Législatives : la 14e, une circonscription très disputée

Dix-sept candidats déclarés pour le siège de député, dont l’un a déjà jeté l’éponge. À trois jours du 1er tour, présentation des postulants et de leurs propositions, zoom sur la 14e circonscription, mode d’emploi du scrutin et rappel du rôle de l’Assemblée nationale.

Les candidats sont présentés dans l’ordre du tirage au sort organisé par la préfecture du Rhône le 19 mai.

Véronique Giromagny (Europe écologie – Les verts)
53 ans, ingénieur, Corbas
Suppléant : Zafer Girisit
« Entre autoroutes et rocade, des grandes terres aux zones urbaines, pour un développement diversifié et contre le déclassement de nos banlieues. Entre A7, rocade Est, boulevard périphérique et A43, nous subissons les pressions de la ville centre. Les villes se densifient avec de nouvelles constructions et les bouchons augmentent, dégradant l’air, augmentant les temps et conditions de déplacements. Il nous faut relever le défi du mieux vivre dans nos banlieues… »

Béatrice Decrept (divers droite)
Malgré des nombreuses sollicitations, cette personne n’a pas donné suite à nos demandes d’information sur sa candidature et ses propositions.

Yves Blein (La République en marche)
63 ans, maire de Feyzin, député sortant
Suppléante : Soundes Boujday
« Il faut poursuivre le travail engagé pour permettre à notre pays de retrouver ce qui a toujours fait sa grandeur : son dynamisme économique et culturel, son sens de la solidarité, son ambition pour l’Europe et pour un monde plus juste. Socialiste, j’ai été investi par le mouvement « En marche » d’Emmanuel Macron car je partage sa vision européenne et réformatrice pour notre pays. Pour que notre nouveau président puisse agir, les Français doivent lui donner une majorité en votant pour les candidats qui s’engagent à le soutenir. »

Thierry Dussud (Union des patriotes – extrême droite)
Malgré des nombreuses sollicitations, cette personne n’a pas donné suite à nos demandes d’information sur sa candidature et ses propositions. Thierry Dussud est candidat de l’Union des patriotes, mouvement récemment créé par Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national.

Valérie Bridon (Mouvement des progressistes)
48 ans, Infirmière, Vénissieux
Suppléante : Jocelyne Houari
« C’est en qualité de citoyenne engagée que je me présente sur la 14e circonscription. Mon objectif de servir le bien commun m’a conduite à soutenir les valeurs de progrès humain, social et environnemental. Dans un contexte de renouveau de la vie politique, j’ai rejoint le Mouvement des progressistes dont je partage les priorités notamment la défense d’une fonction publique forte, dans le cadre d’une économie soucieuse de solidarité et ouverte sur le monde. Seule, une alliance des forces de gauche peut permettre de constituer une opposition constructive au niveau local et national. »

Maurice Iacovella (Union des démocrates et indépendants-Les Républicains)
67 ans, entrepreneur retraité, Vénissieux
Suppléante : Stéphanie De Agostini
« Quatre chantiers prioritaires sont à mettre en œuvre : une économie libérée au service du plein-emploi ; un enseignement et une formation en phase avec les besoins de la société ; un État performant ; une puissance européenne. Valorisons nos précieux atouts ! La 14e circonscription a un immense besoin de vitalité et de changement. Mais d’abord il nous faut restaurer la confiance. Halte à l’exaspération. Halte au déclinisme ambiant. Halte à la tyrannie du court terme. Osons les réformes sans cesse reportées. »

Damien Monchau (Front national)
30 ans, fonctionnaire de police, Vénissieux
Suppléant : Kevin Naamane
« Notre projet politique défend les intérêts de la France et des Français en priorité. Je précise : Français, c’est une nationalité, pas une couleur de peau ou une origine. Trois axes majeurs. Travail : aider les PME-PMI ; créer une prime de pouvoir d’achat financée par une taxe de 3 % sur les importations. Sécurité : stopper l’ensauvagement du pays pour retrouver une France sûre ; réarmer la police humainement, matériellement, juridiquement. Justice : créer 40 000 places de prison et expulser les détenus étrangers. »

Michèle Picard (Parti communiste français)
50 ans, maire de Vénissieux
Suppléant : Kamal Ahamada
« La gauche que j’incarne refuse le libéralisme que l’on veut nous imposer, de force ou par peur. C’est une gauche exigeante, de combats et d’actions, fière de ses valeurs et de ses racines ! Avec mon suppléant Kamal Ahamada, nous mettrons toutes nos forces dans la bataille et nous porterons la voix des salariés, des habitants de notre circonscription, de toutes celles et ceux qui veulent que ça change. Nous avons un espace. Ensemble, nous pouvons créer la surprise et gagner cette circonscription populaire et industrielle. »

Benjamin Nivard (France insoumise)
32 ans, technicien de maintenance, Vénissieux
Suppléante : Léa Leverd
« Améliorer les conditions de vie des habitants des quartiers populaires, notamment en généralisant la gratuité : des cantines (avec produits bio et locaux), des quantités d’eau, de gaz et d’électricité nécessaire à une vie digne, de l’éducation publique (activités périscolaires, manuels scolaires, formations universitaires), des transports jusqu’à 18 ans et pour les demandeurs d’emploi, de la santé (remboursement à 100 % de tous les soins prescrits), des activités sportives et culturelles durant la scolarité. »

Marie-Christine Seemann (Lutte ouvrière)
50 ans, enseignante en lycée professionnel, Vénissieux
Suppléant : Jean-Pierre Tardy
« Face aux démagogues, faire entendre les exigences des travailleurs : interdiction des licenciements et répartition du travail entre tous, sans diminution de salaire. Augmentation des salaires et indexation sur la hausse des prix et des taxes. Ni salaire, ni pension à moins de 1 800 euros net. Suppression du secret des affaires, afin que les travailleurs puissent mettre en lumière les méfaits des groupes capitalistes. L’argent public doit aller aux services publics utiles à la population : éducation, santé, transports. »

Adrien Drioli (Parti socialiste)
34 ans, élève à l’Institut régional d’administration de Lyon, Saint-Priest.
Suppléante : Sandrine Picot
« Député de terrain avant tout, je défendrai les propositions qui iront dans le sens de la justice sociale d’abord ! Le quinquennat qui vient de s’achever à certes vu des avancées mais pas suffisamment pour améliorer les conditions de vie des plus fragiles, notamment des jeunes : je défendrai le droit à l’éducation et la réussite de tous ! Je mettrai une priorité à défendre une politique en faveur des jeunes. Je m’opposerai à la destruction du Code du travail par ordonnances, à la suppression de l’ISF et à l’augmentation de la CSG. »

Yassine El Hassak (Union populaire républicaine)
33 ans, enseignant vacataire, Villeurbanne.
Suppléant : Stéphane Martin
« Dans sa circonscription, un député se doit d’être à l’écoute de ses concitoyens pour faire entendre leurs préoccupations à l’Assemblée nationale en matière de législation. Des années de clientélisme politique ont poussé les candidats à faire des promesses locales alors qu’ils savaient qu’ils n’auraient pas mandat pour le faire. Donc le but de ma candidature est d’informer les Vénissians des projets de lois à venir et de leur donner l’opportunité de s’exprimer à leur sujet lors de débats citoyens réguliers. »

Lotfi Ben Khelifa (Parti socialiste)
46 ans, technicien, Vénissieux
Suppléante : Julie Mattioli
Ayant retiré leurs candidatures le 22 mai, ces personnes figurent dans la liste validée par la préfecture mais ne mettront pas de matériel électoral à la disposition des électeurs.

Yalcin Ayvali (Parti égalité et justice)
36 ans, chargé d’affaires, Décines
Suppléant : Naceur Bouzaïene
« Il faut rétablir la confiance dans les institutions et dans l’économie, surtout dans les zones défavorisées où le chômage bat des records. Dans notre circonscription, beaucoup de gens sont considérés comme des citoyens de seconde zone. Nous voulons redonner confiance en la République à tous ces quartiers populaires qui veulent voir réussir un des leurs, un citoyen lambda, qui ne sera pas sous la houlette de dirigeants politiciens peu scrupuleux, car nous croyons en l’humain, en la diversité culturelle et en notre jeunesse. »

Yanis Marcoux (L’authenticité)
27 ans, artisan, Vénissieux
Suppléant : Claude Guerra
« Apprendre, comprendre puis entreprendre par l’information et la consultation, au travers de sept engagements : mise en place d’une plateforme interactive d’information pour impliquer chaque citoyen dans les affaires politiques de notre pays, en le faisant participer à l’exercice du pouvoir législatif ; recours aux consultations référendaires ; création d’une association publique financière des paiements électroniques avec 30 % des dépôts en or ; contrôle de l’action du gouvernement ; opposition indépendante ; développement agricole urbain ; transmission des savoirs entre les générations ».

Saida Estival (Mouvement 100 %)
56 ans, conseiller clientèle, Feyzin
Suppléant : Mohammed Nadjar
« Proposer un modèle de société durable conciliant bien-être, coopération et responsabilité. Mise en place d’une garantie logement jeune. Revaloriser de 30 % l’APL pour les moins de 30 ans, construction de logement étudiant. Renforcer les forces de l’ordre et les services de renseignement. Modifier la loi El Khomri. Lutter contre les discriminations. Instaurer la révocation d’un élu en cours de mandat. Valoriser le vote blanc et le référendum d’initiative populaire. Harmoniser la fiscalité et le social dans l’union européenne. »

Franck Muller (Debout la France)
59 ans, artisan, Saint-Priest
Suppléant : Silvio Rofi
« Emmanuel Macron paraît jeune et dynamique, mais il appliquera les vieilles politiques d’austérité de l’Union européenne, qui impose la supériorité des directives de la Commission sur les lois nationales, et pousse ainsi à la faillite nos PME et nos agriculteurs. Il est urgent de retrouver notre souveraineté, de gouverner avec les lois républicaines votées par nos députés. Je serai le garant d’une politique nationale pour défendre les intérêts de nos concitoyens, pour le redressement de notre pays et de la 14e circonscription. »

Zoom sur la 14e circonscription du Rhône
Depuis les élections législatives de 2012, la 14e circonscription regroupe les communes de Vénissieux, Corbas, Feyzin, Saint-Fons, Solaize et la partie ouest de Saint-Priest. Avec 136 124 habitants selon les dernières données fournies par l’Insee (dont 74 321 inscrits sur les listes électorales), c’est l’une des plus grosses circonscriptions du Rhône et de la Métropole de Lyon. Elle est également la plus industrielle.
La 14e a toujours été à gauche, détenue alternativement par le PS et le PCF. L’ancien maire communiste de Vénissieux, André Gerin, a exercé quatre mandats successifs entre 1993 et 2012.
Aux dernières élections de juin 2012, dans la foulée de la victoire de François Hollande à la présidentielle, c’est le maire de Feyzin et candidat PS Yves Blein qui l’avait emporté. Lequel tentera de conserver son siège en 2017, mais cette fois sous l’étiquette La République en marche.

Rappel des résultats des élections des 10 et 17 juin 2012
Premier tour :
Yves Blein (PS) : 37,03 %
Sandrine Ligout (FN) : 21,6 %
Christophe Girard (UMP) : 17,43 %
Michèle Picard (PCF-FG) : 13,7 %
Les huit autres candidats avaient recueilli entre 3 et 0,23 % des voix

Second tour :
Yves Blein (PS) : 62 %
Sandrine Ligout (FN) : 38 %

Les bureaux de vote seront ouverts de 8 heures à 19 heures
Les élections législatives se tiendront les 11 et 18 juin. Les bureaux de vote de Vénissieux seront ouverts de 8 heures à 19 heures.
La ville ne compte plus 28 mais 29 bureaux de vote, après la scission en deux du bureau de vote n° 1 de l’hôtel de ville. En conséquence, les bureaux de vote ont fait l’objet d’une renumérotation.
Pour vérifier en ligne votre inscription et votre bureau de rattachement, un moteur de recherche est disponible sur le site de la Ville (ville-venissieux.fr rubrique “Actualités”, puis “Élections présidentielles et législatives”).
Les démarches pour le vote par procuration restent possibles en théorie jusqu’à la veille des scrutins, mais il est prudent de faire sa demande au plus tôt auprès des autorités compétentes : commissariat, gendarmerie ou tribunal d’instance. Pour tout renseignement complémentaire, contacter le service élections au 04 72 21 44 86.

Législatives, mode d’emploi
Le vote a lieu par circonscription. Les 577 députés qui seront élus au terme des votes des 11 et 18 juin prochains siégeront à l’Assemblée nationale pendant cinq ans… Sauf si leur mandat était interrompu par dissolution, comme cela s’était produit en 1997 sur décision de Jacques Chirac.
Les députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Pour être élu au 1er tour, il faut obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de suffrages égal au quart du nombre des électeurs inscrits (soit au minimum 18 581 voix puisque la 14e circonscription compte 74 321 inscrits).
Si aucun candidat ne remplit cette condition, il est procédé à un second tour.
Peuvent se présenter au second tour, les candidats présents au 1er tour et ayant obtenu un nombre de suffrages au moins égal à 12,5 % du nombre des électeurs inscrits (soit 9 291 voix). Si un seul candidat remplit cette condition, se maintiendra le candidat ayant obtenu après celui-ci le plus de suffrages. Si aucun candidat n’atteint ce seuil de 12,5 %, se présenteront au second tour les deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages.
Pour être élu au second tour, la majorité relative suffit. En cas d’égalité de suffrages, le candidat le plus âgé est élu.

Le rôle de l’Assemblée et des députés
Contrairement à une idée reçue, le député ne représente pas uniquement sa circonscription mais la France entière. Il détient un mandat national : c’est en pensant aux intérêts de tous les Français, où qu’ils vivent, qu’il doit prendre ses décisions, notamment lors du vote des lois.
Le vote des lois est la mission la plus connue de l’Assemblée nationale. Tous les textes discutés au palais Bourbon sont à l’origine proposés soit par le Gouvernement — on parle alors de projets de loi — soit par un parlementaire, député ou sénateur – on parle alors de propositions de loi.
Avant d’être discutés en séance publique dans l’hémicycle, les textes sont examinés et, le cas échéant, modifiés en commission. L’Assemblée compte huit commissions permanentes. Chacune d’entre elles est spécialisée dans un domaine particulier.
Dans l’hémicycle, le texte fait l’objet d’une discussion générale puis est examiné article par article. À cette occasion, les députés débattent des amendements, c’est-à-dire des modifications ou des ajouts proposés au texte en discussion. Puis ils votent sur l’ensemble du texte. Pour devenir loi, le texte doit également être discuté et adopté dans les mêmes termes par l’autre chambre du Parlement, le Sénat. Le va-et-vient du texte entre les deux chambres est appelé la « navette ».
Une autre mission importante de l’Assemblée est de contrôler l’action du Gouvernement. Ce contrôle vise en priorité à garantir les libertés des citoyens ainsi que l’efficience des politiques publiques. Si la majorité des députés est en désaccord avec la politique du Gouvernement, elle peut contraindre celui-ci à démissionner (motion de censure).
Sur toute grande question d’intérêt public, l’Assemblée peut aussi décider de constituer une commission d’enquête, qui dispose de pouvoirs spéciaux d’investigation ainsi que de la possibilité de faire témoigner toutes les personnes qui peuvent aider à la manifestation de la vérité.
Sources : assemblee-nationale.fr

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