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Blocus des lycées : Sembat-Seguin ferme ses portes à son tour

La cité scolaire Sembat-Seguin a fermé ses portes en début de matinée « jusqu’à nouvel ordre », à la suite d’affrontements et de fortes dégradations devant l’établissement.

En milieu de matinée, des élèves ont découvert leur établissement fermé et avec d’importantes dégradations : vitres et portails ont été cassés, départ de feu, etc.

Barrières dessoudées, intrusion dans l’établissement, vitres brisées, départs de feu, porte vitrée enfoncée : les dégradations ont été nombreuses ce matin au lycée Sembat-Seguin. Près de 300 personnes étaient réunies devant l’établissement : « Il y avait ceux qui rentraient en classe, ceux qui étaient là pour bloquer le lycée pacifiquement et d’autres plus violents », décrit Samuel Delor, enseignant d’histoire-géographie au lycée Marc-Seguin et syndicaliste à la CGT.

Ces incidents s’inscrivent dans un mouvement national de mobilisation des lycéens. Depuis mardi, des établissements dans toute la France sont confrontés à des blocus et parfois à de violentes dégradations. Les lycéens dénoncent le manque de professeurs et de personnels, des établissements dégradés, des classes surchargées, des emplois du temps jugés problématiques ou encore le stress lié à Parcoursup.

La barrière du lycée a été mise à bas par les manifestants

« Nous sommes solidaires des revendications des élèves, mais nous n’acceptons pas la destruction ni les violences », affirme l’enseignant. Ce blocus a été préparé la veille sur les réseaux sociaux. « La direction était au courant et nous a également prévenus hier, nous nous attendions à une fermeture préventive, mais elle n’a pas eu lieu. » Des violences et des poursuites entre élèves et forces de l’ordre ont eu lieu autour du lycée. La direction a ensuite décidé vers 8h30 de fermer ses portes « jusqu’à nouvel ordre », d’après Samuel Delor.

À quelques pas de là, à l’école Parilly, la direction a déclenché le « Plan particulier de mise en sûreté » afin de mettre les élèves à l’abri. « La présence importante de fumée a provoqué une gêne chez certains enfants, qui ont notamment eu les yeux qui piquaient et la gorge qui grattait. Certains ont été émus par la situation », a indiqué la direction dans un message adressé aux parents, que nous avons pu consulter.

Jacques-Brel fermé jusqu’à lundi

Vers 10h30, cinq véhicules de police étaient toujours présents devant l’établissement et certains élèves étaient également là pour se renseigner sur la situation. « On a entendu parler du blocus hier sur les réseaux sociaux, nous indiquent-ils. On ne savait pas que ça avait pris cette ampleur, on arrivait pour aller en cours et on a vu ce qu’il se passait. Après, on adhère à leurs revendications, il y a un manque de personnel, de matériel, de tout ! On a des classes où il faisait encore plus de 30 degrés en septembre, c’est impossible de se concentrer. »

La porte du lycée a également été brisée lors des dégradations survenues devant l’établissement

Du côté du lycée Jacques-Brel, fermé depuis mardi après-midi, la reprise des cours n’est pas prévue avant lundi. Dans le Rhône, d’après la préfecture, près de 40 établissements sont touchés par un blocage et 34 interpellations ont été effectuées par les forces de police ce jeudi. Le préfet a également annoncé qu’il pourrait être amené « à autoriser la police nationale à utiliser une caméra installée sur un drone aux abords des établissements concernés en application de l’article L242-5 du code de la sécurité intérieure ». Elle précise cependant que « ni son, ni reconnaissance faciale, ni images de l’intérieur des domiciles » ne seront réalisés.

« Chaque voix doit pouvoir être entendue »

La mobilisation s’étend désormais aux étudiants : depuis ce jeudi matin, l’université Lyon 2 est bloquée. Dans la matinée, un cortège improvisé de lycéens s’est élancé de la place Jean-Macé. Il prévoyait d’atteindre le rectorat pour faire entendre leurs revendications, mais a été dispersé par les forces de l’ordre.

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé le lancement d’une plateforme de concertation en ligne où les lycéens pourront partager leurs revendications. Il demande également aux proviseurs de réunir les conseils de la vie lycéenne, et aux recteurs les conseils académiques de la vie lycéenne. « Chaque voix doit pouvoir être entendue, a-t-il écrit sur X. Les contributions seront analysées localement et j’en organiserai une restitution nationale. Pour agir, dans l’intérêt des élèves et de l’École. » Le Premier ministre Sébastien Lecornu a quant à lui convoqué une cellule interministérielle de crise, qui a débuté ce jeudi à 13 heures.

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