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Un hiver sous haute tension

Hausse des prix de l’électricité et du gaz naturel, craintes de ruptures dans l’approvisionnement et de coupures… L’hiver 2022/2023 est redouté par de nombreux particuliers et professionnels. Décryptage.

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ILS TÉMOIGNENT

Geneviève : « Les factures augmentent, pas les consommations »

Geneviève habite dans un vieil immeuble du quartier du Moulin-à-Vent, rue François-Gros. Elle se chauffe à l’électricité, et craint de voir ses factures exploser pendant l’hiver. « Mes radiateurs électriques sont assez anciens, ils consomment beaucoup, explique-t-elle. Je n’ai pas les moyens de les changer, du moins pas dans l’urgence, il faut que je puisse mettre la somme de côté auparavant. » Restée chez l’opérateur historique — « par méfiance, je ne crois pas aux belles promesses des entreprises qui se sont jetées sur le marché de l’énergie » —, elle constate depuis plusieurs années une hausse de ses factures, alors que ses consommations restent stables. « Avec mon défunt mari, nous avions l’habitude de regarder, à la fin de l’hiver, ce que nous avions consommé. Je le fais toujours, et je le vois, mes consommations n’augmentent que très peu. Pourtant, les factures elles suivent une trajectoire à la hausse. En 2017, je payais 130 euros d’EDF ; aujourd’hui, on approche les 200 euros. Et encore, je n’ai pas reçu ma facture de régularisation annuelle. Vu le contexte, je ne pense pas avoir le droit à un remboursement. Et j’ai peur de voir mes acomptes mensuels exploser… »

Sonia : « Pas les moyens de mieux isoler ma maison »

Sonia le constate, factures sur l’application de son fournisseur d’énergies à l’appui : depuis trois ans, elle paye, chaque année, un peu plus pour ses consommations de gaz naturel (pour le chauffage et l’eau chaude) et d’électricité (pour la cuisson et les appareils domestiques). Jusqu’à présent, elle s’acquitte de plus de 350 euros chaque mois pour l’énergie consommée par elle, son mari et leurs trois enfants.

« Je sais d’où vient le problème, assure-t-elle. Notre maison est mal isolée, et il y a des aérations qui laissent passer trop d’air dans certaines pièces. Alors, on se débrouille, on met des gros pulls en journée et j’ai acheté deux couettes pour les enfants. Mais dans l’idéal, il faudrait une rénovation. Sauf que nous n’en avons pas les moyens, même avec les aides proposées par l’État. Le reste à charge reste important, et nous ne pouvons pas nous endetter pour cela, avec le prêt immobilier et celui de la voiture, nous sommes au maximum de notre taux d’endettement. »

Hakim : « J’ai peur des coupures… »

La hausse des prix de l’énergie, Hakim, qui habite dans une copropriété du quartier Charréard, ne la craint pas… du moins, jusqu’à un certain point. « J’ai un peu de souplesse financière, explique-t-il, donc si les factures augmentent, je suis a priori en capacité de gérer. Par contre, il ne faudrait pas que ce soit comme en Belgique, où j’ai entendu parler de factures mensuelles de 700 ou 800 euros ! »

S’il n’imagine pas que cela puisse être le cas en France — « ce serait la Révolution ! » —, Hakim redoute en revanche d’éventuelles coupures. « Entre les problèmes d’approvisionnement en gaz naturel et le manque d’électricité, cela semble presque inévitable. Je dois avouer que ça me fait peur : ma maman est handicapée, et elle dépend d’appareils électriques pour certains gestes du quotidien. Concrètement, sans électricité, elle ne peut pas se relever seule de son lit. Elle ne peut pas non plus descendre du premier étage, où se trouve sa chambre. Comment s’en sortira-t-elle ? »

Maxime : « Je regrette d’avoir quitté EDF »

Attiré par les promesses de tarifs plus bas que les offres réglementées, Maxime, retraité, a quitté EDF pour un opérateur alternatif. S’il ne consomme que de l’électricité, ses échanges avec son fournisseur actuel ne sont pas de nature à le rassurer.

« J’ai discuté avec une conseillère, qui a été plus que prudente quant aux tarifs qui pourraient être appliqués dans les prochains mois. J’ai une petite retraite, je compte donc chaque dépense et je ne peux pas me permettre le moindre écart. Je regrette d’avoir quitté EDF, si cela n’avait pas été le cas, je saurais à quoi m’en tenir. J’ai lu dans la presse que certains opérateurs historiques conseillaient carrément de retourner sur une offre basée sur les tarifs réglementés. Je l’envisage fortement, au cas où. »

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