Fous de foot-fauteuil

Foot fauteuil 630De l’intensité, du suspense, de la qualité de jeu à revendre, de l’émotion… Au gymnase Elsa-Triolet, la première journée du circuit national de foot-fauteuil a tenu toutes ses promesses.

L’enjeu était de taille pour la vingtaine de footballeurs issus de trois équipes venues de l’Allier (Saint-Pourçain), de l’Ain (Bâgé-la-Ville) et bien évidemment de Lyon, qui se sont affrontés samedi 22 février au gymnase Elsa-Triolet de Vénissieux. Membre de l’Office municipal du sport de Vénissieux, Handisport Lyonnais était l’organisateur de cette épreuve nationale de foot-fauteuil, le seul sport collectif de compétition s’adressant aux grands handicapés. “Vénissieux est une ville avec laquelle nous entretenons de bonnes relations et qui nous accueille au moins une fois par an dans l’un de ses gymnases, précisait le préposé à la table de marque, bénévole du club. On sera même encore ici les 12 et 13 mars pour une étape de niveau division 2 qui se jouera sur tout un week-end.”
Le 22 février, la première rencontre a réservé une douche froide aux Lyonnais qui se sont fait surprendre par la formation de l’Ain. “On n’a pas su rester concentrés lors de leurs phases offensives, regrettait François Jutier, joueur et président de la section. On sait ce qu’il nous reste à faire : nous imposer à l’occasion des deux matches de fin d’après-midi, d’abord contre Saint-Pourçain puis contre cette même équipe de Bâgé. Le match retour sera décisif.”
Les Lyonnais devaient donc d’abord en découdre avec les Saint-Pourcinois, ce qu’ils n’ont pas manqué de faire… Et à vrai dire, il n’y a même pas eu de match : Alves, Audujour et autres Martinaud ont étalé leur supériorité et leur efficacité devant des spectateurs admiratifs et conquis, à commencer par l’adjointe aux sports de Vénissieux, supportrice de cette compétition, et les membres de l’association Handisport Lyonnais. “Il nous reste donc la finale à boucler d’aussi belle manière pour prétendre virer en tête de la première journée », expliquait le capitaine Philippe Martin. Beaucoup de compétiteurs pouvaient donc souffler, le temps de recharger les batteries… des fauteuils.
Pour le dernier acte du dernier match de cette première journée, on a eu droit à de sacrés rebondissements, les formations lyonnaise et bâgésienne ayant le même objectif : s’imposer pour s’assurer la première place. Et le succès d’Handisport Lyonnais s’est joué sur un but, un seul petit but… “Cette année, nous sommes vraiment plus ambitieux que d’habitude, se réjouit François. En 2013, on avait raté l’accession pour quelques points, Talence et Nanterre nous devançant in extremis. Face au futur champion, on avait perdu 1-0 et obtenu le nul lors de nos deux confrontations. Cette saison, avec un effectif remanié —on a perdu trois joueurs, on a récupéré Marvin Hubert venu de Saint-Étienne et intégré un débutant— on vise l’accession en Division 2. Mais on n’en est pas encore là !”

Questions à François Jutier
président de la section foot-fauteuil d’Handisport Lyonnais
vice-président d’Handisport Lyonnais

Le foot-fauteuil exige-t-il un matériel spécifique ?
– Oui, et très onéreux. Un fauteuil électrique adapté coûte 6 à 7000 euros, minimum. Pour un fauteuil doté d’un moteur américain, plus puissant donc plus rapide, il faut débourser 11 000 euros. Même adapter un fauteuil que l’on utilise au quotidien, par exemple avec cet accessoire de base qu’est un pare-chocs, nécessite des frais difficiles à supporter. La fédération tente de venir en aide en octroyant un budget annuel d’environ 30 000 euros, mais il est réparti entre une dizaine de clubs.

Dans ces conditions, comment attirez-vous de nouveaux licenciés ?
– On peut prêter des fauteuils, on en a deux ou trois disponibles. Des structures nous donnent un sacré coup de main, comme la Caisse d’Épargne qui nous a acheté un fauteuil. On essaie aussi de « recruter malin », en assistant aux matches de coupe Rhône-Alpes réservée aux débutants adhérant à la Fondation Richard (Lyon 8e). Cette année, on a d’ailleurs intégré le jeune Cédric dans notre effectif… Et la relève est peut-être déjà là, avec Lorenzo, 8 ans, notre plus jeune licencié.

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