
Désormais, plus de 2 800 logements sociaux sont sur le point d’être sécurisés dans le cadre du PPRT de la Véllée de la chimie (photo Emmanuel Foudrot)
Un mois jour pour jour après l’explosion mortelle survenue dans un atelier d’Elkem Silicones, la Métropole réunissait la presse à Saint-Fons pour annoncer la fin de la sécurisation des logements sociaux situés dans le secteur à risques de la Vallée de la chimie. Entré en vigueur en 2016, le PPRT (Plan de prévention des risques technologiques) de cette vaste zone astreint le renforcement d’environ 8 300 logements répartis sur six communes (Feyzin, Irigny, Oullins-Pierre-Bénite, Saint-Fons et Vénissieux) dans un délai de onze ans.
Un an avant l’échéance, l’ensemble du parc social du périmètre est dans les clous. Les bailleurs sociaux ont réussi à sécuriser 90 % des 2 832 logements concernés en investissant plus de 10 millions d’euros. Pour les 10 % restants, le diagnostic est en cours, ou les travaux sont sur le point d’être lancés.
Pour Lyon Métropole Habitat, qui gère 27 résidences HLM dans ce PPRT, soit 940 logements, le coût d’opération représente 7,5 millions d’euros. « Tout a été fait entre 2020 et 2025 », souligne Pierre Ferrier, directeur patrimoine de LMH. Grâce à des vitres protégées, des menuiseries remplacées, des VMC adaptées, voire des pièces de confinement, l’ensemble des locataires sont désormais prémunis des dangers inhérents aux ondes de surpression, aux effets thermiques et aux intoxications.
Près de la moitié des propriétaires encore exposés
Si la réussite est totale pour l’ensemble des bailleurs, le bilan est bien plus contrasté pour les propriétaires de maisons individuelles et copropriétaires. Et pour cause : seulement 52 % des 5 477 logements privés sont sécurisés. « 850 autres sont en cours, précise Bruno Bernard, président écologiste de la Métropole de Lyon. On va arriver aux deux tiers mais ça reste insuffisant. »
Les travaux sont pourtant financés en intégralité, dans la limite de 20 000 euros par logement : 40 % sont à la charge de l’État sous la forme de crédit d’impôts ; le dispositif Sécuréno’v de la Métropole de Lyon subventionne 28 % de la facture ; la Région Auvergne Rhône-Alpes participe à hauteur de 2 % ; enfin, les industriels qui exploitent des sites classés Seveso « seuil haut » financent 30 % de l’enveloppe totale de 43 millions d’euros.
« Beaucoup de propriétaires n’osent pas, déplore Christian Duchêne, maire divers gauche de Saint-Fons. Certains s’épuisent à constituer des dossiers. D’autres n’aiment pas faire venir des entreprises chez eux. Le problème est aussi pécuniaire car il faut avancer l’argent. À Saint-Fons, l’objectif n’est pas atteint, avec tout juste 30 % de chantiers réalisés dans le privé. On fait pourtant le maximum pour solliciter les propriétaires, on va faire jusqu’à du porte-à-porte. »
Selon les élus, l’urgence est grande. Car la menace d’un désengagement de l’État plane. « Le dispositif de financement devait s’arrêter en 2024, déclare Pierre Athanaze, vice-président à la prévention des risques. Il a été prolongé de trois ans. Mais il pourrait très bien s’arrêter fin 2026. Il faudrait donc que tous les travaux soient financés cette année. »
L’exécutif métropolitain le répète : des facilités existent. « L’aspect financier ne doit pas être un problème, signale Renaud Payre, vice-président délégué à l’habitat. Nous avons des partenaires, comme SLCI Provicis qui avance l’argent. » « Les démarches se font directement sur le portail de la Métropole, rassure Pierre Athanaze. Dans les communes, des permanences existent pour aider les habitants à remplir les dossiers. »






























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