Révision du PLU-H : apprivoisons l'urbanisme

Environ 70 personnes ont suivi la réunion publique de lancement de la révision du Plan local d’urbanisme et de l’habitat (PLU-H). Une première étape pour comprendre les enjeux du développement de Vénissieux au sein de l’agglomération. La concertation va se poursuivre jusqu’à mi-2015.
Si le PLU-H n’est pas un dossier facile à aborder pour le citoyen lambda, il est également lourd à porter pour les techniciens et les élus du Grand Lyon. Le 3 juillet, à l’hôtel de ville de Vénissieux, Martine David, vice-présidente en charge du projet (et par ailleurs maire de Saint-Priest), a présidé sa 55e réunion publique depuis le mois de février ! Chacune des 58 communes du Grand Lyon devant accueillir une rencontre de ce type. Un exercice au long cours qui aura permis de rencontrer 5000 habitants jusqu’ici. Cela peut paraître négligeable en comparaison des 1 300 000 habitants de l’agglomération. Il ne s’agit pas moins d’une concertation à grande échelle. Ou plutôt d’un commencement de concertation. Le débat doit en effet se poursuivre jusqu’à mi-2015. Puis le Plan local de l’urbanisme et de l’habitat sera soumis à enquête publique en 2016. Il ne sera donc pas appliqué avant 2017.
Pourquoi un processus aussi long ?  Parce que le PLU-H, loin de se réduire à un document qui régit le droit des sols, va dessiner la ville à venir pour les quinze prochaines années. Et les défis sont multiples. À commencer par le défi démographique. L’agglomération a gagné 85 000 habitants ces dix dernières années. D’ici 2030, elle en accueillera 150 000 autres. Où les loger ? Comment lutter contre l’étalement urbain et des déplacements de plus en plus longs, coûteux et polluants ? Comment concilier densification de l’habitat, développement économique, respect de l’environnement, préservation des espaces naturels, efficacité des transports en commun ? C’est à toutes ces questions et bien d’autres que le PLU-H est censé répondre, à tout le moins définir un cadre réglementaire, une règle du jeu commune, une boussole.
« Nous devons apprivoiser l’urbanisme, il est excessivement important d’aller au fond de toutes les questions », a déclaré Martine David aux quelques dizaines de Vénissians réunis dans la salle du conseil municipal. Même si l’objet de la réunion du 3 juillet était davantage de poser des jalons, de partager avec les habitants la vision globale du futur de l’agglomération et les enjeux qui en découlent à l’échelle de leur commune. « Nous prendrons ensuite le temps d’affiner les choses, a indiqué le maire de Vénissieux, Michèle Picard, qui coprésidait cette rencontre. Dès le 5 septembre, nous organiserons une nouvelle réunion et installerons des expositions dans plusieurs quartiers (lire ci-dessous « Les étapes de la concertation »). »

Quatre grands axes

Pour schématiser, disons que le PLU-H est articulé autour de quatre grands axes : emploi, logement, mobilité et environnement. Il s’agit tout à la fois de construire une agglomération attractive, créatrice d’activités économiques, solidaire pour permettre l’accès au logement du plus grand nombre, et enfin durable c’est-à-dire capable de répondre aux défis environnementaux. Vénissieux dispose d’atouts considérables pour relever ces défis, notamment un tissu d’entreprises très dense, un important parc de logements locatifs, une bonne desserte par les transports en commun et les grands axes de circulation, de nombreux espaces verts et de loisirs…
Les premiers enjeux identifiés pour la commune sont au nombre de six : poursuivre le développement du cœur de ville, achever le renouvellement urbain des Minguettes, aménager un quartier mixte autour de la gare, accompagner le développement de l’axe Laurent-Bonnevay, conforter les activités économiques dans les secteurs dédiés à l’emploi, et enfin mettre en valeur tous les espaces verts.
Les interventions de la salle ont porté sur les problèmes de desserte des quartiers situés au sud de la commune, de stationnement aux abords de la Gare de Vénissieux, mais avant tout sur les craintes d’un « bétonnage » au vu des nombreuses constructions déjà en cours. « Il est vrai que depuis quelques années Vénissieux a retrouvé son attractivité, a répondu Michèle Picard. Nous étions alors contents d’accueillir des promoteurs. Désormais, ils sont de plus en plus nombreux et l’enjeu est de mieux encadrer ce développement immobilier, de limiter les hauteurs dans certains quartiers, de préserver des zones pavillonnaires. C’est tout l’intérêt de ce futur PLU-H. L’actuel plan local d’urbanisme date de 2005, il n’est plus adapté à la situation actuelle. »

Les étapes de la concertation

Une nouvelle réunion publique, davantage orientée sur les enjeux vénissians, sera organisée le 5 septembre à l’hôtel de ville. Des expositions seront également visibles au 3e étage de l’hôtel de ville, à la mairie annexe du Moulin-à-Vent et à la Maison du projet de ville des Minguettes (avenue Jean-Cagne). Jusqu’à mi-2015, les habitants pourront notifier leurs commentaires ou propositions dans des cahiers de concertation ouverts à l’hôtel de la communauté urbaine et dans les mairies des 58 communes du Grand Lyon. Chacun peut aussi envoyer des contributions sur papier libre au Grand Lyon à l’adresse suivante : Délégation générale du développement urbain – Direction de la planification et des politiques d’agglomération – service territoires et planification – 20, rue du Lac – BP 3103 – 69 399 Lyon Cedex 03.
La concertation se fait aussi sur internet. Sur le site dédié au PLU-H (www.grandlyon.com/mavilleavenir) vous trouverez un espace qui fonctionne comme un registre papier.
Le bilan de la concertation préalable se fera fin 2015. Le projet sera alors arrêté avant d’être soumis à enquête publique durant l’année 2016.

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