Michèle Picard : « Le seul vote utile et efficace à gauche, c’est nous »

Alors que la France entière était dans l’attente des annonces du président Macron sur l’épidémie de Covid-19, la liste de Michèle Picard tenait meeting, jeudi soir. Malgré ce contexte très particulier, quelque 200 personnes ont assisté à la réunion publique.

Les flacons de gel hydro-alcooliques disposés à l’entrée de la salle Joliot-Curie, ce jeudi soir, donnaient le ton du meeting de la liste conduite par Michèle Picard avant le premier tour des municipales. Au moment de se saluer, parmi les 200 personnes venues soutenir le maire sortant dans ce contexte très particulier, on observait encore quelques bises et poignées de mains bravaches, mais la majorité se contentait d’un salut de loin ou d’un « check » du coude. En attendant l’intervention imminente du président Macron, toutes les conversations tournaient autour d’une seule question : les municipales seront-elles maintenues ?

C’est donc sans savoir si l’on voterait dimanche que les intervenants se sont succédé à la tribune. La première à prendre la parole était Gisèle Puthoud, syndicaliste au centre hospitalier des Portes du Sud. « La casse du système de santé a été si importante ces dernières années que je ne sais pas si l’on pourra faire face », déclarait-elle, avec une inquiétude non feinte, avant d’apporter un soutien franc à Michèle Picard pour son « engagement constant dans la défense des services publics ».

Suivaient un responsable associatif, une directrice d’école, une militante culturelle… Autant d’interventions qui soulignaient la « différence » vénissiane dans les moyens mis en œuvre pour les services publics de proximité. « Des choix politiques forts qui accompagnent nos enfants tout au long de leur scolarité », résumait Aurélie Boy, une parente d’élève.

« Faire barrage à toutes les droites »

« Les élections à venir représentent des enjeux essentiels pour notre territoire, soulignait Michèle Picard en introduction d’un discours d’une quinzaine de minutes. À Vénissieux, toutes les droites rêvent de s’emparer de notre ville parce qu’elle représente l’esprit de résistance, de solidarité, une ville qui se bat et ne lâche rien. Ils sont prêts à tout pour mettre fin à la gestion progressiste de notre ville. »

La candidate de la gauche rassemblée a concentré ses attaques sur Yves Blein, « qui ne sait plus sur quel pied danser, hollandiste sous Hollande, macroniste sous Macron, et sans étiquette quand la colère gronde contre la politique de Macron ». Puis sur Christophe Girard dont « le rêve est de faire tomber la ville à n’importe quel prix, quitte à s’allier avec l’extrême droite ». Avant d’alerter sur le danger que représente le Rassemblement national, représenté localement par Damien Monchau : « Il n’y a qu’à voir comment le RN gère les villes qu’il dirige. Des pans entiers de service public sont délaissés, les prestations confiées aux entreprises privées explosent, les subventions aux associations sont en berne. »

Sur le thème de la sécurité, qui aura été au centre de cette campagne des municipales, l’élue communiste a dénoncé la « surenchère » de ses adversaires, mais aussi leur « incompétence » : « Christophe Girard propose de relier les caméras de vidéosurveillance à un centre de supervision, il ne sait même pas que c’est déjà le cas ; quant à M. Blein, il veut verbaliser les comportements routiers anarchiques, lui aussi visiblement ne sait pas que nous avons mis en place la vidéo verbalisation depuis bientôt trois ans. »

Le maire sortant s’est également inscrit en faux contre l’idée, martelée par ses adversaires, que Vénissieux serait sectaire, isolée et peu attractive au niveau métropolitain : « De nouvelles entreprises s’installent comme Carso, le technicentre SNCF, Ikea, Nissan et BMW sur le pôle automobile… L’attractivité de notre territoire est une réalité. Nous actionnons tous les leviers pour favoriser l’emploi des Vénissians. »

Pour Michèle Picard, l’objectif les 15 et 22 mars prochains est de « faire barrage à toutes les droites et à l’extrême droite ». « Le seul vote utile et efficace à gauche, c’est nous », a-t-elle conclu.

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