Covid-19 : peut-on échapper à un reconfinement ?

Durant la dernière quinzaine, la propagation du Covid-19 s’est accélérée, en France comme dans la Métropole de Lyon. À tel point qu’un reconfinement, au moins partiel, semble aujourd’hui de l’ordre du probable.
Les indicateurs sanitaires virent au rouge un peu partout sur le territoire, et notamment sur la Métropole de Lyon

D’hypothétique au printemps, la deuxième vague de l’épidémie de coronavirus est devenue une triste réalité, avec laquelle il faut chaque jour composer un peu plus. À la rentrée de septembre, c’est le masque qui s’est imposé dans la Métropole de Lyon dans les rues les plus fréquentées puis, quelques semaines plus tard, à toute heure et en tout lieu. Depuis le 16 octobre, l’agglomération lyonnaise est soumise à un strict couvre-feu, interdisant toute sortie entre 21 heures et 6 heures du matin — les 59 communes du Grand Lyon ont depuis été rejointes par toutes celles du département du Rhône. Certains lieux (bars, salles de sport, gymnases…) ont été fermés. Et la perspective d’un reconfinement, longtemps restée tabou pour le gouvernement, semble de moins en moins évitable, a minima le week-end (comme l’ont proposé des médecins lyonnais, avec un couvre-feu avancé en semaine) et localement, dans un premier temps.

Il faut dire que les chiffres sont alarmants. Nationalement, tout d’abord. Le 25 octobre, Santé Publique France annonçait 52 010 cas confirmés de Covid-19 supplémentaires en 24 heures. Le taux de positivité des tests s’affiche, pour sa part, à 17 %. En sept jours, 1 816 personnes de plus ont été admises en réanimation sur 12 176 hospitalisations. Et 116 décès en milieu hospitalier ont été recensés en 24 heures, pour un total, depuis le début de l’épidémie, de 34 761.

Un taux d’incidence qui grimpe en flèche

Localement, les données ne sont pas plus rassurantes. La Métropole de Lyon figure parmi les zones de France les plus touchées par le Covid-19. Le taux d’incidence, soit le nombre de nouveaux cas pour 100 000 habitants sur une semaine, s’y affiche à 747,6. C’est bien supérieur à la moyenne nationale qui n’est « que » de 463,9. Le tout, avec un taux de positivité des tests de l’ordre de 23,2 %, à comparer à 13,8 % à l’échelle de la France.

Dans le détail, à Vénissieux comme dans de nombreuses communes du département, tous les indicateurs ont viré au rouge écarlate. Le taux d’incidence, on l’a vu, dépasse les 500. Le taux de dépistage (le nombre de tests réalisés pour 100 000 habitants) est supérieur à 2 500. Le taux de positivité (le nombre de tests positifs rapporté au nombre de tests effectués) s’affiche au-dessus de 15. Autant de seuils dépassés, ici comme ailleurs, qui ont contribué à l’instauration d’un couvre-feu dans la Métropole.

Dans les hôpitaux, l’inquiétude est palpable : à quel point les services d’urgence seront-ils saturés dans les prochaines semaines ? Déjà, l’Agence régionale de santé (ARS) a demandé, mi-octobre, aux établissements publics et privés de l’Isère, de la Loire et du Rhône, de procéder à des déprogrammations pour les 15 prochains jours. « À la date du 15 octobre, 1 567 personnes sont hospitalisées dans la région pour Covid-19 (571 dans le Rhône, 307 dans la Loire, 242 en Isère) dont 254 sont en service de réanimation ou de soins intensifs (112 dans le Rhône, 49 dans la Loire, 36 en Isère), relevait notamment l’ARS. Actuellement [au 15 octobre, NDLR], 671 lits de réanimation sont ouverts dans la région contre 559 habituellement avec une possibilité d’armer jusqu’à 1 300 lits mais qui supposerait une déprogrammation complète des activités au profit du Covid-19. »

De fait, les prochains jours seront déterminants : les effets — ou l’absence d’effets — du couvre-feu devraient commencer à être visibles sur les courbes de propagation du Covid-19 d’ici la fin de cette semaine, au mieux. « Si nous ne réussissons pas collectivement à juguler l’épidémie, nous devrons envisager des mesures beaucoup plus dures. Il est encore temps de l’éviter. Il ne nous reste plus beaucoup de temps », a indiqué le Premier ministre, Jean Castex, jeudi dernier. La Métropole de Lyon, qui serait vraisemblablement parmi les premières concernées en cas de durcissement de la lutte contre le coronavirus, est prévenue.

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