Chat s’en va et chat revient

Une campagne de stérilisation des chats errants a lieu jusqu’au 17 juin dans le quartier Léo-Lagrange aux Minguettes. Attrapés, ils sont tatoués et opérés, puis relâchés à l’endroit de leur capture.

Les chats, c’est mignon, et même adorable quand c’est chaton. Pas seulement sur les réseaux sociaux, où ils font un carton à chaque apparition : ils sont plus de 13,5 millions dans les foyers français (contre 7,3 millions de chiens)*. À ce chiffre déjà élevé, s’ajoute la population des chats errants, qui sont presque aussi nombreux : plus de 10 millions en France selon les estimations de la sénatrice Marie-France de Rose en mai 2017.

Ces chats errants, souvent nés dans la rue, sont aussi appelés « harets » ou « chats libres » pour les différencier des chats sauvages, une espèce à part. Ces petits vagabonds sont nombreux en ville, profitant des taillis dans les espaces verts, des caves ouvertes et de la générosité des amis des bêtes… « Regardez comme ils sont maigrichons, mes voyous », constate Yves, un sac de croquettes à la main. Retraité, il vient souvent nourrir les chats du parking Marcel-Paul, juste sous le panneau qui demande de ne pas déposer de nourriture… « C’est peut-être interdit, mais c’est plutôt ceux qui abandonnent leurs animaux qui devraient être punis. »

L’enfer de la saison des amours !

Bien sûr, ces chats des villes, on les trouve nettement moins sympathiques à la saison des amours, quand les miaulements des femelles en chaleurs et les feulements des matous qui se bagarrent vous vrillent les nerfs… « Ça me glace le sang, ces cris, confie Sonia, une habitante de la rue Maxime-Gorki. Et puis les odeurs d’urine quand les mâles marquent leur territoire, c’est dégoûtant. » C’est d’ailleurs sur la base de plainte des habitants que sont menées les campagnes de prélèvement et de stérilisation des chats. Initiées en 2014, la dernière en date se déroule jusqu’au 17 juin dans le quartier Léo-Lagrange, aux Minguettes.

Deux drôles de « trappeuses »

Depuis le 7 mai, à l’heure du dîner, Monique et Sylvie arpentent le quartier, une drôle de cage à la main. Une fois celle-ci déposée dans un bosquet, les deux femmes attendent en bavardant à voix basse… La cage est munie d’un dispositif de fermeture à distance, bricolé par le cousin de Sylvie à partir d’une télécommande de portail ! Dans la cage, une gamelle avec du saumon. « Dès que le chat entre, on referme la trappe. Ensuite on file chez l’un des deux cabinets vétérinaires en convention avec la ville, qui opèrent le minet le lendemain matin. L’intervention est payée par la SPA de Lyon. Deux jours plus tard, on les ramène sur le lieu de leur capture ! »

Bénévoles, les deux drôles de “trappeuses” sont des amoureuses des chats. Sylvie, qui vit dans une maison à la campagne, en a même sept chez elle, tandis que Monique, qui habite un appartement aux Minguettes, n’en a “que” deux. « Les stériliser protège les chats, qui se battent moins, donc se blessent moins, raconte Monique. On a aussi remarqué que lorsqu’ils proliféraient, ils étaient victimes d’actes de malveillance. »

Huit petits par an

C’est aussi une question d’équilibre de la biodiversité (les félins sont de grands prédateurs de passereaux) et de salubrité publique. « À l’homme, les chats errants ne peuvent transmettre que des puces, mais ils sont des vecteurs de maladies pour les chats domestiques, telles que la gale, le typhus félin, le virus de l’immunodéficience féline », explique Franck Guibert, inspecteur de salubrité au service communal d’hygiène et de santé.

“Entiers”, les chats se reproduisent rapidement. Une chatte peut avoir deux portées de quatre petits par an et donc jusqu’à sept ou huit chats, qui seront eux-mêmes matures sexuellement dès l’âge de 6 mois ! « La stérilisation permet de réguler simplement et efficacement leur reproduction et évite les désagréments, permettant ainsi à l’homme et à l’animal de nouer une cohabitation paisible », note Franck Guibert. En effet, l’objectif de ces campagnes n’est pas de faire disparaître les chats errants, comme on l’entend dire parfois, mais de stabiliser leur nombre. « Nous avons besoin de ces animaux, qui ont une utilité dans la régulation des populations de nuisibles tels que les rongeurs et les pigeons. »

Bredouilles

À l’heure où nous rédigeons ces lignes, Sylvie et Monique sont rentrées bredouilles de quasiment toutes leurs expéditions. « C’est bon signe, ça veut dire que la population est stable, explique Sylvie. En 2014 puis en 2015, on avait stérilisé 70 chats, donc il ne reste plus beaucoup de mâles ou de femelles fertiles. Et ceux que nous avons déjà attrapés se méfient ! » Chat échaudé craint l’eau froide, dit le proverbe. Et « chat déjà pris évite Sylvie »…

* Enquête Facco//Kantar TNS (2016)


Depuis 2014, 11 campagnes de stérilisation ont été menées à Vénissieux (Parilly, Moulin-à-Vent, Minguettes, Charréard, Max-Barel). Elles ont permis de stériliser et de tatouer 133 félins. À Léo-Lagrange, 70 chats ont été traités en quatre campagnes.

VOUS AIMEZ VOTRE CHAT ? OFFREZ-LUI UNE PUCE ! La loi considère que « tout chat dont le propriétaire n’est pas connu et qui est saisi sur la voie publique ou sur la propriété d’autrui » est « en état de divagation », et peut être mis en fourrière. Si l’animal n’est pas identifié (tatouage, puce électronique, collier avec coordonnées), il sera relâché quelques jours après sa capture, au même endroit, mais un peu… amoindri.
Renseignements : Service communal d’hygiène et de santé 04 72 21 44 10

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *