
Céline Reynaud et Audrey Sicurani, deux AESH de Vénissieux, lors d’une mobilisation devant le rectorat en janvier 2025. Photo © Poutchie Gonzales – Expressions
C’est une avancée pour le statut des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Jeudi 29 octobre, l’Assemblée nationale a adopté, en première lecture, une proposition de loi du groupe La France insoumise (LFI) visant à créer un statut de fonctionnaires de catégorie B pour les accompagnantes d’élèves en situation de handicap. Le texte a été approuvé à une large majorité de suffrages exprimés (166 pour, 16 contre et 123 abstentions). Toute la gauche a voté en faveur du texte, rejointe par plusieurs députés de la droite républicaine et du groupe LIOT. Tandis que le Rassemblement national et la majorité des députés macronistes choisissaient de s’abstenir.
Ces dernières années, le statut des AESH, qui sont à 94 % des femmes, a fait l’objet de nombreux débats, notamment en raison de sa précarité. Indispensables à l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap, elles constituent un appui précieux pour les enseignants. Pourtant, elles ne bénéficient pas du statut de fonctionnaire et figurent parmi les personnels les moins rémunérés de l’Éducation nationale.
Audrey Sicurani nous avait parlé il y a quelques mois de son travail en tant qu’AESH. Elle partageait alors son temps entre l’école Anatole-France et le collège Elsa-Triolet. « Nous assurons un accompagnement global, nous écrivons les cours, aidons à la concentration, à se recentrer sur le travail, reformulons les consignes ou emmenons l’enfant hors de la classe si nécessaire. » La jeune femme indiquait toucher moins de 1 000 euros par mois pour 26 heures de travail hebdomadaire. « Il y a une sorte de mépris pour notre travail de la part du rectorat. Nous avons des primes qui ne sont pas versées ou alors pas en totalité. Nous souhaitons une augmentation de salaire, ce qui aurait un impact sur notre future retraite, contrairement aux primes. »
39 000 élèves sans AESH en France
Face à ces conditions de travail, le métier peine à attirer et à fidéliser. À la rentrée 2026, près de 39 000 élèves bénéficiant d’une notification d’aide de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) n’avaient pas d’AESH, faute de personnels disponibles. À Vénissieux, l’école maternelle Anatole-France B en est la preuve. La situation y est particulièrement critique depuis la rentrée scolaire : l’établissement ne dispose que de trois AESH pour les accompagnements individuels, alors que sept seraient nécessaires pour assurer l’ensemble des heures d’accompagnement auxquelles les élèves ont droit.
Portée par la députée LFI Murielle Lepvraud, cette proposition de loi prévoit de nommer fonctionnaires stagiaires les AESH actuellement en poste, avant leur titularisation à l’issue d’une formation. Les futures AESH seraient, quant à elles, recrutées par concours. Le texte prévoit également une rémunération sur la base d’un temps complet, au-delà des 24 heures hebdomadaires effectuées en classe, afin de « reconnaître le travail invisible qu’elles réalisent déjà », notamment la préparation de supports pédagogiques adaptés aux élèves.
Avant d’être définitivement adopté, le texte doit encore être examiné par le Sénat. En début d’année, la Chambre haute avait déjà rejeté une proposition similaire.





























Derniers commentaires