
Les quatre éducateurs, dont Ridha et Hassina, accueillent les jeunes Vénissians au 49, boulevard Ambroise-Croizat.
C’est dans leurs bureaux, au 49, boulevard Ambroise-Croizat, qu’Hassina et Ridha nous accueillent. Depuis le 1er septembre dernier, ils sont quatre éducateurs spécialisés de la Sauvegarde 69 à évoluer dans ce quartier ainsi qu’au Charréard, à Max-Barel et au Monery. « Il y a cinq principes dans la prévention spécialisée, rappellent Hassina et Ridha : la libre adhésion des jeunes, l’anonymat, la prise en charge non institutionnelle, l’absence de mandat nominatif et le partenariat. »
Chaque accompagnement peut durer de quelques jours à plusieurs années, selon le parcours et les besoins du jeune. « Ça peut se poursuivre au-delà de 25 ans lorsqu’il s’agit d’un jeune que nous avons déjà accompagné par le passé et qui se trouve encore dans une situation de besoin », précise Bastien Stef, chef de service à la Sauvegarde 69.
Amener les jeunes vers le droit commun
Ridha et Hassina rencontrent essentiellement les jeunes dans la rue : « C’est vraiment l’artère principale de notre métier, notre singularité. Été, hiver, printemps, automne, on est dehors pour les rencontrer dans les espaces publics, les city stades, les maisons de quartier, les EPJ. » Et chacun a sa méthode d’approche : « On observe en amont, on se montre. Puis on va se présenter. Entre nous quatre, on est très complémentaires. Forcément, les jeunes sont méfiants au début, mais il faut leur montrer qu’ils peuvent nous faire confiance, qu’on n’est pas là pour les juger. »
Bastien Stef tient tout de même à rappeler : « Les éducateurs vont à la rencontre d’un public souvent éloigné des dispositifs de droit commun et parfois en situation de marginalisation. À ce titre, ils doivent faire preuve d’une vigilance constante, savoir analyser l’environnement de travail et évaluer où, quand et comment entrer en relation avec le public, dans des contextes qui peuvent parfois être complexes ou sensibles. »
« On est des tisseurs de liens »
L’objectif des éducateurs est d’amener les jeunes vers le droit commun, quel que soit leur parcours. « On est des tisseurs de liens, détaille Hassina. C’est un peu comme une toile d’araignée : je suis côte à côte avec les jeunes et on fait en fonction de ce dont ils ont besoin. » Soutien à la scolarité, médiation familiale, aide à la réinsertion, démarches administratives, recherche de logement, accès aux soins : ils interviennent sur tous les fronts.
Pour les éducateurs, le partenariat avec d’autres structures du territoire est essentiel pour toucher des jeunes qu’ils n’auraient pas connus autrement : centres sociaux, collèges, lycées, Mission locale, BIJ, assistantes sociales. Des accompagnements collectifs ou individualisés peuvent être proposés ou encore des chantiers éducatifs pour leur permettre d’avoir une première expérience dans le monde professionnel.
Depuis l’arrivée des quatre éducateurs, près de 40 jeunes ont été accompagnés. Cet été, plusieurs sorties collectives sont prévues : lac, activités aquatiques, barbecues, karting. « Beaucoup ne partent pas en vacances l’été car les familles n’ont pas les moyens, déplorent les éducateurs. On veut qu’ils profitent, c’est dur de rester là tout l’été. »






























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