Conseil municipal : un budget serré mais volontaire

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L’ouverture imminente du nouveau lieu culturel « Bizarre ! », la construction en cours du groupe scolaire Flora-Tristan, la reconstruction programmée de la cuisine centrale : si Vénissieux subit, comme toutes les communes de France, une sévère cure d’austérité, elle garde des capacités pour assurer et optimiser ses missions de service public. Dans le budget 2016 (en baisse globale de 4,5 %), le niveau d’investissement enregistre certes un recul de 18,7 %, mais il reste proche des 20 millions d’euros.

« Les efforts partagés, gravés dans ce budget, vont servir à améliorer le cadre de vie, l’éducation, la prévention, la sécurité et le droit à la tranquillité », a indiqué le maire, Michèle Picard.

Des efforts qui reposent à la fois sur une hausse de la fiscalité et une réduction du train de vie de la Ville. Pour la première fois depuis 2011, les taux locaux d’imposition vont en effet augmenter : + 5 %. Tandis que les services municipaux, les associations et les régies personnalisées (Théâtre de Vénissieux et journal Expressions) devront composer avec des moyens en recul. Au sein du personnel municipal, cela se traduira notamment par le non-remplacement systématique des départs en retraite. L’objectif est de dégager 11 millions d’euros d’ici à 2019.

« Sous l’effet dévastateur des politiques d’austérité décrétées par Bruxelles et Bercy […], la situation est devenue exceptionnelle, a rappelé le maire. Jamais les contraintes budgétaires n’ont été aussi fortes pour les collectivités locales. »

Taxe d’habitation : entre 2 et 33 euros d’augmentation

L’effort demandé aux contribuables locaux a été chiffré avec précision par les services municipaux. Selon le nombre de personnes à charge, l’augmentation de la taxe d’habitation sera comprise entre 2 et 33 euros par foyer. « Les villes qui ont décidé de baisser la fiscalité locale ont renoncé de but en blanc à certaines missions de services public, a ajouté Michèle Picard. C’est un choix catastrophique pour les habitants. »

Un avis que ne partage aucunement l’opposition. « Cette hausse de 5 % est le premier acte d’une longue série qui vous conduira à augmenter les impôts de 20 % sur un mandat », a pronostiqué Maurice Iacovella pour le groupe divers droite. Le socialiste Lotfi Ben Khelifa s’est lui aussi livré à un exercice de politique-fiction : « Dans 50 ans, à force d’augmenter par tranche de 5 %, l’impôt sur le foncier bâti sera proche des 50 %. […] Continuez comme cela, continuez à faire fuir tous ceux qui pourraient investir à Vénissieux, continuez votre fuite en avant et tant pis pour notre commune. » Le représentant du FN, Damien Monchau, a lui dénoncé « une solution de facilité », invitant plutôt la Ville à « amplifier son travail sur les économies de fonctionnement ».

Rétorquant pour la majorité, Thierry Vignaux (MRC) a accusé l’opposition de faire preuve de « mauvaise foi ». « On ne peut pas nier ou minimiser la réalité de la baisse des dotations aux communes, a-t-il déclaré. Soit disant que les socialistes et la droite feraient mieux avec moins et tout de suite. C’est comme la maxime « demain, on rase gratis ! » Ce n’est vraiment pas sérieux. »

Quant au président du groupe des élus communistes et républicains, Pierre-Alain Millet, il a rappelé que « partout, de gauche ou de droite, de Brindas jusqu’à la Métropole de Lyon, les maires et présidents de collectivités présentent leur budget en rappelant le contexte économique inquiétant et les baisses de dotation qui les bousculent tous. […] Il n’y aura pas de solution sans la mise en cause des politiques nationales d’austérité. »

 

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