Au conseil municipal : quel taux de logement social dans les reconstructions ?

Les élus ont approuvé le 14 octobre la signature d’une convention avec la Métropole qui encadre la rénovation urbaine sur le Plateau. Le débat a porté sur le « taux acceptable » de logement social à reconstruire.

Avec ses 380 pages, le document en impose. Pour sa présentation, Idir Boumertit, adjoint au maire en charge du Grand projet de ville, s’est contenté d’en rappeler les contours. Un exemplaire avait été remis en amont à chaque président de formation politique du conseil municipal. À la quasi-unanimité (le socialiste Lotfi Ben Khelifa ayant choisi de s’abstenir), les élus ont approuvé la convention cadre qui fixe les politiques publiques mobilisées par la Métropole dans les quartiers prioritaires. Habitat, déplacements, économie, marketing territorial, énergies… Le spectre est large. Sont concernés les 14 secteurs de la métropole lyonnaise qui feront l’objet d’opérations de renouvellement urbain. Dans le Grand Lyon, on compte six sites d’intérêt régional et huit sites d’intérêt national, dont Vénissieux.

Au début de l’été, les Villes de Vénissieux et Saint-Fons avaient été reçues à Paris à l’Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU) pour défendre les grandes orientations du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) du quartier Minguettes-Clochettes*. Cet immense chantier, qui redessinera le Plateau à l’horizon 2035, prévoit un quartier à l’habitat plus diversifié, plus dense — 30 000 habitants selon les projections —, plus vert, plus accessible et ouvert sur le centre-ville, avec plus de commerces et de services. Une fois le budget — 555 millions HT — et les orientations validés par l’ANRU, il appartiendra aux habitants de le faire évoluer via des processus de concertation.

« L’objectif principal du nouveau programme de rénovation Minguettes-Clochettes est de désenclaver les quartiers du Plateau entre eux, de réussir l’accroche et la jonction avec le centre-ville et l’agglomération lyonnaise, et bien évidemment d’améliorer la qualité des logements et le cadre de vie des habitants, a rappelé le maire, Michèle Picard. Il faut adopter une vision d’ensemble du projet, qui n’en est qu’à ses débuts, où les opérations de démolition, reconstitution, construction et réhabilitation de logements ne peuvent être dissociées ».

Les Vénissians attachés à leur ville

Mais c’est surtout le « taux de reconstruction acceptable » qui a nourri les débats. Car dans les communes comptant plus de 40 % de logements sociaux comme Vénissieux, la loi prévoit qu’un logement social sur deux ne peut être reconstruit. Ce qui a poussé la Ville à demander une dérogation — prévue par les textes. « Il faut cesser de penser le logement social en termes de quotas à ne pas dépasser car cette réalité du chiffre ignore l’attachement des habitants au quartier dans lequel ils ont bâti leur vie et élevé leurs enfants, a justifié le maire. 62 % des Vénissians qui veulent changer de logement souhaitent rester dans le même quartier. »

« En gros, vous avez une règle qui permet de diminuer le pourcentage de logements sociaux, mais vous vous débrouillez quand même pour la contourner et continuer à construire des logements sociaux là où tout le monde constate qu’il ne faut plus en construire, a accusé Lotfi Ben Khelifa (PS). Mais pourquoi vous obstinez-vous à vouloir à tout prix ajouter de la misère à la misère ? » Même son de cloche du côté de Christophe Girard (divers droite) qui pointait « une volonté désastreuse de concentrer la misère et d’aller contre la mixité sociale ».

A contrario, pour Pierre-Alain Millet (PCF), la Ville « défend le droit des habitants à choisir leur quartier et leur type de logement ».

« Nous souhaitons que les Vénissians soient entendus et qu’un projet novateur puisse voir le jour pour faire naître un quartier digne du XXIe siècle, assurait pour sa part Maurice Iacovella (UDI). La convention cadre affiche clairement cette volonté ».

 

 

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