Fêtes escales : toute la pluie tombe sur nous

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Qu’est-ce qu’il chantait, déjà, Sacha Distel ? Ah oui ! « Toute la pluie tombe sur moi, et moi je fais comme si je ne la sentais pas… » Tu parles ! Ce 14 juillet, aux alentours de midi dans le parc Louis-Dupic, les gouttes ont commencé à tomber de plus en plus grosses alors que les gens prenaient l’apéro. Prêts pour le pique-nique républicain, quelques-uns s’étaient déjà installés sur la pelouse, sous de gros parasols qui se sont transformés illico en parapluies géants. Même les zones sèches sous les arbres ont commencé à s’humidifier et la grêle qui a remplacé la pluie a chassé les derniers courageux qui espéraient passer l’après-midi dans le parc. Car plus personne ne pouvait faire comme si on ne la sentait pas, la pluie !

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Tout avait pourtant bien commencé avec l’orchestre de l’Opéra de Lyon. En douceur et avec classe. Serge Dorny, le directeur de l’Opéra, écoutait avec attention, ainsi que les nombreux spectateurs installés sur les chaises devant la scène les superbes mélodies de Haendel et Bach. Belle ouverture, avec un baroque qui jouait parfaitement son rôle, en attendant d’autres émois festivaliers beaucoup plus rock ‘n’ roll ou rauques et drôles.

Au moment où, après le concerto pour deux violons en ré mineur de Bach, les musiciens attaquent les deux dernières suites de la « Water Music » de Haendel, le ciel devient rapidement noir et les premières gouttes accompagnent les accords de l’orchestre et de ses deux solistes, Stefano Montanari et Kazimierz Olechowski. « C’est ça, la Water Music », souffle Carlos Soto, le journaliste du Progrès.

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L’après-midi aurait donc dû se prolonger dans le parc avec plusieurs animations. La fanfare du Grand Wahzou a joué sous les arbres, accompagnée par des trombes d’eau. À chaque nouvelle éclaircie, les conteurs de Balade dans la tourbière, les musiciens de Plank ou de La brouette à musiques faisaient une apparition, captivaient les quelques spectateurs avant la nouvelle averse. Ceux-là étaient à chaque fois une quarantaine, stoïques, à écouter des contes irlandais ou à s’essayer à la dictée républicaine de Thierry Renard, de l’Espace Pandora. Ces derniers, pour l’occasion, installés sur des chaises, l’herbe étant mouillée.

Le soir, une petite foule se pressait devant le Projet Schinéar, essayant de se réchauffer par des rondes. Lorsque Mônica Passos est arrivée avec son drapeau brésilien et ses discours militants — après « La quête » de Jacques Brel et « Gracias a la vida » de Violeta Parra, elle entonne « Bella Ciao » —, les spectateurs sont un peu plus nombreux.

Militante, Mônica l’est assurément, elle qui aime beaucoup parler entre deux chansons. Elle cite le Che — « Ils pourront couper toutes les roses, ils n’empêcheront pas le printemps » — avant d’expliquer qu’elle est venue en France « pour la Carmagnole et la castagne, dans ce pays qui en a décapité quelques-uns ». Et la diva brésilienne de verser dans un parc mouillé de pluie ce soleil qui avait tant fait défaut dans la journée.

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