce. »

Des enseignants de collèges et de lycées de Vénissieux sont venus en nombre pour soutenir le mouvement des lycéens. Photo : Emmanuel FOUDROT.
Parmi les manifestants, de nombreux enseignants des collèges de la commune étaient aussi présents pour apporter leur soutien à leurs collègues ainsi qu’à leurs élèves. On a pu voir des personnels de Katia-Krafft, Elsa-Triolet, Aragon, Michelet et Paul-Éluard. « Ce sont nos élèves aussi, avant d’entrer au lycée, ces jeunes étaient chez nous », rappelle Chloé Gamaz, enseignante à Elsa-Triolet. Elle a fait le déplacement avec une dizaine d’enseignants du collège. « Nous aussi nous avons des conditions d’enseignement compliquées, mais au lycée, la situation est encore pire. Surtout, ce qui a choqué bon nombre d’entre nous et nous a poussés à être présents aujourd’hui, c’est la répression à laquelle ces jeunes ont fait face. »
Les lycées Sembat-Seguin et Jacques-Brel toujours fermés
Dans le cortège, le maire de Vénissieux, Idir Boumertit et plusieurs adjoints étaient présents. Farouk Ababsa, adjoint aux affaires culturelles et sociales à la Ville de Vénissieux, est venu en tant que conseiller régional : « La situation à Sembat-Seguin est catastrophique, comme au lycée Lumière et à Jacques-Brel, témoigne-t-il. Il n’y a pas assez de moyens qui sont donnés, des conditions désastreuses pour les personnels et les élèves. » De son côté, Nolan Belmondo, conseiller municipal dédié à la jeunesse et aussi étudiant dénonce le « manque des moyens cruels dans l’enseignement : des enseignants, des AESH, il y a trop d’élèves, de l’amiante dans les murs ».
Face à cette forte mobilisation, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a promis mardi, sur France Info, « d’apporter une réponse dans les huit jours » aux lycées qui font face à des difficultés pour remplacer des professeurs absents. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a aussi proposé qu’une demi-journée de classe soit « banalisée » dans les lycées, jusqu’à la fin de la semaine, afin de permettre un « temps de démocratie interne ».

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Nicolas Bonnet, proviseur et secrétaire national du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN-UNSA), a annoncé ce mercredi matin, toujours sur France Info, qu’il n’organisera pas ce temps de démocratie interne. Il estime que les enseignants vont avoir du « mal à mettre en application ce que le Premier ministre a maladroitement annoncé hier. (…) Personne n’a été averti, alors que dans l’Éducation nationale, il faut de la concertation. »
Encore aujourd’hui, les lycées Sembat-Seguin et Jacques-Brel sont fermés. Un nouvel arrêté a été déposé ce matin par la préfecture pour interdire les rassemblements autour de huit établissements, dont Sembat-Seguin.






























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