Conseil de quartier du Centre : questions autour de la poussée immobilière

Qu’il s’agisse du devenir de l’école, des problèmes de stationnement ou du développement à moyen et long terme du centre-ville, l’essentiel des débats du conseil de quartier, réuni le 10 octobre, aura tourné autour de la poussée immobilière que vit le secteur. Une poussée qui ne fait du reste que commencer, au regard des nombreux projets programmés sur l’îlot Romain-Rolland, l’avenue d’Oschatz, la rue Gambetta, la rue Jules-Ferry, ou encore la rue Paul-Bert.
“Attention, il ne s’agit pas de construire pour construire, a d’emblée souligné le maire, Michèle Picard, en réponse à un riverain qui s’inquiétait de cette densification. Il s’agit de développer le centre-ville à l’échelle d’une commune de 60 000 habitants, en intégrant au mieux toutes les composantes, à savoir les transports, le stationnement, le commerce, les services, l’activité économique, les espaces verts…”
Cette ambition, qui intègre un appel à idées lancé auprès d’urbanistes pour la valorisation de la Gare de Vénissieux, fait l’objet d’une vaste étude baptisée “Cœur de ville”. Commencée en 2009, on devrait en connaître les grandes lignes d’ici à quelques mois.
Sans attendre ces conclusions, il y a déjà des certitudes. Comme la nécessité d’augmenter les capacités d’accueil des groupes scolaires. Michèle Picard a ainsi confirmé le prochain coup d’envoi des travaux d’agrandissement de l’école du Centre. Le restaurant sera transformé pour accueillir quatre nouvelles classes dès février 2014. Et un nouveau restaurant de 600 m2 entrera en fonctionnement à la rentrée 2014. Mais la Ville voit plus loin, à l’horizon 2015-2020, avec la construction d’un autre groupe scolaire dans le Centre, “probablement au bas des pentes des Minguettes”.
Plusieurs résidents des Cigognes et de Coblod, deux vieux quartiers cheminots, ont fait part de leurs craintes face à cette évolution urbaine. Ils dénonçaient en outre une dégradation de la situation en termes de propreté et d’incivilités. Henri Thivillier, adjoint à l’urbanisme, et Pierre-Alain-Millet, en charge l’environnement, se sont efforcés de les rassurer. D’abord en précisant que “les Cigognes ne seront pas touchées” et que les projets immobiliers seraient gelés à Coblod dans l’attente du rendu des études d’urbanisme. D’autre part en rappelant la vigilance de la Ville sur les questions de respect de l’environnement, même si le talus des Cigognes – les usagers des TCL qui passent en surplomb y jettent quantité de déchets – constitue un véritable point noir.
Dans ce contexte de densification de l’habitat, les problèmes de stationnement ne pouvaient pas ne pas être évoqués. “Avec 3 ou 4 voitures par famille, ça va devenir invivable”, résumait un riverain. “Plus que le nombre de constructions, c’est peut-être là le véritable problème, suggérait Pierre-Alain Millet. Dans une ville qui est appelée à se développer, peut-on encore se permettre d’avoir 3 ou 4 voitures par famille ? À Lyon, vous observerez que ce n’est pas le cas.”
Notons pour finir que le projet d’un second foyer Adoma, rue Antoine-Billon, ne se fera pas. Il se fera ailleurs au centre-ville. La Ville a tenu compte de l’avis des riverains, fortement opposés à cette implantation. Michèle Picard l’a elle-même indiqué : “Nous recherchons une nouvelle localisation, deux terrains sont pressentis pour accueillir le bâtiment.”

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