Un dernier conseil avant l’élection

Deux sujets majeurs étaient à l’ordre du jour du dernier conseil municipal du mandat : le budget 2020 et le programme de renouvellement urbain du quartier Minguettes-Clochettes.

Les élus vénissians étaient appelés ce lundi 3 février à valider le budget 2020, décider du niveau de la fiscalité locale, et voter les subventions aux associations et établissements publics rattachés à la ville. Un « paquet financier » classique pour le premier conseil municipal de l’année. Sauf que ce conseil était aussi le dernier de la mandature avant les élections municipales des 15 et 22 mars prochains. Et certains dans l’opposition, à l’image de Christophe Girard et Lotfi Ben Khelifa, ont regretté que le budget soit soumis au vote sans attendre le résultat des urnes. Mais Vénissieux ne fait pas exception en la matière. La grande majorité des communes agit ainsi.

Le débat autour du budget 2020 a été la copie conforme de celui du 17 décembre dernier sur les orientations budgétaires. L’adjoint aux finances, Bayrem Braïki, a décrit « une situation saine, équilibrée, avec de réelles possibilités d’agir pour l’avenir ». De fait, en dépit d’une baisse importante des dotations de l’État au cours du mandat 2014-2020, Vénissieux est parvenue à réduire son endettement et maintenir ses capacités d’investissement (un peu plus de 14 millions d’euros sont prévus en 2020), tout en gelant les taux de fiscalité depuis 2016 (après une hausse de 5 %).

« L’heure est au sérieux budgétaire »

Si l’opposition, notamment l’UDI, a pointé un manque d’investissement dans les équipements publics, les chiffres présentés par la majorité municipale reflètent une gestion rigoureuse. Mais ils ne présentent en rien une garantie pour l’avenir. Le maire, Michèle Picard, puis sa première adjointe, Yolande Peytavin, n’ont d’ailleurs pas manqué de le souligner. Face au tour de vis imposé par l’État, face aux incertitudes sur le maintien des compensations financières après la suppression de la taxe d’habitation, la prudence reste de mise. « L’heure n’est pas aux promesses mensongères ni aux solutions miracles démagogiques, a déclaré le maire, l’heure est au sérieux budgétaire et à l’anticipation de probables contraintes. » Et sa première adjointe de s’interroger : « Jusqu’à quand le niveau de service que nous offrons à la population pourra-t-il être maintenu ? […] Tout se passe comme si le gouvernement voulait faire des communes des fusibles pour les politiques d’austérités menées au niveau national. »

Minguettes-Clochettes : un projet à 455 millions

L’approbation du nouveau programme de renouvellement urbain (NPNRU) du secteur Minguettes-Clochettes constituait l’autre « gros morceau » de ce conseil. L’expression s’impose s’agissant d’un projet de plus de 450 millions d’euros, qui va se déployer sur les quinze prochaines années. Impossible de détailler ici l’imposant contenu de ce projet auquel nous avions consacré un dossier spécial l’été dernier, juste avant que les élus de Vénissieux, Saint-Fons et la Métropole n’aillent défendre leur copie à Paris, devant l’agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU).

À l’issue de ce rendez-vous, l’ANRU a décidé d’accorder 134 millions d’euros sur un maximum possible de 180. Sur l’ensemble des travaux prévus, trois chantiers n’ont pas reçu le soutien de l’agence nationale : la démolition-reconstruction de la piscine Delaune, la création d’une halle couverte pour le marché de Monmousseau, et la construction d’une nouvelle Maison des fêtes et des familles. « Nous le regrettons évidemment, mais c’est déjà une somme énorme », a considéré Pierre-Alain Millet pour le groupe des élus communistes. « Cet engagement important est cinq fois supérieur à celui pris pour la première phase du PNRU entre 2005 et 2015. C’est le projet le plus conséquent sur le territoire du Grand Lyon », a fait valoir Idir Boumertit (LFI), adjoint au maire en charge du Grand projet de ville.

L’opposition s’est abstenue, à l’exception du groupe de Christophe Girard qui a approuvé la délibération, tout en estimant que la somme obtenue était le signe d’un « fiasco ». Mais selon l’élu de droite, plus que de financements, c’est d’une « dynamique sociale » que manque la Politique de la ville. Précisant sa pensée, l’ex-villiériste a pourfendu « la gauche [qui] a toujours sapé les repères sociétaux, en premier ceux de la famille et de l’éducation, mais aussi de notre culture, faisant le lit du communautarisme ».

« J’ai l’impression d’entendre Maréchal nous voilà« , a ironisé Pierre-Alain Millet.

 

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