12 millions pour les tours du Monery

Le mois prochain, la Sacoviv lance la réhabilitation des quatre tours du Monery, pour un montant de 12 millions d’euros. Construites au début des années soixante-dix, elles souffrent notamment d’une isolation thermique dépassée.

C’est une opération d’envergure, dont le budget dépasse les douze millions d’euros. Les quatre tours du Monery vont être réhabilitées par leur propriétaire, la Sacoviv. Le lancement des travaux aura lieu début juillet, avec une fin programmée pour octobre 2020. Objectif : améliorer le confort des 287 logements et diminuer les charges de chauffage de ses 700 habitants, qui vivent dans des tours construites au début des années soixante-dix.

« Locataires et bailleurs, nous faisons tous le constat de la très mauvaise isolation thermique des bâtiments, que ce soit au niveau des murs ou des fenêtres, explique le directeur, Thierry Baudoux. Nous allons aussi doter chaque tour de sa propre chaufferie. Actuellement, c’est une chaufferie centrale qui raccorde l’ensemble des immeubles. Ce système provoque, d’une part, une déperdition de chaleur dans le réseau et, d’autre part, lorsque nous devons couper le chauffage pour une tour, les trois autres sont coupées en même temps. Ce qui ne sera pas le cas à l’avenir”.

Loyer en hausse contre baisse des charges

Dans les quatre bâtiments, une nouvelle isolation des façades et des toitures de terrasses verra le jour. Fenêtres, volets et radiateurs seront changés, tout comme les ampoules des parties communes, remplacées par des leds. D’autres travaux seront effectués : l’amélioration de la sécurité des installations électriques, le remplacement des éviers et de leurs meubles, le changement des blocs WC, la création d’alimentations en eau pour les lave-linge et lave-vaisselle. La tour 22 bénéficiera pour sa part de brise-soleil sur les balcons, de volets dans les pièces de vie et de nouvelles portes palières ou de placards. Dans les trois autres tours, le bailleur remplacera les baignoires et lavabos usés, les baignoires seront remplacées par des douches dans chaque T2 et certains T3. Et toutes les salles de bains seront refaites du sol au plafond.

Les travaux ont fait l’objet d’un accord entre le bailleur et les locataires, qui verront leur loyer augmenter de 11 %. Par exemple, pour un T3, il passera de 330 à 366 euros brut mensuels. “Nous avons des loyers plutôt bas, très loin du loyer plafond, fixé par une convention avec l’État à 436 euros pour un T3, souligne Thierry Baudoux. Mais les locataires verront leurs charges de chauffage baisser en moyenne de 14 à 24 euros, toujours pour un T3.”

 

Questions à Pierre-Alain Millet, président de la Sacoviv

« La Sacoviv maîtrise son avenir »

La réhabilitation entraînera une augmentation de loyer de 11 %. Était-ce nécessaire ?
Oui, pour compléter le financement des travaux. À 366 euros bruts mensuels pour un T3, les loyers resteront bas et cette hausse est somme toute mesurée par rapport au gain attendu des travaux, notamment sur les charges de chauffage. Le programme et son coût ont fait l’objet de nombreuses discussions avec les locataires, une large concertation. L’accord collectif local a été approuvé par 83 % des locataires votants. La très grande majorité des résidents trouvent positif que la Sacoviv s’engage dans l’amélioration de leur cadre de vie.

Les organismes HLM publics dénoncent les conséquences de la loi « Elan » sur leurs capacités financières. Ont-elles eu un impact sur l’opération de la Sacoviv au Monery ?
Nous estimons que cette loi entraînera une perte de 850 000 euros de recettes annuelles, l’équivalent de 13 % des loyers. Le pire, c’est que les bailleurs sont laissés dans le flou car les modalités précises ne sont toujours pas connues… Au Monery, notre projet prévoyait de détourner la rue Beethoven, qui passe actuellement entre les immeubles, pour créer un espace de tranquillité au cœur du quartier. Ça ne pourra pas se faire lors de ce chantier. C’est dommage pour l’accessibilité, le stationnement, les jeux d’enfants, mais nous n’abandonnons pas le projet, et dans deux ans, nous reprendrons le plan stratégique du patrimoine pour trouver une solution.

Certains organismes HLM sont menacés dans leur existence même par ces mesures. Ce n’est pas le cas de la Sacoviv ?
Non. Les mesures gouvernementales ont un coût important, mais nous sommes au-dessus de la taille critique, et nous bénéficions d’un très faible endettement, ce qui est un atout pour renégocier des emprunts, par exemple. Mais cela nous oblige tout de même à regarder tous les postes de dépenses, de la masse salariale à la maintenance. Notre gestion permet à la Sacoviv de maîtriser son avenir. Notre « plan stratégique » programme, sur 10 ans, de nouvelles réalisations et la réhabilitation de son parc, au Monery, au Couloud, à Croizat puis Duclos et Barel. Au Monery, en même temps que nous rénovons quatre tours, notre programme Adagio sort de terre, avec 50 logements neufs, et nous avons encore deux parcelles constructibles. La Sacoviv fait la preuve qu’il est possible de faire vivre le logement social.

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