Enquête Ipsos : Vénissieux vue par les Vénissians

Cette enquête Ipsos bat en brèche pas mal d’idées toute faites : près des trois-quarts des Vénissians sont satisfaits de vivre à Vénissieux (73 %), et 61 % estiment que le travail effectué par la municipalité ces dernières années est positif.

Réalisé à la demande de la municipalité par l’institut spécialisé Ipsos Public Affairs, auprès d’un échantillon représentatif de quelque 500 Vénissians, ce sondage succède à quatre autres enquêtes du même type effectuées en 1994, 1996, 2003 et 2012. Il donne un résultat bien différent de l’image négative de Vénissieux que certains se complaisent à propager.

Principal enseignement de l’étude, les Vénissians sont très majoritairement satisfaits de vivre dans leur commune (73 %, dont 23 % de « très satisfaits »), tandis que moins d’un tiers des personnes interrogées ne sont pas contentes d’y vivre (dont 11 % de « pas du tout »). « Ce n’est pas un hasard, estime Michèle Picard, maire de Vénissieux. C’est bien parce qu’ils y trouvent des services publics performants, en termes de transport, de santé, d’éducation, en matière de cadre de vie, de solidarité, de culture et de sport, qui répondent à leurs attentes ».

Dans le détail, ce sont les habitants des quartiers Centre/Gabriel-Péri qui plébiscitent leur commune (84 %), suivis par ceux des quartiers Joliot-Curie, Moulin-à-Vent, Ernest-Renan et Georges-Lévy (78 %). Les moins enthousiastes (61 % de satisfaits tout de même) habitent dans les quartiers Max-Barel/Charréard et Pasteur.

Amélioration de la qualité de vie

Jetant un coup d’œil dans le rétro, près d’un habitant sur deux (43 %) estime que la qualité de vie s’est améliorée ces dernières années à Vénissieux, alors que 32 % jugent qu’elle n’a pas changé et 23 % qu’elle s’est plutôt détériorée. Ce qui a le plus contribué à améliorer la vie des Vénissians ? Spontanément, 51 % répondent « les transports », 39 % évoquent l’aménagement urbain (construction de logements, rénovation des quartiers…), 30 % l’arrivée de commerces de proximité. Ce qui contribue le plus à dégrader la qualité de vie, selon les 23 % de mécontents : l’insécurité pour 65 %, le manque de tranquillité (35 %), l’aménagement urbain (16 %).

Ipsos a demandé aux Vénissians d’évaluer le travail effectué par la municipalité au cours de ces dernières années. Ils sont 61 % a estimer qu’il est positif (10 % le trouvant même « excellent »), tandis que 32 % le jugent négatif (dont 11 % « médiocre »). L’action menée à Vénissieux suscite avant tout l’indifférence (41 %) ou le soutien (40 %), mais peu d’hostilité (17 %). Dans le détail, l’action de la municipalité est jugée majoritairement positive dans la plupart des domaines (transports, environnement, activités sportives et culturelles, propreté…). Concernant les projets et les réalisations de la Ville, les habitants jugent utiles la rénovation urbaine des Minguettes (à 85 %), l’ouverture du centre nautique intercommunal (81 %), la construction d’une nouvelle cuisine centrale (73 %) et de l’école Flora-Tristan (66 %), l’aménagement du Puisoz (68 %)…

La sécurité, préoccupation majeure

Le sondage d’Ipsos confirme, en les précisant, les préoccupations majeures des Vénissians, préoccupations qui apparaissaient lors des précédentes enquêtes et dans les réunions publiques. Il comporte aussi quelques surprises. Côté confirmations, la sécurité constitue toujours la première préoccupation des Vénissians. Elle est citée en premier dans 64 % des réponses à la question « de quels domaines la municipalité devrait-elle s’occuper en priorité dans les prochaines années ? ». Viennent ensuite les domaines du logement (38 %), de la circulation et du stationnement (36 %), de la propreté (32 %) et l’aide sociale (24 %). Ici, le sondage confirme des préoccupations qui s’expriment dans les assemblées générales des conseils de quartier et bien des réunions publiques.

À noter que le logement est un domaine moins cité comme une priorité cette année que lors de la précédente consultation (38 % en 2018 contre 42 % en 2012), tout comme le développement économique de la ville (23 % contre 33 % en 2012) et les transports en communs (16 % contre 20 %). Un signe que ces domaines ont fait l’objet d’améliorations en six ans ?

Jeunes et vieux pas du même avis

Les surprises proviennent d’une analyse plus fine des résultats en observant les tranches d’âge et les quartiers de la commune.
Certaines réponses sont très différentes selon les âges. Vénissieux est une ville jeune, avec 31,4 % de moins de 20 ans, alors que cette population ne représente même pas un quart des habitants en Auvergne Rhône-Alpes. Or, les 18-24 ans sont les plus nombreux à exprimer leur satisfaction de vivre à Vénissieux : 80 % ! Un taux qui « retombe » à 68 % chez les plus de 60 ans.

Cet écart se retrouve sur l’évolution de la qualité de vie ces dernières années. Pour 43 % de l’ensemble des sondés, elle s’est améliorée, tandis que 23 % pensent l’inverse (et 32 % que ça n’a pas changé). Dans le détail, les 18-24 ans sont deux fois plus nombreux que leurs aînés de 60 ans et plus à penser que ça va mieux.
Autre sujet où les générations ne sont pas sur la même longueur d’onde, les logements sociaux à Vénissieux : 44 % des seniors pensent qu’il y en a trop, tandis que 38 % des 25-34 ans trouvent qu’il n’y a pas assez. Cette répartition reflète la difficulté à se loger pour les plus jeunes, préoccupation rarement entendue lors des réunions publiques, peu fréquentés par la jeunesse…

Enfin, la sécurité est, elle aussi, vécue différemment selon l’âge. La situation s’améliore selon 43 % des 18-24 ans, tandis que les plus de 60 ans sont les plus nombreux à trouver qu’elle se détériore.

Au final, à quoi va servir ce sondage ? Pour Michèle Picard, « cette enquête est un document de travail et de réflexion. Elle vient compléter le bilan de mandat, et ce que les habitants nous font remonter. Alors que les nouvelles contraintes qui pèsent sur les collectivités auront des conséquences, en nombre de fonctionnaires et de missions, nous voulons avoir avec les Vénissians un débat franc, direct, ce que l’on va pouvoir faire, prioriser ou développer, pour mieux répondre à leurs besoins ».

 

Les Minguettes positivent

Souvent stigmatisées dans les médias au moindre fait divers, les Minguettes prennent le contre-pied des idées reçues : c’est dans ce quartier que le sentiment d’amélioration de l’image et de la réputation de Vénissieux est le plus fort : 66 % des sondés qui habitent sur le plateau partagent cette opinion, contre 53 % pour le total des personnes interrogées sur la commune. Les effets d’une politique volontariste de rénovation urbaine ?On retrouve ce décalage en positif sur la question de la qualité de vie : si 43 % de l’ensemble des Vénissians interrogés estiment qu’elle s’est améliorée ces dernières années, les habitants des Minguettes sont 55 % à le penser. Même chose sur la sécurité, où ils sont plus nombreux que les autres à trouver qu’elle s’améliore (44 % contre 29 %). Un paradoxe, alors que le quartier abrite la plus grande partie des trafics et des atteintes à la sécurité des biens et des personnes ? Pour Michèle Picard, ce résultat provient probablement du constat fait par les habitants d’une plus grande présence policière depuis l’obtention par la ville du classement du quartier en Zone de sécurité prioritaire (ZSP) en 2013. « Ce qui me conforte dans ma demande de faire bénéficier les Minguettes du nouveau dispositif de Police de sécurité du quotidien », analyse le maire.

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