Journée morte le 10 mars au collège Jules-Michelet

À la rentrée prochaine, la réforme des collèges va se mettre en place. « Réforme à laquelle nous étions favorables, précise un représentant du collectif d’enseignants du collège Jules-Michelet, composé de professeurs, syndiqués ou non. En revanche, compte tenu de la dotation horaire globale (DHG) qui nous est attribuée nous n’aurons pas les moyens de faire tourner l’établissement dans de bonnes conditions. »

Lorsque la carte de l’éducation prioritaire a été remodelée par la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, son objectif était de ramener à moins de 10 % les écarts de réussite scolaire entre élèves. « Pour la ministre, cette nouvelle carte devait permettre, dès la rentrée prochaine, de mieux répartir les moyens alloués à l’éducation prioritaire afin de mettre en place les dispositifs nécessaires à la réussite de tous les élèves, de valoriser les équipes et de renforcer le travail de concertation », insiste le collectif. Dans les faits, ce pourrait être bien différent : « Nous sommes en REP + et on nous alloue la même DHG que l’an dernier. » Une situation totalement incompréhensible dénoncent les enseignants : « Le nombre d’élèves augmentant, deux classes ouvriront l’an prochain. Quant aux résultats au brevet, ils sont en hausse depuis la mise en place de l’aide personnalisée. »

Autre source d’incompréhension : les inégalités de territoire. « Le Collège Paul-Éluard, classé en REP +, situé dans le même quartier, accueillant la même population d’élèves qu’ici, obtient 140 heures de plus. Quant à Elsa-Triolet, il percevra la même dotation que la nôtre avec 130 élèves de moins. Nous sommes l’un des établissements les moins dotés de l’académie. En devenant REP +, nous pensions obtenir des moyens supplémentaires. »

Concrètement, si la rectrice ne revient pas sur sa décision, les enseignants devront faire des choix. « Pour l’aide personnalisée, nous serons contraints de diminuer le travail par groupes ou de piocher des heures sur un groupe de niveau par rapport à un autre. Se pose aussi le problème des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) : comment pourrons-nous mettre en place un vrai projet en co-enseignement, sans moyen supplémentaire ? « 

L’équipe éducative et les parents d’élèves ont voté une motion de censure contre cette DHG en conseil d’administration. Par ailleurs, plusieurs courriers ont été adressés à la rectrice, au directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN), ainsi qu’au maire de Vénissieux. Le 10 mars les enseignants manifesteront devant l’établissement et demanderont un rendez-vous au rectorat.

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