Tri sélectif : adoptons les bonnes pratiques !

Courant mars, des "Messagers du tri" rendront visite aux Vénissians pour les sensibiliser aux bonnes pratiques en matière de tri sélectif

Doit mieux faire. C’est en substance le message que la municipalité, la Métropole lyonnaise et Éco-emballages veulent faire passer aux Vénissians. Car en matière de tri des déchets, ces derniers semblent bien peu emballés… D’après les services de la Métropole, Vénissieux fait en effet partie des “quinze communes dont les performances sont nettement en dessous de la moyenne de l’agglomération”. Et ce, alors que la Métropole elle-même doit déjà se contenter de performances “perfectibles”, comme toutes les collectivités à forte densité de population. En 2014, chaque métropolitain n’aura trié en moyenne que 34,2  kg d’emballages ménagers… Soit presque 12  kg de moins que la moyenne nationale.

La Métropole a donc répondu à l’appel à candidatures qu’Éco-emballages a lancé dans le cadre de son plan national de relance du recyclage. Le projet présenté ayant été accepté, elle peut compter sur un financement de 1,05  million d’euros, qui va lui permettre de mettre en place des actions de communication, et d’augmenter le nombre de ses silos à verre. Dans les 27 communes où la marge de progression est la plus forte – Vénissieux en fait partie – 330 silos à verre seront ainsi installés en plus des 2 300 existant. Une campagne de sensibilisation sera mise en place, avec affichage local, distribution de tracts et pose de signalétique sur les silos. En outre, 180 000 habitants de l’agglomération verront des “Messagers du tri” sonner à leur porte en 2016 pour les sensibiliser aux bonnes pratiques.

Cent fois sur le métier

À Vénissieux, ce n’est pas une première. En 2010, une vaste opération de sensibilisation au tri des déchets ménagers y avait été conduite. Déjà, on pointait à l’époque “des performances en matière de tri parmi les moins bonnes de l’agglomération”, avec un bac sur deux mal rempli. L’opération avait porté ses fruits. “Dans les mois qui l’ont suivie, une amélioration significative de la qualité du tri avait été constatée. Par la suite, des opérations ponctuelles ont été conduites dans le cadre des semaines de la propreté ou lors d’animations en partenariat avec les bailleurs”, rappelle-t-on au service environnement municipal. Où l’on précise toutefois que “le taux de refus des bacs de collecte sélective reste encore très important et les quantités collectées assez faibles.”

Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage, dit l’adage. L’opération sera donc reconduite prochainement. Cette opération de porte-à-porte vise à “identifier les pratiques en matière de tri des déchets, mais aussi à susciter un engagement citoyen via l’adoption de gestes simples alliant confort, économies et préservation de l’environnement”. Les secteurs concernés sont le Moulin-à-Vent, le plateau des Minguettes et le quartier de Parilly. Soit 5 000 logements en tout. “Ces secteurs ont été sélectionnés sur la base d’une étude qui a analysé la qualité et la quantité des déchets recyclables présents dans les bacs jaunes. C’est donc bien dans ces quartiers que la marge de progression est la plus forte”, assure Sandrine Perrier, adjointe EELV à la propreté et à la voirie.

Hocine Mehdi est coordinateur de projet au sein de l’association INOER. Si cette dernière agit principalement contre la précarité énergétique, le tri des déchets reste néanmoins l’un de ses chevaux de bataille. Selon lui, les principaux obstacles au développement du tri sélectif chez les Vénissians sont franchissables. “Il faut pouvoir expliquer les tenants et les aboutissants. Quand on a la possibilité de rencontrer les gens physiquement, et de leur dire pourquoi et comment mettre en place de bonnes pratiques, le résultat est immédiat. Leur première réaction est généralement positive […] Mais il est vrai qu’ils sont trop sollicités, et qu’il faut donc souvent revenir vers eux pour que les effets se ressentent à plus long terme.”

À ce jour, chaque habitant de l’agglomération produit annuellement en moyenne 233  kg d’ordures ménagères. D’ici à 2018, la Métropole et Éco-emballages misent sur une augmentation de 16  % des performances de recyclage sur le territoire de l’agglomération. Si cet ambitieux objectif est atteint, 7 150 tonnes supplémentaires seront recyclées. Chiche ?

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