En deux ans, deux fois plus d’expulsions programmées

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Pour les personnes en situation d’impayés de loyers, l’année 2014 est particulièrement rude. C’est le triste constat que fait le Réseau d’alerte et de solidarité des Vénissians, association locale qui lutte contre les expulsions locatives et les coupures d’énergies.

“On observe une progression dramatique de ces expulsions à Vénissieux, assure André Mazuir, porte-parole de l’association. Jusqu’à présent, il y a eu environ 70 programmations d’expulsions en 2014. C’était 53 en 2013, et 40 en 2012. En deux ans, leur nombre a donc presque doublé ! Le plus grave, c’est que l’on a tendance à oublier que derrière ces chiffres, se cachent des familles : des hommes, des femmes, des enfants, des bébés même.”

Depuis le mois de juin, une quarantaine d’expulsions ont été programmées à Vénissieux. Le plus souvent, le concours de la force publique a été accordé par la préfecture. “C’est une nouveauté : les années précédentes, pendant l’été, le commissariat, les bailleurs et le préfet ne prévoyaient pas, ou peu, d’expulsions.” Cela n’a pas été le cas cette année. “Au moins trois ont été réalisées. Et il ne s’agit que de celles dont nous sommes au courant. Elles concernaient une mère avec son fils de 13 ans, une famille, et une retraitée de 68 ans.”

La situation semble donc plus que tendue dans une ville où 32 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, que les militants du Réseau attribuent notamment à “l’inefficacité gouvernementale” et aux “promesses non tenues” : “Le président de la République s’était engagé à relancer l’accès aux logements sociaux, détaille André Mazuir. Cécile Duflot, lorsqu’elle était ministre du logement, avait promis qu’il n’y aurait plus d’expulsions locatives et de coupures d’énergies. C’était il y a deux ans et demi. Aujourd’hui, on est bien loin de tout ça. La loi ALUR (Accès au logement et l’urbanisme rénové), qui prévoyait par exemple l’encadrement des loyers, aurait mérité des aménagements pour être efficace. Elle semblait pleine de promesses, mais avec l’arrivée de Manuel Valls au poste de 1er ministre, et sous son impulsion, la loi a été vidée de son sens.”

Le 1er novembre débutera cependant la trêve hivernale des expulsions locatives. Après cette date et au moins jusqu’à la mi-mars, les locataires en situation d’impayés de loyers et en retard dans le paiement de leurs factures d’énergies bénéficieront d’un sursis. “C’est insuffisant, tranche André Mazuir. Nous demandons au gouvernement d’instaurer un moratoire des expulsions locatives. C’est la seule solution pour aider ces familles victimes de la pauvreté.”

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